
7 septembre 2010 par
Riccardo et Julia n’arrivaient pas à avoir d’enfants. Huit ans plus tard, la Parole de Dieu les rejoint et leur promet un fils... Un an après, ils accueillent leur petit Aloïs.
Julia : Nous nous sommes mariés il y a 10 ans, j’avais 21 ans et Riccardo 26. Nous avions tous les deux le désir d’une famille nombreuse. Au bout de 3 ans de mariage, l’enfant désiré ne venait pas. Nous avons fait des analyses médicales qui ont montré que j’avais une maladie chronique et évolutive qui empêchait la survenue d’une grossesse naturelle. Cela a été un gros coup dur, nous nous sommes sentis abandonnés par le Seigneur qui nous avait unis. Nous n’avons pas du tout compris sa volonté. Sur le plan médical, nous avons décidé de ne pas faire de traitement de procréation médicalement assistée. Mais ma maladie s’est aggravée rapidement, j’ai été opérée deux fois. Nous avons pourtant toujours vécu cela main dans la main avec le Seigneur, même si nous marchions dans l’obscurité et parfois les pleurs.
Riccardo : On ne s’est jamais révoltés, on se disait que le Seigneur nous donnerait une autre fécondité, que sa volonté se ferait. On a commencé à prier, à demander l’intercession. Mais notre volonté ne se faisait pas et c’était une grande souffrance.
Julia : Au bout de 8 ans de mariage, nous avons décidé de fixer un ultimatum à Jésus, en allant le 4 août 2005 à Ars (fête du Curé d’Ars), le patron de notre diocèse : « Maintenant Seigneur, dis-nous quelle est ta volonté et nous nous y abandonnerons… » Durant la célébration de l’Eucharistie, le matin, j’ai senti un très fort et très bel appel à l’adoption alors que je n’y avais jamais pensé avant. Comme si mon cœur de maman s’ouvrait, je me suis sentie inondée d’amour pour l’enfant qui viendrait d’ailleurs, et j’ai commencé dès ce moment-là à prier pour cet enfant.
Riccardo : Sur le coup, je recevais ce que Julia me disait, mais je ne sentais pas cet appel. Je restais persuadé que le Seigneur nous donnerait un enfant biologique. Quelques mois plus tard, dans un groupe de prière, nous avons reçu une parole très claire, celle donnée à Sarah : « L’année prochaine, Sarah aura un fils (…) Rien n’est impossible à Dieu. » Je me suis alors emparé de la volonté de Dieu : « Maintenant le Seigneur a parlé, dans un an, c’est clair, nous aurons un fils. » Mais après quelques faux espoirs, nous avons vécu un moment très dur de déception. En même temps, j’avais toujours cette parole de Pierre : « Où irais-je Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. » Je suis alors rentré moi aussi dans cette démarche de l’adoption. Jusqu’à ce que nous rencontrions notre petit Aloïs. Le Seigneur avait tenu parole, puisque c’était un an après la parole reçue.
Julia : Le Seigneur nous a alors donné sa joie, qui n’est pas celle du monde. Il nous a comblés plus que ce que nous avions imaginé ou même désiré.
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12 juillet 2010 par
À 30 ans, après le crash du divorce, se retrouver toute seule, c’est dur. Et Dieu seul sait pour combien de temps…
Seule ! Impossible d’imaginer que je m’engageais dans ce nouvel état de vie pour la fin de mes jours. Je n’étais pas capable de le dire. C’est sur le miroir de ma salle de bain que j’ai écrit avec mon rouge à lèvres en grosses lettres : « Je Te choisis. » Je venais d’avoir 30 ans. C’était un cauchemar.
Sans la délicatesse de Dieu, je n’aurais pas tenu le coup. Sept ans plus tard, ma vie est pleine de joie, mais quand je repense à cette période, je suis encore capable d’en pleurer.
Boucles d’oreilles, maquillage et bain moussant
Ce qui m’a aidée ? Par chance, j’étais accompagnée par un prêtre. Depuis quelque temps déjà, je sentais venir le crash. J’ai continué à rencontrer ce prêtre après mon divorce.
Il m’a guidée à un moment où je n’étais plus en état de décider pour moi. J’avais vraiment du mal. Ce prêtre m’a très rapidement convaincue d’une chose. « Dans les moments où vous souffrez, commencez par prendre soin de vous. Dormez bien, mangez bien, faites-vous plaisir. » Je me suis offert des fleurs. Je me suis acheté des fringues.
Après avoir fait avec lui la liste des choses et des moments qui me faisaient du bien, il a décrété pour mon premier carême : « Camille, vos efforts, ce sera boucles d’oreilles, maquillage tous les matins et bain moussant une fois par semaine ! »
Mon chemin a commencé comme ça. J’ai pris le temps de me retrouver moi-même, de faire mon deuil, de supporter le sevrage affectif. J’ai retrouvé l’estime de moi dans le regard de Dieu posé sur moi.
Regarder la difficulté en face Oui, il y a eu des souffrances. J’ai appris à les reconnaître. Ça m’a plus aidée que de me les cacher à moi-même.
C’est beaucoup plus difficile d’être chaste quand on a été marié. Mon corps était encore programmé pour la vie à deux.
Physiquement c’était difficile, j’étais même perturbée. J’en rêvais la nuit, me réveillant seule dans mon lit, le souffle un peu court… C’est normal. Le vrai danger serait plutôt de ne pas regarder cette difficulté en face.
« La continence, ce n’est pas un choix. C’est une grâce que Dieu donne jour après jour. »
La durée est révoltante. Rester célibataire toute ma vie, je suis incapable de le décider. Je suis faillible.
Si Dieu est fidèle, miséricordieux et patient, Dieu sait aussi que je ne peux pas être fidèle à sa mesure. Il m’accompagne dans ma petitesse. Je voudrais bien rester fidèle au célibat qui me tombe dessus, mais je ne peux pas m’y engager, cash, pour soixante ans. Alors, j’en demande la force tous les matins et je remercie le Seigneur tous les soirs pour sa grâce et ma victoire du jour. Plus je me découvre capable de supporter la privation de la tendresse d’un homme, plus je deviens sensible à autrui. Au début, je ne sortais plus. Peu à peu j’ai identifié les personnes capables de m’aider.
Je leur ai demandé de m’entourer, de m’inviter. Sachant le prix de ce que j’ai perdu, j’ouvre les yeux sur ce qui m’est donné chaque jour. Rien qu’un fou rire avec une copine et dix minutes de papote ont un prix inestimable…
À travers les autres, Dieu vient combler mon coeur parce que c’est ainsi, mon coeur est fait pour être rempli.
CAMILLE
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7 septembre 2010 par
Après dix ans de mariage, Françoise décide de divorcer. Elle rencontre Christophe et ils s’installent ensemble. Quatre ans plus tard, ils participent à une session organisée à Paray-le-Monial pour les personnes divorcées remariées. Douloureux.
Françoise : J’ai divorcé en 1999. Alors que je ne me souciais plus de la foi depuis de nombreuses années, et que je cheminais sans Dieu, la souffrance et le sentiment de vivre au milieu d’un champ de ruines m’ont poussée à me rapprocher de la Vierge Marie et à faire un pèlerinage à Lourdes.
Plus tard, avec mon nouveau conjoint j’ai participé à une session pour les fidèles divorcés remariés à Paray-le-Monial. Je suis arrivée très mal à l’aise. Il y avait là une quarantaine de personnes. J’ai senti que j’allais passer un très mauvais moment et que j’allais prendre des piqûres très désagréables.
Alors je me suis dit que si au lieu de m’asseoir sur la chaise, j’imaginais être sur les genoux de Marie, les piqûres seraient plus supportables. C’est exactement ce que j’ai fait.
J’ai fermé les yeux et à chaque fois que la douleur arrivait, j’appuyais ma tête sur le coeur de la Sainte Vierge enfonçant mes ongles dans sa chair.
Pendant l’enseignement, j’étais couverte de plaies (échecs, blessures, péchés, injustices, violences), tout remontait en moi pendant que le prêtre parlait du projet de bonheur de Dieu pour chacun de nous. En même temps, j’ai eu le sentiment très fort que Marie n’avait pas cessé de m’encourager et de me consoler.
À la fin, je suis sortie épuisée, mais en paix car j’avais enfin pu entendre qu’aujourd’hui encore Jésus avait un projet de bonheur pour moi.
A mon arrivée, en conduisant mon petit dernier à la garderie, je n’ai vu que des familles nombreuses.
Je revois encore ce papa, cette maman et leurs sept enfants tous habillés d’un imperméable jaune. C’était le « truc » insupportable à regarder lorsqu’on a subi l’échec du divorce. Je me suis demandé ce que j’étais venue faire là.
L’après-midi de ce même jour, le moral à plat, en ressassant le passé avec impuissance, j’ai été soudain saisie. Alors que j’étais allongée sous les arbres dans le parc en regardant jouer les enfants, j’ai eu tout à coup cette conviction très intense que j’étais malade, très malade du péché de ma vie et de mes mauvais choix.
Dans le même temps, il m’a été donné de comprendre que Dieu est mon médecin, qu’Il est à ma porte pour me soigner ; mais qu’Il a besoin que j’accepte librement le traitement, un peu comme lorsque vous devez vous faire opérer d’une tumeur au cerveau, il faut accepter l’opération en signant un accord préalable ou une décharge à cette exception près que le succès de l’opération est garanti par le Créateur de l’Univers. Jésus : « Françoise, veux-tu guérir ? » moi : « Oui, Seigneur, je n’en peux plus ! » Jésus : « Cela risque d’être douloureux et cela prendra un peu de temps. » Moi : « Oui, Seigneur, cela ne pourra pas être pire que ce que je vis aujourd’hui. » Jésus : « Veux- tu faire ce parcours avec moi ? » Moi : « Oui, car avec Toi je n’aurai pas peur. »
C’était fait, j’ai alors sauté dans la session. Le quatrième jour, comme nous étions à la chapelle, une comparaison soudaine me vient à l’esprit. Je vois un adulte lourdement handicapé. Je me rends compte avec horreur que c’est moi cette « estropiée ».
Je lève les yeux vers les autres autour de moi, je m’imagine dans une cour des miracles : certains sont borgnes, boiteux, aveugles, nous sommes tous sales et repoussants. Me voilà dans la cour des éclopés divorcés remariés… c’est inacceptable !
Ce que je refusais jusqu’ici me saute aux yeux, avec une clarté insupportable ; je ferme les yeux pour ne plus voir, mais l’image demeure. Car c’est cela qui m’empêche d’avancer, plus que tout le reste dans ma vie.
La démarche qui nous est proposée ce jour-là est une étape durant laquelle nous pouvons revivre le lavement des pieds.
Un prêtre s’agenouille devant moi, il me déchausse, me lave les pieds et les embrasse, reproduisant l’ultime geste de Jésus avant sa Passion. Avant de se relever, le prêtre lève son regard vers moi.
Au moment où son regard croise le mien, je réalise que c’est mon Dieu, mon médecin qui est là à travers ce prêtre. J’éclate en larmes. C’est fini. Je me retrouve contre le tabernacle (la chapelle est petite et nous sommes nombreux).
Je viens de passer des bras de Marie contre le coeur de Jésus. Je réalise alors que toutes les belles “familles modèles” que j’ai vues à Paray-le-Monial vivent dans leur propre cour des miracles. Elles aussi sont éclopées, elles vivent dans une cour différente, c’est tout.
Mais si j’accepte de me faire soigner par mon divin médecin et de suivre toutes ses prescriptions, je peux à nouveau rayonner et ma famille aussi !
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7 septembre 2010 par
Divorcé d’un mariage à l’Église, Bruno est marié civilement avec Anny, divorcée elle aussi. Ils ont retrouvé des forces vives au sein de l’Église.
Bruno : En 1997, à l’occasion d’une soirée de prière, j’ai découvert que, malgré ma situation, j’étais toujours un baptisé, un enfant aimé de Dieu le Père.
Un prêtre s’est approché de moi et m’a dit : « Il n’y a pas de différence entre toi et moi, nous sommes tous les deux des enfants de Dieu, baptisés dans l’Esprit Saint, appelés à vivre de nos forces baptismales, foi, espérance et charité. »
À cet instant, sans bien comprendre, j’ai senti que l’amour infini de Dieu m’ouvrait un chemin nouveau. Aujourd’hui encore, quatorze ans plus tard, je peine toujours à réaliser le choc d’amour qui m’est alors tombé dessus. C’est à cinquante ans que j’ai pris conscience de mes forces baptismales !
Bien plus tard, j’ai pu mesurer que, dans ma situation de fidèle divorcé remarié, je pouvais moi aussi, à ma place, choisir librement de vivre une autre relation avec le Christ.
Au pied de la croix, je pouvais vivre avec lui un coeur à coeur.
Mourir pour ressusciter, ce n’est pas triste : c’est une grâce exceptionnelle et une conversion de tous les jours. C’est toucher à l’amour infini du Père, sentir sa miséricorde. « Oui, mon péché est toujours devant moi », dit le psaume 50. Tant mieux.
C’est ainsi que je peux être sauvé ! Dieu m’aime dans ma condition de pécheur. Le Seigneur m’aime jusqu’au bout de mon sacrement de mariage. Ma vie de chrétien baigne dans cette réalité même si je suis divorcé.
Anny : Après mon divorce, j’ai, comme Job, fait un procès à Dieu. J’étais très en colère contre l’Église et contre ma mère qui m’avait obligée à me marier religieusement.
Le grand changement s’est produit pour moi le jour où j’ai décidé de lâcher prise. Ce jour-là, j’ai prié Marie dans le silence de mon coeur : « S’il te plaît, Marie, aide-moi à dire oui, comme toi, sans condition. »
Cette attitude m’a permis d’accueillir une lumière nouvelle sur ma vie. Cette lumière, elle vient d’ailleurs : de Dieu, de Jésus, de l’Église.
En laissant Dieu pénétrer dans ma vie, sans ne plus chercher à lui dicter ce qu’il avait à me dire, j’ai expérimenté une grande libération. Une fois pour toutes, j’ai choisi de rejoindre le Seigneur là où il m’attend et non pas sur le terrain de mon choix ! Cette parole d’un moine m’a aidée : « Personne ne me force à aimer Jésus Christ, mais personne ne peut non plus m’empêcher de le préférer à tout et de le dire par un choix de vie. »
Rejoindre le Seigneur, cela signifiait pour moi oser progresser dans des pardons à donner et à recevoir. Quand je me suis débattue dans des difficultés à pardonner, un prêtre ami m’a dit : « Regarde comment tu peux aimer ces personnes davantage. »
Après la tempête, dans la brise qui est venue caresser mon coeur, j’ai pu commencer à construire une vraie relation d’amour et de réconciliation avec le Christ, à travers le service des frères et en particulier des plus souffrants. (suite page 68)
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9 juillet 2010 par
Manifester au mieux l’amour inconditionnel du Christ, telle est la priorité de Jacques, un prêtre qui accompagne des personnes divorcées remariées.
Lors de la première rencontre avec un groupe de fidèles divorcés remariés, j’ai toujours le désir de commencer par leur donner le baiser de paix, au nom du Christ, de la part de l’Église. À la fin de la première rencontre, je mets mon aube. Nous nous disposons en demi-cercle autour d’une icône du Christ. Après un signe de croix et un chant, je lis le passage de l’évangile selon saint Jean :
Le soir du même jour, le premier de la semaine, les disciples avaient, par crainte des Juifs, fermé les portes de l’endroit où ils se tenaient. Or, Jésus vint, et se trouva au milieu d’eux. Il leur dit : ‘La paix soit avec vous !’
Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent tout heureux de revoir le Seigneur. Jésus leur dit donc une fois encore : ‘La paix soit avec vous !’ (Jn 20, 19-21a)
Ensuite, je fais un petit commentaire expliquant que Jésus veut donner sa paix à chacun et que l’Église leur transmet. Et, moment-clé, je prends le temps d’aller donner à chacun un geste de paix, avec une parole personnelle. Je regarde chacun dans les yeux et, le nommant par son prénom, avec des mots qui viennent selon l’inspiration, je lui dis :
« N., tu es le fils (la fille) bien-aimé(e) du Père. Quels que soient ton passé et ta situation, le Père a un amour particulier pour toi. Il a envoyé son Fils pour toi. Aujourd’hui, Jésus te donne sa paix. Accueille-la. » Et je cherche le geste adapté qui manifeste au mieux la bonté de Dieu le Père et la paix que le Christ veut donner.
Lors de cette démarche, j’ai souvent vu des personnes très émues. Parfois certaines s’effondrent en larmes, profondément touchées. Je les sens libérées du regard de l’Église sur elles.
À ce moment, elles prennent conscience qu’aux yeux de l’Église, elles ne sont pas d’abord des personnes divorcées remariées mais des enfants du Père.
J’accompagne cette parole de paix d’un geste : je prends leurs épaules entre mes mains. Et alors que, en temps ordinaire, je suis très peu démonstratif, il m’arrive même parfois, dans ce cadre liturgique, de prendre leur tête dans mes mains et de les serrer contre moi quelques instants, dans un geste paternel. Ce geste, simple et chaste, est très marquant. Je vois qu’il parle au coeur, bien plus que tous les discours sur l’Église « qui vous aime ».
JACQUES
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23 juin 2010 par
Au fin fond de l’Algérie, certains fidèles attendent parfois des années le passage d’un prêtre. Histoire d’un de ces piliers d’Église.
L’Eucharistie qui m’a le plus marqué s’est passée il y a plus de vingt ans. Un prêtre, père blanc, m’avait emmené visiter des chrétiens algériens dans des villages de Kabylie. C’était un dimanche, le dimanche des Rameaux. Dans un village, le prêtre ne se rappelait plus très bien si des chrétiens vivaient là ou pas. Aussi, il se renseigna auprès des habitants qui nous indiquèrent une femme. C’était une vieille femme oubliée de tous, comme à l’abandon de l’Église. Elle demanda au prêtre si elle pouvait avoir une messe.
Au milieu des ruines
J’ai vu alors cette vieille femme mettre un peu de rouge sur les lèvres, se coiffer et s’habiller pour aller à la rencontre de son Dieu. Je ne sais combien d’années elle avait attendu ce moment, immergée dans cette population musulmane. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle voulait vivre cette rencontre dans son église de village.
Le décor de cette rencontre ne ressemblait pas à une assemblée des JMJ ou à l’édifice d’une cathédrale mais à une chapelle abandonnée et en ruine, sans toit, sans autel, sans siège pour s’asseoir. Le peu d’objets de valeur existant avait été pillé.
Le prêtre a alors improvisé un autel, il a sorti de sa sacoche une étole et le strict nécessaire pour célébrer. Le frère, la vieille femme et moi-même, nous nous sommes assis sur des pierres tombées de la voûte de l’Église afin d’accueillir le Dieu de la vie.
Une famille musulmane, très pauvre, habitait dans ce qui restait de la sacristie qui jouxtait l’église. Pendant que nous célébrions, les enfants de cette famille s’agglutinaient et nous regardaient par la porte donnant sur la chapelle. Aucun d’eux ne parlait le français et ne comprenait ce que nous disions, ni la Parole de Dieu que nous proclamions. Ils étaient étonnés de nous voir agiter nos ramures d’olivier, recevoir un petit bout de pain et boire à la même coupe.
Ma plus belle Eucharistie
Quel contraste pour ce dimanche des rameaux où le roi des rois monté sur un petit âne est acclamé par une foule… de trois personnes dans une église en ruine ! C’est ma plus belle Eucharistie, elle est gravée dans ma mémoire et mon coeur.
Depuis, cette vieille femme est morte. Le prêtre a été assassiné par des extrémistes musulmans.
Mais le village a connu des conversions massives par l’intermédiaire d’autres témoins.
Je crois que cette Eucharistie en est la source.
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17 mai 2010 par
À la fin de l’adolescence, j’ai commencé à remettre en cause l’éducation chrétienne que j’avais reçue : en effet, comment un Dieu tout puissant pouvait-il tolérer tant de misère ? S’il existait vraiment, n’était-il pas « parti en voyage » en se désintéressant complètement du malheur de l’humanité ? Le témoignage de Johann.
À la fin de l’adolescence, j’ai commencé à remettre en cause l’éducation chrétienne que j’avais reçue : en effet, comment un Dieu tout puissant pouvait-il tolérer tant de misère ? S’il existait vraiment, n’était-il pas « parti en voyage » en se désintéressant complètement du malheur de l’humanité ? Deux alternatives se présentaient à mon esprit : ou Dieu n’existait pas, ou il était indifférent à la vie des hommes. Je suis devenu un athée convaincu.
Il y a une petite vingtaine d’années, alors que je préparais ma thèse, j’ai rencontré une jeune fille sur une île des Cyclades, dont je suis tombé amoureux. Je lui disais que je l’aimais mais elle me répondait que j’étais aimé de Dieu…
Par la suite, j’ai rencontré d’autres personnes qui m’intriguaient. Ils étaient chrétiens, et je les trouvais “différents”.
C’est alors que l’un de mes amis m’a invité à une conférence sur le Suaire de Turin. J’y suis allé par curiosité. Ce que j’y ai entendu était troublant : de très nombreux détails me renvoyaient aux Évangiles.
Je ne suis pas sorti de cette conférence converti, j’ai simplement commencé à me poser de plus en plus de questions. Pour la première fois depuis plus de dix ans, j’ai fait comme une sorte de prière. C’était un peu un défi. J’ai demandé à Dieu qu’il se manifeste s’il existait.
Après toutes ces années, je suis toujours en chemin, comme en recherche. N’est-ce pas le rôle d’un chercheur ? Mais je suis devenu un chrétien engagé dans ma paroisse, convaincu que Dieu vient nous chercher là où nous sommes même si, comme moi il y a 20 ans, on est prêt à parier qu’il ne nous rejoindra jamais. Eh bien si ! Dieu peut venir nous rencontrer, même là où on s’y attend le moins, et je lui en rends grâce.
Johann enseignant et chercheur à l’université de Strasbourg
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27 avril 2010 par
Le témoignage de Josette
Divorcée seule avec ses trois enfants Josette avait besoin de travailler à tout prix Avec le recul, elle réalise que ses boulots, le Seigneur les lui a toujours confectionnés sur mesure.
Alors que j’avais 9 ans, ma mère m’a laissée. Je me suis retrouvée chez ma grand-mère qui est rapide- ment décédée d’un cancer géné- ralisé. Puis mon père est parti. C’est mon grand-père de 77 ans qui m’a recueillie. Coutelier de son état, il n’avait pas de gros moyens. Lorsque j’ai eu 14 ans, il m’a demandé de travailler.
Pourboires et confiance
Une cousine avait une amie qui cherchait une apprentie dans le tissage. J’ai appris mon premier métier. Nous n’étions que deux dans l’usine avec six petits métiers à tisser. On faisait un joli ouvrage en soie naturelle. Le mois de décembre venu, l’ac- tivité a chuté. Mon patron a choisi alors de donner la préférence à l’autre ouvrière. Alors le Seigneur a tout bien arrangé. Une dame de Saint-Chamond venait d’ouvrir une pension de famille. « Ça me rendrait service que tu viennes m’aider, m’a-t-elle dit, je ne peux pas te payer, mais je te nourrirai à midi et tous les pourboires seront pour toi. » J’ai accepté. Les pourboires ont payé, au centime près, mon loyer. Puis j’ai eu trois enfants. Je me suis arrêtée de travailler. Quand mon dernier fils est entré au CP, j’ai décidé de reprendre un emploi. À Saulce, mon village, une société de nettoyage venait de se monter. Je m’y suis présentée. J’avais 36 ans. Quelques jours plus tard, ils m’ont proposé un mi-temps. Avec mon pre- mier salaire, j’ai passé mon permis de conduire. Ça a bien arrangé mon patron qui pouvait m’envoyer travailler plus loin. Et lorsque trois ans après je me suis retrouvée toute seule avec trois enfants, obligée d’aller travailler à douze kilomètres, j’ai béni le Seigneur. Il guide vraiment tout.
Pas même le certificat d’études
Ensuite, il m’a fallu trouver un meilleur travail. J’ai écrit trois lettres. Le jeudi suivant, le téléphone a sonné. C’était une usine textile. Le lundi, j’y travaillais et j’y suis restée 11 ans. Puis, on a commencé à nous parler de fermerture. J’avais 52 ans. J’ai voulu partir. Le patron a essayé de me retenir car j’étais une bonne ouvrière. « Ne fais pas ça ! Tu ne trouveras pas de travail. » « T’en fais pas. Il y en a un là-haut qui va s’en occuper. » Avec l’aide de ma fille, j’ai confectionné mon pre- mier CV. Je l’ai déposé dans trois usines en me présentant directement sur place. Dans la troisième, on m’a proposé un CDD de six mois. Après le Seigneur a continué à me four- nir le travail dont j’avais besoin. J’ai emballé des fruits. J’ai travaillé de nuit. J’ai tenu la boutique d’une station-service. Là, je me suis souvent demandé comment rendre... service.
Je peux dire que le Seigneur m’a toujours divinement accom- pagnée. Je m’en rends compte dès que je me mets dans un coin, chez les Clarisses à Clers, pour me taire et me rappeler tout ce que le Seigneur a fait pour moi. J’aime constater sa présence dans des choses toutes simples qui, avec lui, deviennent vraiment incroyables.
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21 avril 2010 par
À Issy-les-Moulineaux, en proche banlieue parisienne, réside un “drôle d’oiseau” : un prêtre à la retraite qui évangélise tous azimuts depuis son petit ordinateur. Résultat : un million de visites par an. Un buzz à faire pâlir la jeune génération des webmasters cathos. Par Claire Villemain.

Avez-vous déjà cliqué sur le site du Cybercuré ? Vous savez, celui qui a réponse à toutes vos questions sur l’Église... Derrière votre écran, il y a ce petit homme vif, au regard aussi perçant que celui d’un aigle à l’affût : le père Raymond d’Izarny, 89 ans, à la retraite depuis une dizaine d’années. À la retraite peut-être, inactif sûrement pas.
« Ce n’est pas parce que je ne suis plus sur le terrain que je ne dois plus annoncer le Christ ! », vous lance-t-il, tout de go. Le ton est donné : cet homme a la carrure de l’évangélisa- teur que rien n’arrête. Son apostolat, il le vit aujourd’hui sur Internet, depuis son foyer de “la Solitude”. Un joli paradoxe lorsqu’on reçoit des centaines de milliers de visites. « Lorsque j’étais professeur au séminaire de Nantes ou d’Issy-les-Moulineaux, j’avais une centaine d’élèves. Curé des paroisses d’Issy, je suis passé à un millier de paroissiens. Maintenant, je compte un million de visites par an sur Internet ! »
Connecté avec son temps
Ce projet d’évangéliser par Internet est le fruit d’une longue histoire. Elle commence lorsque le père d’Izarny prend sa retraite à 76 ans. Faire un site Internet, la chose n’était pas aisée, surtout quand on ne connaît rien à l’informatique. Mais il en fallait plus pour le décourager, lui qui pianote lentement de sa seule main valide (la gauche) : « J’ai tout appris à 78 ans... en autodidacte. » Désireux de témoigner de la vocation du prêtre, il envisage de créer un site pour parler du sacerdoce. Les chiffres des visiteurs ne décollent pas. Au même moment, son entourage le presse de questions sur le dernier livre à la mode : le Da Vinci Code. « Je n’avais pas du tout envie de le lire, et encore moins d’en parler ! », reconnaît-il, un sourire aux lèvres.
« Mais je me suis rendu à l’évidence : c’est sur des questions actuelles que je devais baser mon site et non pas sur mes propres idées. Résultat : 10000 visites en une journée ! » Sa démarche change alors et il présente un nouveau projet au service communication de son diocèse (Nanterre) : répondre aux gens éloignés de Dieu sur les questions qu’ils se posent sur l’Église et les sacrements. Mgr Daucourt donne son feu vert. « Hier (mercredi des Cendres, N.D.L.R.) le compteur m’indiquait 3000 connections pour le mot Carême ! »
Mais Internet n’est pas seulement pour le père Raymond un outil d’évan- gélisation. C’est aussi un moyen de se convertir. Entendez « me convertir ». « J’ai appris que renoncer à son projet, c’était se mettre à l’écoute des autres. Renoncer à ma façon de faire, c’était écouter ce que le Seigneur voulait que je fasse. Et la conversion est à faire tous les jours ! » C’est ainsi que notre cybercuré a ajusté son langage, s’est ouvert à des sujets auxquels il n’imaginait pas s’intéresser. Via la FAQ (foire aux questions), on lui pose des questions très précises. Et parfois surprenantes. « Puis-je faire débaptiser mon enfant ? », « Comment faire un aussi bon carême que le ramadan des musulmans ? »
À chaque fois, le père Raymond cherche à comprendre pourquoi cette question est posée, y répond personnellement. Des conversions ? « Pas directement, non. Car pour cela, il faudrait une vraie rencontre, vivante. Mais les idées fausses tombent, les gens se font une meilleure idée de l’Église car ils la comprennent. » Un drôle de pari... Mais de toute évidence, il est tenu.
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10 mars 2010 par
Mû par une intense quête d’absolu, frère Philippe a connu un parcours très chaotique. Il nous livre son témoignage depuis l’abbaye de Cîteaux où il vit désormais.
J’avais été baptisé enfant sans jamais recevoir d’éducation religieuse. Je ne connaissais pas Dieu. Pourtant, un désir profond d’être aimé m’habitait. Je cherchais à épancher cette soif par toutes sortes de moyens que propose notre société. C’est ainsi que, vers l’âge de huit ans, j’achetais une dizaine de bandes dessinées morbides et violentes. Personne ne m’avait mis en garde contre le fait que de telles lectures pouvaient ouvrir la porte à l’occultisme. Toutes les opportunités qu’offraient la télévision, le cinéma, les livres, les disques, me donnaient l’occasion de nourrir cette inclination au mal qui commençait à grandir en moi.
J’organisais des soirées de hard rock, dont certains groupes chantaient des hymnes à Satan... Je me promenais, les cheveux longs jusqu’aux épaules, avec une veste déchirée, sur laquelle j’avais moi-même dessiné un tigre rouge. Je m’abreuvais de films d’horreurs, en nombre important, comme beaucoup de jeunes de cette époque. Puis un jour, ma vie changea. À travers cette traversée du désert, Jésus m’attira à lui progressivement. Je me mis à pratiquer les arts martiaux avant de m’orienter vers une recherche de plus en plus spirituelle et ascétique.
Mais cela ne fut pas sans idolâtrie. Je m’adonnais en effet à des pratiques magiques, invoquant des divinités en vue d’obtenir des effets immédiats. C’est ainsi que je marchais pieds nus sur les braises, que je passais sous les cascades chaque semaine, été comme hiver, et d’autres choses de ce genre... Mais là encore, Jésus ne me quittait pas, malgré l’inévitable et immense orgueil qui s’était développé en moi. Puis vint le temps du bouddhisme tibétain, “Les larmes de la Vierge brisèrent mon orgueil dans la douceur.”
et je trouvais là les “traces” de la présence miséricordieuse de Dieu, par une compassion très forte pour autrui et pour soi. Ce parcours chaotique se termina dans les bras de la Vierge, où les larmes de Marie, au sanctuaire de la Salette, jouèrent un rôle si important pour briser mon orgueil dans la douceur. Tandis que j’étais au sanctuaire comme bénévole, et que celui-ci fermait ses portes, je me rendis au monastère de Cîteaux, que l’on m’avait recommandé, et où je découvris l’appel du Christ. Après un séjour d’un mois et demi, je suis reparti et j’y suis revenu un mois et demi après pour ne plus en ressortir.
Là, je pus enfin me donner tout entier à Celui que je désirais suivre depuis si longtemps sans le savoir, dans la joie d’une foi qui ne fera que s’approfondir de plus en plus, par la croix d’un Amour infini qui brûle et fait le cœur vivant et saint de toute l’Église.
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4 mars 2010 par
La foi de son enfance s’était quelque peu assoupie. Un jour, elle accepte, peu enthousiaste, de participer à une réunion dans sa paroisse. À la fin de cette soirée, elle n’est plus tout à fait la même...
Quelques mois avant la profession de foi de mon frère, maman me demanda de l’accompagner à une réunion de préparation. N’ayant pas mis les pieds dans une église depuis presque 4 ans, j’étais sceptique, mais devant l’insistance de ma mère, je l’ai accompagnée… Une vidéo présentée au cours de cette réunion a chamboulé mon esprit et mon cœur. C’était un petit reportage sur le Forum international des jeunes à Paray-le-Monial (71). J’ai dit à maman : « J’aimerais bien y aller pour me sentir moins seule. L’ambiance a l’air tellement géniale ! » Ce soir-là, je me suis engagée pour l’aide aux préparations de baptême dans la paroisse. J’ai commencé à retourner à la messe chaque semaine et, de fil en aiguille, je me suis inscrite au Forum.
Me retrouvant au milieu de 3 400 jeunes réunis au nom du Christ, j’ai vécu un dépaysement complet. En effet, dans ma paroisse, je suis la seule jeune de mon âge. Et j’étais frappée de voir que les jeunes que je rencontrais savaient « vivre en communauté », et qu’ils chantaient l’amour de Dieu à longueur de journée. Le Christ était vivant au milieu de nous !
Je me souviens d’un soir où de jeunes Martiniquais chantaient à tue-tête des “Alléluia”, alors que la longueur de la file d’attente pour le dîner nous désespérait. Au début, ils étaient dix à chanter. Quelques minutes après, seules dix personnes ne chantaient pas ! À Paray-le-Monial, la joie de vivre à travers le Christ se manifeste par le chant, mais aussi par l’adoration. Je suis allée adorer le Saint-Sacrement à la chapelle de la Visitation et ce que j’ai ressenti était tellement fort que les larmes ont coulé pendant plusieurs minutes sur mes joues. Je crois que, pour la première fois, je suis parvenue à ouvrir mon cœur à l’amour de Jésus.
À Paray-le-Monial, l’Eucharistie est célébrée chaque jour et elle dure deux heures ! Mais on ne voit pas le temps passer… La qualité des homélies est à couper le souffle et le recueillement de l’assemblée époustouflant. Et, pour la première fois de ma vie, avec 3 400 personnes, je me suis agenouillée devant le Corps et le Sang du Christ. J’invite tous ceux qui doutent à aller à Paray-le-Monial, car en ce lieu où il est apparu, on expérimente que le Christ nous aime d’un amour inépuisable.
Ces cinq jours ont changé ma vie. Je suis revenue avec l’envie de montrer que l’on peut vivre sa foi en chantant avec une gaieté sans pareille et en frappant dans les mains avec tant d’entrain que l’on nous entendrait du dehors ! Mais comment transmettre tout ce que l’on a vécu au retour ? Ce n’est pas forcément évident… J’ai envie de dire à tous les jeunes : « Il faut aller à Paray et vivre ce qui se passe là-bas pour le croire pleinement. »
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4 mars 2010 par
Depuis mon enfance, je sens au fond de mon être une présence avec laquelle je dialogue. C’est durant une fête religieuse musulmane, alors que je prenais un temps pour méditer, que j’ai vécu une expérience déterminante.
J’ai fermé les yeux, il se fit alors un silence total, oppressant. Je compris qu’il me fallait chercher ailleurs. Ma quête fut longue et difficile. J’ai reconnu Jésus comme mon Sauveur et Seigneur, il m’a saisie, je n’avais pas d’autre choix que de le suivre. Mais je ne pouvais vivre seule dans un environnement hostile. J’ai rejoint l’Église qui, dans mon pays, était à visage européen. Déchirée entre deux mondes, je reprochais au Seigneur de m’avoir appelée car ce qu’il me demandait me semblait au-dessus de mes forces. Mais plus je résistais, plus l’appel se faisait pressant. Alors je l’ai suivi et, au fur et à mesure que je découvrais l’Amour miséricordieux, ma vie se transformait. Je voulais crier ma joie d’être aimée par un Dieu si proche et partager cette Bonne Nouvelle mais je compris qu’il me fallait, pour l’heure, demeurer silencieuse et discrète.
Jésus trace un programme pour ses disciples. « Vous ferez de grandes choses en mon Nom mais avec des persécutions et on pourra même vous tuer » (Matthieu 10). Le Seigneur nous a appelés, mes frères et moi, à une autre forme de martyre non pas physique (pour l’instant) mais moral. Nous donnons notre vie goutte à goutte afin que le règne de Dieu vienne dans tous les cœurs, surtout les plus endurcis. Comment vivre en chrétien en étant immergés dans une société musulmane imprégnée par les principes de l’islam et régie par ses préceptes ? S’affirmer et se faire rejeter ? Se cacher et vivre comme tout le monde ? En ce qui me concerne, je cherche à concilier ma vie de foi dans le Christ en le confessant quand l’Esprit Saint me pousse à le faire et en me taisant et en priant quand je me trouve devant un mur d’incompréhension. Et je dis non discrètement mais résolument à ce qui est contraire à ma foi en Christ.Plus notre liberté est restreinte et plus notre vie intérieure se renforce. Le Seigneur n’abandonne jamais ses enfants même si parfois, il nous semble absent de notre vie. Il nous envoie son Esprit consolateur quand nous sommes affligés, incompris, rejetés. Il nous donne sa force pour résister contre les forces du mal. Il nous donne sa sagesse pour discerner ce qu’il faut dire ou faire. Il nous donne aussi son amour et la capacité d’aimer tout homme dont il désire ardemment le salut.
Tout notre être est tendu pour écouter, voir, sentir où le vent souffle… Détecter les vents contraires qui risquent de déséquilibrer notre embarcation fragile, éviter les esquifs en restant dans la paix car le prince de la paix, notre Sauveur et Seigneur Jésus, est présent dans la barque, alors nous n’avons rien à craindre. Merci, Seigneur de m’avoir tirée de mes ténèbres pour me propulser vers ta lumière.
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4 mars 2010 par
Souvenirs de famille. Vers 1850, la réputation du Curé d’Ars parvient aux oreilles d’une jeune Savoyarde. "À l’époque, la Savoie n’est pas encore rattachée à la France", se souvient Jacques Roubert, jésuite. Le prêtre raconte comment il doit la vie au Curé d’Ars.
« La date exacte, je ne la connais pas, mais c’était certainement dans les dernières années du Curé d’Ars ; en 1856, peut-être. Mon arrière-grand-mère était alors une jeune fille qui cherchait sa vocation. Attirée par la vie religieuse mais aussi par le mariage, elle n’arrivait pas à se décider. C’est alors que lui vint l’idée d’aller consulter le Curé d’Ars, dont la réputation était immense. Chambéry n’était pas tellement loin d’Ars, même s’il fallait à l’époque franchir une frontière pour s’y rendre. Voilà donc la jeune Savoyarde partie, pleine d’espoir, vers le village de l’abbé Vianney. Mais la foule des pénitents était telle qu’elle ne réussit pas à le rencontrer. Le troisième jour, il lui fallut repartir sans avoir reçu la réponse tant désirée. Mais au moment où elle se dirigeait déjà vers la porte de l’église, le Curé d’Ars sortit de son confessionnal et lui fit signe d’approcher. “Ma fille, lui dit-il, vous n’avez pas besoin de vous confesser. Mariez-vous et vous aurez des prêtres et des religieuses dans votre descendance.” Mon arrière-grand-mère a eu cinq enfants. Une de ses filles entra chez les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul et un de ses fils, chez les religieux de Saint-François de Sales, où il mourut encore jeune, laissant le souvenir d’un saint prêtre. Et moi, l’arrière-petit-fils, je suis prêtre dans l’ordre des jésuites tandis qu’un de mes frères plus jeune l’est également dans un diocèse. Le Curé d’Ars a bien tenu sa promesse ! »
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4 mars 2010 par
Chef d’entreprise, Denis a beaucoup souffert dans son enfance. Humiliations, carences affectives, échec scolaire aboutissent à la conclusion cinglante d’un psychiatre à sa mère : "Votre fils sera un bon à rien"
De mon enfance sans beaucoup d’affection et de tendresse, j’ai traîné de pénibles désordres. J’étais toujours le dernier de la classe et un psychiatre dit un jour à ma mère : "Votre fils sera un bon à rien". Plus tard, lorsque je me suis mis à mon compte, j’étais tellement mal dans ma peau que j’ai eu des pulsions suicidaires. Après vingt ans de mariage, ma femme est partie avec un autre homme. Ce fut une souffrance terrible. Cet homme-là venait déjeuner à la maison, il gérait nos placements financiers, etc. Malgré cette trahison, je suis dans la paix grâce à l’amour de Jésus. À cette période pourtant, j’allais tellement mal que j’avais toujours un point de souffrance, là, dans mon ventre. Ça a duré pendant deux ans. J’ai beaucoup prié et Jésus m’a beaucoup aidé. Mon entreprise marchait bien, ça tournait tout seul.
Quant à moi, j’ai reçu des guérisons. Un jour, à la messe, j’ai senti une force d’amour étonnante. D’un seul coup, je fus enveloppé d’une douceur indéfinissable. J’ai d’abord eu peur. Puis, constatant que je n’avais plus du tout mal au dos, j’ai fini par comprendre… Chez les parachutistes, à six jours de la quille, j’étais passé par-dessus le parachute. J’avais atterri avec tout le barda, une mitrailleuse sur le côté. Cela avait provoqué une compression des vertèbres. Depuis, la douleur était parfois si intolérable qu’il m’arrivait de rentrer jusque chez moi à quatre pattes ! Souvent un de mes salariés me relevait. C’était terrible.
Malgré cette guérison physique, je souffrais toujours beaucoup moralement. La première fois que j’ai voulu revoir mes filles, l’homme avec lequel vivait ma femme m’en a empêché. Il me provoquait en me demandant de le frapper. Humainement, sans cette guérison, je serais devenu violent. De plus, cet homme disait du mal de moi dans mon dos. Je priais pour lui tous les jours. Cela m’a protégé pour ne pas tomber dans la violence. C’est la prière qui fait tout. La prière, c’est mon bouclier.Ça a duré huit ans. Tous les problèmes de mon enfance remontaient à la surface.
Ce sont les paroles d’un ami prêtre qui m’ont libéré : « Denis, tout ça, c’est pas ta faute. » Cela m’a fortifié de façon étonnante. Maintenant, je prie tous les jours. Je me lève à 6h30 tous les matins. Je loue, je prie. Je lui dis : « Seigneur, trouve-moi à qui parler de toi comme tu veux mais pas comme je veux, où tu veux, quand tu veux. » Pourtant je n’ai reçu aucune formation pour évangéliser.
Un jour, je parlais de Jésus à un client. Il est venu près de mon bureau grand ouvert. Il m’a dit à voix haute en présence de mes collaborateurs : « Alors monsieur, on parle du Bon Dieu et on fait pas mon devis ? ! » Je me suis trouvé “tout bête” devant ma secrétaire et mon comptable. Je suis revenu un peu plus tard pour leur demander s’ils avaient entendu ce que m’avait dit ce client. Ni ma secrétaire ni mon comptable n’avaient rien entendu ! Ça m’a encouragé à continuer. Il est tellement bon, Jésus… il ne veut pas que je sois un bon à rien. Il veut m’utiliser.
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4 mars 2010 par
Aller à contre-courant. Oser dire la vérité au risque de perdre des patientes. C’est le risque qu’a pris Frédérique, médecin gynécologue, au terme d’un long parcours. Et elle ne regrette rien.
Gynécologue obstétricienne, j’ai décidé de ne plus poser de stérilet. En effet, ce dernier empêche la nidation dans l’utérus d’un embryon formé cinq jours plus tôt dans l’une des trompes. Il a donc un effet abortif.
Autant il m’a été relativement facile dès le début de mon internat, malgré un climat hostile, de refuser de participer à tout avortement volontaire, autant cette décision de ne plus poser de stérilet a été difficile et longue à prendre. J’avais peur. Peur d’être jugée par mes confrères et ainsi désavouée. Peur d’être jugée trop extrême par mes patientes qui risquaient de ne pas comprendre mon revirement et de ne plus me faire confiance, avec la sanction possible de changer de gynécologue. Je me sentais seule pour mener ce combat. Dieu, dans son infinie patience, a attendu que ma conscience s’éclaire, se forme et que je touche du doigt, dans ma vie d’épouse et de mère, combien sa grâce me précède toujours.
Lors d’un colloque de bioéthique organisé par Amour et Vérité [1], à Paray-le-Monial, le prêtre qui m’a accueillie dans le sacrement de la réconciliation m’a dit une parole déterminante : cette décision de ne plus poser de stérilet, je ne la prenais pas contre mes patientes mais pour leur bien. L’Esprit Saint me soufflait que c’était aussi pour le mien. Je ne pouvais pas défendre la vie, l’encourager, la soigner et sciemment poser un stérilet entraînant, dans le cas où il y a eu fécondation, un avortement à l’insu de la femme.
Au retour, la première patiente qui se présenta venait pour que je remplace son stérilet… Comprenant que je ne devais pas remettre la décision à plus tard, je lui ai expliqué pourquoi désormais je n’en poserai plus. Elle me répondit que je lui compliquais la tâche mais que, malgré tout, je restais sa gynécologue. Aujourd’hui, je continue à évoquer le stérilet avec mes patientes tout en les informant sur son mode d’action. C’est l’occasion pour moi de partager avec elles mon émerveillement devant ce mystère de la physiologie féminine et de la fécondation. Dès l’instant précis où le spermatozoïde pénètre l’ovule, tout est lancé dans le continuum physiologique entre le zygote, l’embryon, le fœtus puis le bébé à la naissance, l’enfant et l’adulte jusqu’à sa mort.
Certaines de mes patientes sont choquées. D’autres respectent mon choix sans changer le leur, d’autres encore changent leur façon de comprendre et de gérer leur fertilité. Certaines me confient leur fardeau de devoir supporter seule la contraception. Je pense en particulier à celle qui m’a avoué en larmes avoir compris qu’elle n’était qu’un objet sexuel pour son mari. Dans tous les cas, un espace nouveau et libérateur de parole s’ouvre sur le corps, la fertilité, la sexualité, le sens de la vie et j’en rends grâce en secret. Je rends grâce au Christ, seul médecin véritable de nos corps et de nos âmes, de me conduire sur ce chemin.
[1] Le 8e Colloque international de bioéthique organisé par Bioéthique et Vie humaine aura lieu du vendredi 13 novembre au dimanche 15 novembre 2009 sur le thème : Révision des lois de bioéthique : quelles réponses à la souffrance ? www.amouretverite.org - www.bioethique.net
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4 mars 2010 par
Victime de deux tentatives d’agression sexuelle, Éliane a pu, des années plus tard, pardonner et même porter un regard nouveau sur l’auteur de cet acte. Grâce au Christ.
Il y a trente ans, alors que nous découvrions le Renouveau charismatique, une personne qui avait un charisme de discernement me dit lors d’une prière d’intercession fraternelle : « Tu as en toi une force de mort. C’est un pardon que tu n’as pas donné. » Je me suis effondrée, en larmes. Le passé revenait douloureusement. À l’âge de 6 ou 7 ans, j’avais été agressée sexuellement par un oncle. Mon père étant survenu à ce moment-là, il ne s’était rien passé. Mais il m’en restait un sentiment de peur, d’insécurité, de mal-être. Je n’ai rien pu dire.
Cet oncle a tenté de récidiver alors que j’avais dix-huit ans. Ce jour-là, je l’ai giflé tellement fort qu’il est parti. Mais la blessure était profonde. J’avais l’impression de n’être qu’un vulgaire objet de plaisir. Une fois encore, je n’ai rien dit afin de protéger ma tante que j’aimais beaucoup et qui souffrait intensément. J’ai commencé à ressentir envers cet homme une haine profonde. Je suis devenue odieuse avec lui si bien que ma famille, ignorant tout de ce qui était survenu, me reprochait mon comportement, ce qui faisait encore grandir ma colère.
J’étais empêtrée dans ces sentiments depuis des années jusqu’au jour béni où ces personnes ont prié pour moi. Leur prière simple, profonde et pleine d’amour m’a transformée et conduite au pardon. Désormais, une paix profonde m’habitait. Je pus revoir cet oncle paisiblement, sans amertume ni colère, c’était une vraie libération !
J’ai remercié le Seigneur. J’étais persuadée que tout était fini mais il n’en était rien. Quelque temps après, lors d’un temps de prière devant Jésus en croix, alors que je ne pensais pas du tout à cet homme, j’ai été envahie par une compassion profonde et émouvante envers lui. Le Seigneur me rappelait combien toute sa vie avait été terrible. Une véritable grâce ! Mais il y eut plus encore. Une nuit, j’ai rêvé que je me noyais et dans mon rêve, c’était mon mari qui me sauvait. Pendant le temps de prière qui a suivi, un flash m’est venu : enfant, j’avais réellement failli me noyer et c’était cet oncle qui m’avait sauvé la vie.
Ainsi, Dieu restaurait l’image de cet homme à mes yeux. J’ai pu passer de la haine au pardon, du pardon à la compassion, et de la compassion à la reconnaissance. Notre Seigneur est vraiment un thérapeute hors du commun. J’ai expérimenté que si le pardon libère l’autre de notre regard négatif, il nous rend plus libre encore nous-mêmes. Quelle joie de ne plus vivre dans la rancune !
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4 mars 2010 par
Quand l’enfant se fait attendre, le couple se sent comme amputé dans son intégrité. Avec cette blessure souvent douloureuse, se pose une question essentielle : quelle fécondité pour notre couple ?
Par Michel et Marie Mornet
En effet d’une façon ou d’une autre, le couple est appelé à partager son amour. Et les possibilités sont immenses. Elles sont mêmes infinies. L’accueil de la vie, la protection des plus faibles, l’éducation, l’accompagnement de personnes en difficulté, la recherche du beau, du bien et du vrai... sont les multiples facettes de cette fécondité à laquelle nous sommes tous appelés et qui ne se déploie pas uniquement dans la fécondité biologique.
Chaque couple est unique. Le don est le moteur de sa fécondité : le don de soi-même à l’autre, et le don du couple aux autres. L’amour de l’un pour l’autre est appelé à rayonner et ainsi à fructifier durablement. À chaque couple d’accueillir et d’inventer sa fécondité dans sa vie relationnelle et dans ses engagements, quels qu’en soient la nature.
L’adoption d’un enfant est l’un des chemins possibles. Certains s’y sentent appelés. Ils découvrent alors de manière éminente combien l’enfant est un don. Nous avons appris, pour notre part, que l’enfant qui nous était destiné à l’autre bout du monde était né le jour de notre anniversaire de mariage ! La fécondité de chaque couple se dessine peu à peu, évolue, se manifeste de façon visible ou plus discrète. Elle n’est pas un lot de consolation mais une vraie source de joie.
On ne se marie pas seulement pour avoir des enfants mais d’abord pour s’aimer. Et pour s’aimer toujours davantage... Cette mission reste intacte. Le mariage chrétien porte en lui l’engagement de Dieu que cette union sera féconde. Et ce que Dieu dit, il le fait !
Marie et Michel Mornet
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Pour en savoir plus :
"Quand l’enfant se fait attendre", Michel et Marie Mornet, Éditions de l’Emmanuel.

4 mars 2010 par
Vicaire à Saint-Pie X, à Vannes, le père Christian Chérel est encore tout émerveillé de l’action de la Providence dont il a été le témoin. En novembre 2008, l’adoration perpétuelle faisait sa grande apparition dans la paroisse…
Il y a cinquante ans, le père Moisan, fondateur de la paroisse, la plaça sous le patronage d’un Pape eucharistique s’il en est : saint Pie X. C’est ce successeur de saint Pierre qui permit, entre autres, l’accès à l’eucharistie des petits enfants dès l’âge de raison. Alors que, dans la paroisse, nous préparions activement ce cinquantième anniversaire, nous avons retrouvé des documents où ce curé prophétique exprimait son intuition : cette paroisse serait le lieu privilégié d’un culte à l’Eucharistie. Il fallut attendre la fête du Christ Roi de l’année 2008 pour que son intuition puisse se concrétiser… En cette grande fête liturgique, était instaurée dans la paroisse l’adoration perpétuelle.
Cinq signes concrets nous ont poussés à nous lancer dans l’aventure :
Premier signe : l’été dernier, un prêtre péruvien de passage prêcha un jour, à ma surprise, sur l’adoration perpétuelle. Son exhortation me toucha beaucoup. Je pensai alors que le Seigneur me parlait à travers lui…
Deuxième signe : deux jours plus tard, alors que je n’avais encore lancé aucun appel, un jeune couple se proposa pour prendre en charge l’organisation de l’adoration si celle-ci devait se mettre en place.
Troisième signe : il nous fallait un lieu où proposer l’adoration perpétuelle. Nous avons beaucoup réfléchi. Un jour, après la messe, un servant d’autel vint me voir et me désigna la salle du fond de l’église en disant : « Père Christian, pourquoi ne pas adorer toujours Jésus dans la salle là-bas ? » Il n’était pas au courant du projet. Ce fut pour moi une belle confirmation.
Quatrième signe : Avec le conseil paroissial, nous préparions un devis pour les travaux d’aménagement. Je voulais réaliser une belle chapelle. Le devis reçu, je priais saint Joseph lui disant : « Maintenant, tu te débrouilles ! » Le soir même, une personne vint me trouver. À la fin de notre échange, elle me confia
qu’elle souhaitait faire un don à la paroisse. Ce don couvrait exactement le devis prévu !
Dernier signe. Il ne nous manquait plus qu’un bel ostensoir et un autel. Notre curé suggéra que l’on s’adresse à une communauté religieuse dont le couvent était sur le point de fermer. Il leur écrivit immédiatement. En retour, non seulement les sœurs acceptaient la proposition mais de plus, elles exprimaient leur joie immense de nous offrir leur autel ainsi que leur bel ostensoir pour l’adoration perpétuelle.
Voilà les cinq signes de la Providence nous ayant manifesté que le Seigneur voulait être adoré jour et nuit à Saint-Pie X. Déjà, quelques beaux fruits nous ont été donnés. Ainsi, en mars dernier, nous avons vécu une mission pleine de grâces : de très nombreux participants, des confessions, la vénération des reliques du Saint-Curé d’Ars, etc.
Au quotidien, l’Eucharistie est plus pleinement au cœur de la vie paroissiale. L’esprit de communion grandit entre les fidèles et beaucoup nous témoignent d’un renouvellement de leur vie spirituelle. À travers l’adoration, ils vivent une nouvelle rencontre avec le Christ. Et les grâces du Seigneur ne sont pas épuisées…
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Maria est née en Suède. Elle est luthérienne. À Paris, la jeune étudiante a le cafard. Attirée par la lumière, Maria se retrouve dans une église aux pieds de la Vierge Marie...
Je suis née dans une famille luthérienne. En Suède, c’est la confession majoritaire depuis le XVIe siècle. Comme beaucoup de Suédois, je connaissais assez peu et mal l’Église catholique.
Très attirée par les cultures étrangères, j’ai désiré poursuivre des études hors de mon pays. Je suis donc venue en France où la Providence me préparait une très belle rencontre qui allait bouleverser ma vie pour toujours !
Après un mois à Paris, j’ai vécu une épreuve douloureuse. Je me sentais très seule dans cette grande ville où je ne connaissais pas encore grand monde. J’ai pu me rendre à la chapelle suédoise de Paris et y participer à un office de vêpres qui a apaisé mon cœur blessé. Le lendemain, j’ai voulu y retourner. La chapelle était fermée. J’ai alors réalisé qu’en face de l’immeuble où j’habitais, se trouvait une église catholique. J’ai poussé la porte. J’ai cherché un lieu pour me recueillir. Le coin où il y avait le plus de lumière m’a attirée : au fond de l’église, des cierges éclairaient une statue de la Vierge Marie.
Tous les soirs pendant plusieurs semaines, j’y suis retournée. Intérieurement, j’étais attirée par la présence du Seigneur. Dix ans plus tard, en retournant dans cette église, j’ai découvert que le tabernacle se trouve à deux mètres de la statue de Marie !
Un soir le sacristain est venu s’asseoir à côté de moi. Une fois que je lui eus expliqué mon chagrin, il me proposa de prier la Vierge Marie. Étant luthérienne, je n’avais jamais de ma vie prié Marie. Je ne savais même pas que l’on pouvait la prier !
Peu à peu, au fil des semaines qui ont suivi, j’ai trouvé la paix et Marie a continué à œuvrer dans le silence de mon cœur, me montrant le chemin vers son Fils. Ainsi, sans vraiment comprendre ce qui se passait, j’ai commencé à aller à la messe. Mon cœur a été saisi. J’ai compris que j’étais en train de vivre une conversion qui m’appelait à chercher Dieu au sein de l’Église catholique. Trois ans après cette conversion du cœur, j’ai pu faire mon entrée officielle dans l’Église catholique.
Cela fait maintenant dix ans que j’ai vécu cette rencontre. Je ne cesse de rendre grâce pour toutes les merveilles que le Seigneur fait pour moi ! Sa Mère demeure très présente dans ma vie. Je continue à la prier chaque jour. Je prie toujours le chapelet en deux langues : le “Je vous salue Marie” en français et le “Notre Père” en suédois. C’est le fruit de mon chemin qui a commencé au sein de ma famille, en Suède, où la foi m’a d’abord été transmise. Lorsque j’étais petite, mon père m’a appris le “Notre Père” au cours de la prière du soir. Je continue donc à le prier dans ma langue maternelle. Puis, j’ai vécu ma conversion au catholicisme en France, un pays cher à Marie. Je la prie donc en français, en la remerciant de tout ce qu’elle fait pour me conduire vers son Fils.
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4 mars 2010 par
Sa vie manquait de sens. "À quoi bon ?", se disait la jeune femme. Pour combler ce vide, Holly allait d’expédient en expédient jusqu’à ce qu’arrive l’inattendu.
Extérieurement, tout était beau. Intérieurement, j’étais ravagée par le désespoir. Je n’avais que vingt et un ans, mais je me sentais vieille, épuisée, usée, vidée. Il manquait quelque chose à ma vie, mais je ne savais pas quoi. Depuis cinq ans, j’étais « à la recherche de ce je-ne-sais-quoi », j’essayais de trouver de quoi combler mon cœur. À défaut, j’avais rejeté en bloc la vie de mes parents, je m’étais révoltée et m’étais lancée dans une vie de plaisirs tous azimuts. Mais plus j’essayais de combler le vide, plus il se creusait.
J’avais passé deux ou trois ans sur les routes à chanter dans un groupe. J’avais reçu une éducation catholique, mais n’avais jamais rencontré Dieu. Je croyais qu’il existait, je croyais même au bien-fondé de l’Église catholique, mais je ne voyais pas ce que cela changeait au fond à mon existence quotidienne. Le christianisme n’était qu’une série de règles menaçant d’entraver ma liberté. J’en avais marre des injonctions et je ne supportais plus qu’on me dicte ma conduite.
Quelques années plus tôt, j’étais entrée dans un confessionnal et avais déclaré : « Père, je ne vois pas l’intérêt de tout cela. Je viens donc pour la dernière fois. » Le prêtre m’avait bénie et j’étais sortie, pensant que c’en était fini. Je fis tout ce que je voulus par la suite. Je me laissais tenter par toutes les distractions qui avaient l’air amusantes, grisantes, en pensant que cela me rendrait heureuse, mais rien ne pouvait combler le vide de mon cœur. J’en concluais qu’il ne me restait plus rien à essayer, que ma quête de ce « je-ne-sais-quoi » resterait sans réponse.
Peu après, je rejoignis un nouveau groupe à Halifax. Je logeais chez le batteur et dormais sur un matelas dans un grand cagibi. Une nuit, allongée dans le noir, je regardais par les portes-fenêtres le brouillard orangé de l’éclairage urbain, j’ai décidé que je n’avais plus rien à perdre. Me tournant sur le dos, je me suis adressé au plafond : « Dieu, si tu es là, je pense que c’est à toi de te manifester ! J’ai fait tout ce que j’ai pu de ma vie. Si tu veux que j’arrive à te connaître, il faut que tu te révèles ; à toi de jouer ; si tu es Dieu. » Puis, je me suis remise sur le ventre et me suis endormie.
Les semaines passèrent. Un soir de vacances à la maison, je m’assis devant un film déprimant. Il me vint une idée. Je suis montée dans ma chambre dénicher une Bible et j’ai lu une bonne partie de la nuit. Quand je fermai les yeux pour dormir, aux premières lueurs de l’aube, j’avais trouvé le « je-ne-sais-quoi ». Cette nuit-là, pendant que je lisais les Saintes Écritures, Dieu atteignit mon cœur d’une manière personnelle, extraordinaire et je m’endormis heureuse de l’avoir trouvé. Je me suis rendu compte plus tard que ma recherche était en fait une prière ; mon cœur s’était élevé vers mon Créateur sans même savoir consciemment à qui je m’adressais. Dieu avait travaillé en moi, au sein de mon insatisfaction, depuis le début.
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Holly Pierlot vient de publier un livre aux Éditions de l’Emmanuel intitulé "Manuel de survie d’une mère de famille".
4 mars 2010 par
Marc et Mamadou ont partagé pendant quelques jours la même chambre d’hôpital. Un an plus tard, Mamadou, condamné par la médecine des hommes, recevait le baptême avant de rejoindre son Sauveur.
En novembre 2006, pendant une hospitalisation, je partageais la chambre de Mamadou. Durant une dizaine de jours, nous avons pu nous soutenir mutuellement. Le soir, à l’extinction des lumières, nous partagions une prière. Le jour de son départ, Angèle, son épouse, me dit en voyant un missel sur ma table de nuit : « Vous êtes chrétien. J’aimerais rencontrer quelqu’un à qui je puisse poser des questions sur Dieu. » L’ambulance devait arriver d’une minute à l’autre : aborder un thème aussi important en si peu de temps me semblait délicat ! Finalement, l’ambulance tardant à arriver, c’est pendant une heure que questions et réponses ont fusé.
Durant ce dialogue, Mamadou a écouté sans rien dire. Angèle m’a demandé pour finir : « Pourquoi n’avez-vous pas choisi une autre religion ? » Je lui partageai que je m’étais intéressé au bouddhisme mais que, très vite, je m’étais rendu compte que Dieu était absent de cette pensée. Quant à l’islam, je l’avais approché lors de ma coopération en Algérie en 1976. Depuis, je m’étais informé régulièrement sur cette religion afin d’essayer de la comprendre. Je lui expliquai que je n’aurais jamais pu devenir musulman, aucun travail sérieux de vérité n’ayant été entrepris ni sur Mohamed, ni sur le Coran. Mamadou m’a regardé et m’a dit : « Tu as raison, c’est vrai ! » Nous avons tout juste eu le temps, avant qu’ils ne quittent la chambre, d’échanger nos numéros de téléphone. Nous sommes restés en contact.
En octobre 2007, Mamadou m’appelle en me disant : « Marc, je viens de rencontrer le médecin. Il ne peut plus rien pour moi. Je suis condamné. Je vais entrer en soins palliatifs. » Père de deux enfants, Mamadou m’a partagé son désarroi de devoir les quitter prématurément. Quelques jours plus tard, il m’a contacté de nouveau : « Marc, est-ce que je pourrais recevoir le sacrement des malades ? » « Mamadou, pour le recevoir, il faudrait que tu sois baptisé. Pourquoi ne demanderais-tu pas le baptême ? » « Tu crois que c’est possible ? » « Bien sûr ! Veux-tu que je m’en occupe ? » « Oui, je le veux ! »
Mamadou a été catéchisé en trois semaines et, le 2 décembre 2007, il a reçu le baptême, prenant le prénom de Thomas. Il m’a demandé d’être son parrain. Son baptême a été magnifique : Mamadou a affirmé sa foi en Jésus Christ sans détour et avec beaucoup de joie. Dans les mois qui ont suivi, son état s’est amélioré, il a même souhaité reprendre le travail. Il était habité par l’espérance en Dieu, par Jésus Christ.
Puis, le 5 mars 2008, après une rechute, Mamadou a rejoint le Ciel. À son enterrement, il y avait, dans l’assemblée, musulmans et chrétiens. Son cercueil portait ostensiblement la croix de Jésus Christ, son Sauveur.
J’ai vécu cette expérience avec une joie profonde. Je me suis senti comme l’ânon de Jérusalem dont le Seigneur voulut avoir besoin. Alors, n’ayons pas peur d’être témoin, dans l’amour et la vérité.
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4 mars 2010 par
Attirée par le Christ, mais rebutée par la vie religieuse, Isabelle a longtemps vécu partagée. Aujourd’hui sa carrière de contrôleur aérien ne l’empêche pas de cheminer dans la vie consacrée.
J’ai grandi dans le Sud-Ouest, près de Lourdes. J’ai toujours aimé le Christ. Enfant, je lisais la Passion le soir avant de m’endormir, et je pleurais dans mon lit, je ne comprenais pas pourquoi on avait fait si mal à Jésus. J’aimais l’Église aussi. Puis les jeunes de mon âge se sont mis à déserter la messe du dimanche au village. J’étais la seule jeune, au milieu d’une assemblée peu nombreuse. Les gens disaient : « Isabelle, elle sera bonne sœur. » Pour beaucoup, une bonne sœur, c’était quelqu’un qui n’avait pas réussi à se marier et en plus qui ne servait pas à grand-chose.
Et j’ai grandi avec ces idées en tête. J’étais complètement partagée. D’un côté, j’avais une grande soif de Dieu. J’aimais aller à la grotte à Lourdes, j’étais marquée par des religieux profondément remplis de Dieu, comme le curé de mon village. D’un autre côté, j’essayais de me persuader que je ne deviendrais pas sœur : ça se traduisait par une vie étudiante festive et arrosée ou par la pratique de sports inhabituels comme le parapente. Ça me rassurait.
Après des études supérieures à Toulouse, je suis arrivée à Paris en 1999 pour y exercer mon travail de contrôleur aérien. J’étais de moins en moins heureuse. Ce compromis que je vivais n’avait aucun sens. Un ami m’avait parlé du Forum des jeunes à Paray, j’y suis allée, je me disais que je trouverais bien un prêtre pour me confesser là-bas. Effectivement. Et j’ai découvert la miséricorde.
Alors, ma vie a changé. Je comprenais que c’était le Christ qui me rendait heureuse. J’ai commencé à aller à la messe en semaine, à prier tous les jours, et la question de la vocation est revenue. Je n’en parlais pas, ni à moi-même, ni à quelqu’un qui aurait pu m’aider, ni à Dieu. C’était là, comme une peur. En août 2000, j’étais de retour à Paray. Un soir, on a invité toutes les personnes consacrées à s’avancer sur le podium. Une dame assise à côté de moi me dit : « J’ai cru que vous iriez aussi. » J’ai répondu “non” méchamment. Elle me dit alors : « C’est comme moi, ça doit être trop tard… » Cette phrase m’a beaucoup fait réfléchir par la suite. De retour chez moi, j’ai décidé d’en parler au Seigneur. Et j’ai compris très vite qu’il savait mieux que moi ce qui me rendrait heureuse. Alors j’ai pleuré et j’ai récité la prière du père de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. »
À partir de là, j’ai commencé à cheminer dans la vie consacrée, au sein de la Communauté de l’Emmanuel. Je repense parfois à la joie que j’ai ressentie les premiers temps où j’ai accueilli cet appel du Seigneur. Cette joie n’a cessé de grandir par la suite. C’est quelque chose de grand. Je continue d’exercer mon métier de contrôleur aérien. J’essaie d’être une présence au milieu de mes collègues de travail. Je prie bien pour eux. Pour qu’ils rencontrent aussi un jour la miséricorde de Dieu.
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17 février 2010 par
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17 février 2010 par
De la révolte face à un échec jusqu’à la découverte de l’amour de Dieu, le chemin peut parfois être long. Mais une simple rencontre peut tout changer...
Propos recueillis par Hubert de Torcy
Scoutisme, pèlerinages divers et messes en semaine m’ont accompagné jusqu’à mes vingt-deux ans. Pour des raisons professionnelles, j’ai été amené à quitter ce milieu porteur et petit à petit, je me suis éloigné de ma foi d’enfant. Après une fracture du genou qui me fermait définitivement la porte des parachutistes, arme dans laquelle je rêvais de servir, je me mis à rejeter Dieu violemment. Révolté par ce qui m’apparaissait comme une injustice, l’idée de Dieu m’était devenue odieuse. Non seulement je ne l’aimais plus mais je ne voulais plus de son amour : Lui qui permettait pareil échec, comment pouvait-il être un Dieu bienveillant ? Ma virulence était telle que j’étais résolu, au jour de ma mort, de ne pas me faire avoir et de refuser l’amour de ce Dieu injuste. Les années ont passé pendant lesquelles j’entretenais ma rancœur.
Vers 28-29 ans, je me suis aperçu que l’idéal que je pensais avoir trouvé dans mon travail ne me comblait pas. Et si ce que je recherchais, c’était justement cette Source à laquelle je m’étais promis de ne plus boire ? Je décidai alors de participer à un cycle Alpha. Je suivis fidèlement les dix séances avec un enthousiasme croissant et finalement, en juin 2000, j’avais l’impression d’être « reconverti ». Tout heureux de ce qui m’arrivait, je décidai de passer le 15 août à Paray-le-Monial où la communauté de l’Emmanuel proposait une session de quatre jours.
Une fois arrivé, mon enthousiasme est vite retombé. Les chants et les témoignages se succédaient et je me sentais pris au piège de l’émotion. Je voulais bien faire la rencontre de Jésus mais j’étais trop fier pour accepter que cela se fasse par cette porte-là. Du coup, plus la session avançait, plus mon cœur se fermait.
J’étais tellement mal à l’aise que je décidai de partir avant la fin. J’avais acheté mon billet de retour anticipé quand au dernier moment je me ravisai en me disant que je pouvais bien rester un jour de plus.
Ce soir-là, entre le dîner et la veillée, je m’étais inscrit pour un service : ramasser les mégots de cigarettes devant le chapiteau. Courbé en deux, il n’y avait pas grand monde aux alentours hormis une personne handicapée. Âgé d’une quarantaine d’années, pas très grand, le corps un peu tordu et le visage déformé, je l’avais toujours croisé seul, non accompagné et j’admirais son autonomie. Il paraissait hésitant, tournait en rond, puis il s’avança vers moi comme pour me demander quelque chose. Il me prit dans ses bras et me couvrit de baisers et de caresses. La situation était presque embarrassante.
Il a relâché son étreinte, m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « J’ai beaucoup prié pour toi, tu sais. Tu es mon ami, mon meilleur ami. Je t’aime. » À ces mots, j’ai ressenti physiquement comme un coup de poing dans mes entrailles. Puis il est parti aussi simplement qu’il était arrivé. Je suis resté planté là, comme sonné.
Mais très vite, j’ai réalisé que c’était Jésus qui m’avait parlé à travers cette personne handicapée. Il s’était servi de ce pauvre parmi les pauvres pour me dire son amour éternel et briser ma carapace.
21 novembre 2005 2005 par
© Pauline Bonnasse
Maryse, jeune et joyeuse Ivoirienne de 22 ans, vit en France depuis quelques années. La découverte de la Parole de Dieu a changé son quotidien. Je n’ai pas été baptisée enfant car mon père, qui croyait en Dieu sans appartenir à aucune religion, voulait que je puisse « choisir librement ». C’est surtout une amie de maman qui me parlait de Dieu. Elle me conseillait de demander le baptême. Aujourd’hui, elle est ma marraine !
propos recueillis par Pauline Bonnasse
Je n’ai pas été baptisée enfant car mon père, qui croyait en Dieu sans appartenir à aucune religion, voulait que je puisse « choisir librement ». C’est surtout une amie de maman qui me parlait de Dieu. Elle me conseillait de demander le baptême. Aujourd’hui, elle est ma marraine !
Lorsque j’étais en classe de troisième, certains problèmes scolaires et personnels m’affectaient beaucoup. J’avais une Bible. Elle était toujours près de mon oreiller, comme une protection. Un jour, je l’ai ouverte, en commençant par la Genèse. La découverte de cette Parole vivifiante m’a donné une telle soif que je la dévorais, ainsi que des livres de spiritualité, comme Recherche la paix et poursuis-la (père J. Philippe, éd. des Béatitudes). Ces lectures furent un véritable tremplin pour ma foi. Du coup, je priais sans cesse et partout, sans pouvoir m’arrêter ! Ma vie changeait, j’envisageais les problèmes beaucoup plus paisiblement : tout me semblait moins lourd à porter. Puis, en l’an 2000, j’ai demandé à recevoir le baptême. En commençant à découvrir la Bible, j’aspirais en effet à tout connaître de Dieu.
Pour étancher cette soif, j’allais trouver le prêtre de ma paroisse et nous discutions souvent deux heures durant. J’en ressortais fortifiée. Un jour, en allant à ce rendez-vous, je rencontrai un jeune homme. Il était séminariste et avait la responsabilité de la catéchèse. Quand il apprit que je me préparais au baptême, il me proposa de suivre les cours avec les enfants. À partir de ce jour-là, une belle amitié est née entre nous. Je lui ai demandé d’être mon parrain, ce qu’il a accepté avec joie.
Après mon baptême, j’ai appris à regarder ma cité avec des yeux nouveaux. Auparavant, je ne voulais pas la connaître car ses habitants me semblaient fermés et certaines zones, dangereuses. Cette année, j’ai effectué un stage dans le centre social de mon quartier. J’étais pleine d’a priori concernant les jeunes qui le fréquentaient. J’ai découvert qu’au contraire, ils s’investissaient à fond pour faire vivre le quartier. Ils ont su gagner la confiance des habitants en proposant des sorties destinées aux personnes sans ressources. Après la classe, ils organisent un temps d’étude où ils inculquent aux enfants des notions de respect et de travail. Ils cherchent à donner le bon exemple aux autres jeunes et prennent le temps de leur parler en cas de problème. Tous les petits que je connais aiment ces animateurs et les réclament souvent : c’est une grande famille. Je peux dire que la Parole de Dieu et certaines rencontres providentielles m’ont guidée et ont profondément transformé ma vie.
28 février 2006 2006 par
Cédric s’est converti à Paray-le-Monial alors qu’il venait de passer une nuit en prison... "Une de mes grandes blessures était d’être allé, à l’âge de dix ans, voir mon père derrière les barreaux. Il faisait des cambriolages et moi, je l’aidais. De plus, il buvait et était violent avec ma mère. Je suis tombé dans diverses pratiques comme le satanisme, l’occultisme, puis j’ai fui dans la drogue, l’alcool..."
À 13 ans, j’ai eu mes premiers rapports sexuels avec des hommes de 40 ans. Cela a duré jusqu’à 16 ans. Ensuite, j’ai vécu dans la rue, pendant deux ans environ. Je m’enfonçais dans la noirceur.
Je n’étais pas baptisé et je n’ai jamais vu un crucifix chez moi. Pourtant, j’ai toujours senti comme un appel. À 12 ans, je suis allé à Ars en stop. C’était à 70 kilomètres de chez moi. Quelque chose de fort m’attirait. Je rentrai dans la chapelle et j’y restai un long moment. Malgré cela, j’ai continué à faire n’importe quoi jusqu’au moment où je me suis retrouvé à Paray-le-Monial, "par hasard", sortant de prison. J’avais 19 ans. Je n’avais pas d’endroit où aller. J’étais complètement désespéré et je refusais l’aide d’autrui. Et puis j’ai rencontré Geneviève. Quelque chose en elle me l’a tout de suite rendue "proche". Elle m’a redit plus tard les premiers mots que j’ai prononcés alors : "Il y a de l’amour ici ! "Les jeunes présents m’ont apporté des vêtements propres et de quoi me laver. Ils m’ont trouvé un lieu pour dormir, donné des tickets repas... J’étais profondément touché, même si je ne le montrais pas. J’ai beaucoup parlé avec Geneviève (qui depuis est devenue ma marraine) et, un soir, elle m’a demandé si je voulais qu’on prie pour moi. J’ai accepté et ce fut le début de la "révélation". J’ai alors pris conscience que je m’étais trompé, que, depuis toujours, j’étais appelé à autre chose. Ce jour-là, j’ai dit oui à Dieu et quatre ans après, je recevais le baptême. J’ai eu ensuite, de nouveau, des rechutes car je ne m’appuyais pas encore complètement sur Jésus. Je pensais qu’il allait m’aider à dépasser ma souffrance, mais que j’allais continuer à vivre ma vie comme je l’entendais. De nouveau dans une impasse, j’ai pensé au suicide malgré ma foi. À aucun moment je n’ai remis en question l’amour de Dieu. Mais ma vie et Dieu étaient comme deux mondes à part. Plus tard, j’ai vécu de nouveau une expérience spirituelle forte après avoir prié pendant sept jours en continu. En trois jours, toute ma vie passée s’est comme refermée. Je suis retourné près du curé d’Ars et j’ai pleuré pendant une heure et demie. J’étais là, dans une confiance totale...
Depuis quelques mois, je vis au quotidien un verset que j’ai reçu dans la prière : "Je vais accomplir une œuvre dans ta vie qui dépasse tout ce que tu peux imaginer." Et c’est réellement ce qui se produit ! Je ne bois plus une goutte d’alcool. J’ai en moi un amour si fort que je ne veux pas tout gâcher par la moindre folie. Je me surveille tout en me sentant complètement libre intérieurement, comme jamais auparavant. C’est Jésus qui m’a donné cette liberté. Mon espoir devient une certitude : ne plus s’appuyer que sur l’amour de Dieu donne de découvrir qu’il nous guide, qu’il nous aime, qu’il est là. Il suffit de lui dire oui et de suivre la route qu’il nous ouvre : elle nous mène à son Cœur.
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3 février 2006 2006 par
Jean est directeur d’une entreprise en pleine restructuration. Il a confié cette épreuve à la prière de ses proches et en a vu les fruits.
La réussite d’un plan de restructuration est très aléatoire en raison de sa complexité juridique, les partenaires sociaux se saisissant de la moindre faille pour faire annuler en justice les plans. C’est donc avec une réelle inquiétude que j’ai abordé la restructuration de l’entreprise que je dirige. Elle devait conduire à supprimer plus de cent postes et licencier environ cinquante personnes. Avant la première réunion du comité d’entreprise (C.E.), j’ai confié cette restructuration à la prière de mes proches. Au fond de moi, j’étais, sans me l’avouer, assez sceptique sur l’effet direct et concret que pourrait avoir la prière sur ce projet.
La première réunion s’est bien passée, mais rapidement les choses se sont gâtées ! L’expert comptable mandaté par le comité d’entreprise a fait brutalement monter la tension en expliquant que le plan de restructuration n’était pas justifié et les suppressions de postes inacceptables. Les syndicats ont alors appelé au boycott des réunions du C.E. Le processus de négociation était de ce fait complètement bloqué...
Alors que je faisais un point de la situation avec le président du groupe, celui-ci me dit : "Il n’y a plus qu’une chose à faire - priez !" À ce moment-là, une amie de mon groupe de prière reçut pour moi ce texte de la Bible : "Daniel était dans la fournaise et il priait ainsi : Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, loué sois-tu, exalté éternellement..." (Lamentation 3-24) Elle me conseilla de réciter les versets de la prière du prophète Daniel quand cela n’allait pas. Elle avait aussi la certitude que j’étais invité à poser un acte de foi. Elle me suggéra enfin de faire célébrer par anticipation une messe d’action de grâces.
Parallèlement, la situation qui avait continué de se dégrader (tracts agressifs, menaces de mouvements sociaux, etc.) s’améliorait un peu. Appelé à la rescousse, l’inspecteur du travail réussit à ramener les partenaires sociaux à la table des négociations. J’eus alors l’occasion d’expérimenter concrètement l’intervention du Seigneur. À plusieurs reprises au cours de ces réunions difficiles, je lus discrètement les versets reçus avec foi, louant Dieu. À chaque fois, je constatais que la position de mes interlocuteurs évoluait et s’ouvrait, permettant le redémarrage parfois inespéré du dialogue. J’eus par ailleurs la conviction que je ne devais pas faire perdre la face à mes interlocuteurs mais au contraire que le Seigneur me demandait de les respecter comme des frères.
Au cours de la dernière réunion, la situation fut tellement tendue que je sortis pour appeler mes amis du groupe de prière et leur demander d’intercéder pour nous. Deux heures après, deux syndicats sur quatre signaient l’accord et s’engageaient à essayer de convaincre les autres partenaires. Le lendemain matin, le troisième syndicat signait l’accord. Finalement, le plan social fut approuvé à l’unanimité et les syndicats remercièrent tous ceux qui avaient participé à la négociation. Tous les salariés qui devaient être licenciés ont pu bénéficier d’un reclassement, sauf bien sûr lorsqu’ils avaient exprimé le souhait de partir volontairement. Cet épisode de ma vie professionelle m’a révélé la puissance la prière et l’amour bienveillant de Dieu pour chacun de ses enfants.
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3 février 2006 2006 par
Jérôme s’est converti à l’âge de 20 ans, à travers la musique. Dieu l’a touché au détour d’un chemin semé d’embûches.
"J’ai grandi dans une famille qui ne connaissait rien de la foi, même si nous vivions beaucoup de valeurs proches de l’Évangile. Ayant vécu des moments difficiles, nous étions souvent attachés à l’essentiel. Mais Dieu, chez nous, était le grand inconnu : ma mère avait renoncé à la foi pendant son adolescence ; mon père était resté longtemps engagé dans les Jeunesses communistes.
À l’époque de ma conversion, je jouais dans un groupe de rock. J’ai toujours été passionné de musique. Enfant timide, j’ai trouvé dans le chant une occasion de m’exprimer, de créer l’unité et de donner de la joie. Mais je ne travaillais pas à l’école. Deux années de suite, je ne me suis pas présenté aux examens du bac, parce que je ne me sentais pas capable de l’avoir. Je n’étais pas désespéré pour autant, même si je touchais alors à des réalités comme la drogue, le haschisch, la "coke". J’y trouvai un soulagement, un bien-être, une jouissance, puis des expériences très fortes où on se mettait "très mal" pour aller jusqu’au bout. On voulait faire parler de nous. Malgré de nombreuses amitiés, je restais très seul, avec mes questions et mon "péché" : mais que faire de cette culpabilité ?
En 1994, j’ai rencontré un compositeur, Bruno. Il avait le désir d’inviter des jeunes à vivre une expérience spirituelle à travers l’art. Il aimait aller les rencontrer dans la rue et leur proposer de chanter et de prier avec lui. Je l’ai rencontré au bord d’un lac, en Corrèze. Il avait une guitare, je suis allé le voir pour discuter. C’est ainsi qu’il m’a invité à venir chanter avec lui.
À la Pentecôte 1994, j’ai donc rejoint un groupe de jeunes réunis pour les répétitions de ce spectacle musical. Je n’avais alors aucun a priori à "chanter Dieu". Je ressentais même un fort désir, l’Église étant, depuis mon enfance, synonyme de joie et de fête, mais je n’avais jamais eu l’occasion de la découvrir. Ce week-end-là, j’ai été littéralement retourné. Antoine, qui me raccompagnait du week-end, m’a glissé ces mots : "Tu sais, Jérôme, on ne meurt pas pour des idées, on meurt pour quelqu’un." Puis il me donna une croix en bois en me disant : "N’oublie pas d’être heureux." Cette parole m’a bouleversé : le Christ entrait dans ma vie. Une fois chez moi, j’ai fait ma première prière. J’ai retrouvé un livre pris un jour dans une église et j’ai récité le Notre Père en latin. Je ne comprenais absolument pas ce que je disais mais c’était ma prière.
J’ai ensuite demandé à passer un an dans une abbaye afin de me préparer au baptême. J’y ai préparé mon bac avec succès. Je peux dire que le Christ est le sauveur intégral de ma vie. J’ai ensuite passé sept ans dans cette communauté, me préparant à la vie consacrée, avant de rejoindre le séminaire de Toulon. J’y ai vécu des années extraordinaires et j’y ai reçu la liberté de voir que le sacerdoce n’était pas mon appel. J’avais confondu la radicalité d’une conversion et la radicalité d’une vocation. J’ai poursuivi mes études dans une école de philosophie où j’ai rencontré celle qui est aujourd’hui mon épouse."
Jérôme
Jérôme et son épouse ont lancé un groupe de prière à la paroisse Saint-Leu, à Paris, le samedi soir à 20 heures Contact : veilleurs_st_leu@yahoo.fr
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1er mars 2006 2006 par
Dès l’enfance, Laurent fut marqué par la figure du Pape, vicaire du Christ sur la terre. Il confie pourquoi il répondra à l’invitation lancée par Benoît XVI à toutes les communautés nouvelles pour la Pentecôte 2006, dans la cité éternelle.
Je me revois, enfant, devant le téléviseur en noir et blanc, émerveillé de voir le pape Paul VI à Noël et à Pâques prononçant la bénédiction Urbi et Orbi. Un adulte m’avait dit : "Le Pape, c’est comme si c’était Jésus !" Cette parole a touché mon cœur au plus profond et y est toujours présente.
Plus tard, je découvris cet écrit du bon pape Jean XXIII : "Nous devons nous accoutumer à voir dans l’Église le Christ en personne. C’est le Christ, en effet, qui vit dans son Église, c’est Lui qui par elle enseigne, gouverne et communique la sainteté" (encyclique Mystici Corporis).
Puis vint l’élection de Jean Paul II avec, pour moi, un désir grandissant de partir en pèlerinage au cœur de l’Église à Rome. Je me souviens de cette atmosphère de joie, de fête, de cette foule bigarrée, chantant, dansant, attendant le passage du Saint-Père avec une fébrilité qui devait ressembler à celle de ces peuples de l’Évangile qui voulaient toucher le manteau de Jésus pour être guéris. Ce qui m’avait le plus saisi, c’est ce regard du Pape, attentif à chacun, repérant les plus fragiles, les malades : il se frayait un passage pour pouvoir les toucher, les bénir. Il a tracé sur mon front une croix. Je me suis senti bien pauvre de ne pouvoir lui dire qu’un simple "Merci" puis il est parti vers d’autres...
Quelques années plus tard, Jean Paul II rendait visite aux familles à Sainte-Anne-d’Auray. Nous sommes partis à sa rencontre, mon épouse Christel et moi-même avec deux de nos enfants atteints d’un handicap. Cette période était particulièrement difficile car nous prenions conscience de l’ampleur de la maladie de nos enfants. Il n’était pas prévu que nous puissions approcher le Pape. Bien qu’arrivés très en retard, nous nous sommes retrouvés au premier rang d’une foule immense. Comme par miracle, la papamobile s’est arrêtée devant nous et Jean Paul II a pris nos deux enfants malades dans ses bras. Le regard de cet homme, déjà souffrant et si compatissant, nous a profondément encouragés et renouvelés dans le désir de servir l’Église malgré l’épreuve que nous vivions. À notre retour, un prêtre nous dit, comme en écho à la parole reçue dans mon enfance : "C’est comme si c’était Jésus qui avait embrassé vos enfants !"
Il y a un an, déjà, le grand pape Jean Paul II retournait auprès du Seigneur. Me remémorant tous ces moments intenses, ses prises de parole, son témoignage de souffrance offerte jusqu’au bout de ses forces, je rends grâce pour ce père, ce roc que nous avons reçu.
Ces jours-ci, je participe à la préparation de la rencontre des communautés nouvelles à Rome pour la pentecôte, à laquelle la communauté de l’Emmanuel et ses amis sont conviés. J’éprouve une grande joie à encourager ceux qui m’entourent à faire ce pèlerinage sur le tombeau de l’apôtre Pierre et à témoigner que cette démarche a fait grandir en moi l’amour de l’Église et mon attachement au Christ. Cette invitation formulée par Benoît XVI dans les premiers jours de son pontificat est porteuse d’une immense espérance pour toute l’Église.
Nouveau pape, même Église bâtie sur Pierre ! Et je ne peux m’empêcher en le voyant proclamer à la terre entière que "Dieu est Amour" de repenser à cette parole de sainte Catherine de Sienne : "Le Pape, le doux Christ sur la terre !"
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6 avril 2006 2006 par
Gilles, marié depuis 12 ans, est père de quatre enfants. Il a rencontré Dieu dans la confession, il y a vingt ans.
Enfant, j’allais à la messe une fois par an, pour Noël, et je la suivais du fond de l’église avec ma famille. À la maison, j’entendais rarement prononcer le mot "Dieu".
À 17 ans, mon principal centre d’intérêt était la politique. Bien que je sois dans une école publique, mon professeur de français nous parlait souvent de Dieu. Selon lui, c’était le Créateur, et toute beauté dans le monde émanait de lui ; il donnait aux artistes la capacité de faire du beau et de sauver la misère par la beauté de leurs œuvres. Ces paroles provenant d’un ancien membre du parti communiste, m’ont profondément remis en question. Si cet homme, qui était allé jusqu’au bout de sa réflexion et de son engagement disait cela, alors Dieu devait exister !
L’Église est jeune, viens voir !
En école d’ingénieur, à l’occasion d’un cours d’anglais, nous avons étudié les Mormons, une secte issue du protestantisme. Interpellé par tous les phénomènes religieux, je participais plus que de coutume. Après le cours, un camarade de classe me demanda si je croyais en Dieu. En effet, je croyais bien en un dieu... Lui aussi, à la différence qu’il était catholique. J’étais surpris, car pour moi, les catholiques n’avaient rien de nouveau à annoncer : ils étaient vieux et bourgeois ! Par la suite, ce jeune homme me proposa de l’accompagner à une assemblée de prière : j’allais enfin voir des jeunes à l’Église, m’assurait-il. Je le suivis et découvris des personnes très authentiques dans leur manière de prier.
Un jour, ce même ami me demanda de le suivre à Paray-le-Monial. Pour me convaincre, il m’affirma : "Tu verras, c’est très chouette, il y a des jeunes !" Devant mon peu de répondant, il réitéra sa proposition. Nous étions en période d’examens, et mon excuse était toute trouvée : "Tu sais, je n’ai pas vraiment réussi les épreuves, je vais peut-être devoir réviser cet été..." Mais il insista et visa juste : "Tu peux bien donner quatre jours à Dieu !" Piqué au vif, je me décidai à le suivre à Paray-le-Monial.
Le premier contact avec ce lieu fut la messe. À l’heure de la communion, je me préparais, fort de mes lointains souvenirs, à me lever et aller communier. Mon ami resta assis. Afin de "suivre les coutumes", je fis de même. Cependant, je brûlai d’impatience de savoir pourquoi il ne s’était pas levé. Une fois la messe terminée, je lui demandai : "Pourquoi n’es-tu pas allé communier ?" Ses mots sont entrés dans mon cœur et y sont restés : "Ça fait longtemps que je ne me suis pas confessé. Je préfère ne pas recevoir l’Eucharistie."
Le Seigneur t’attend, sois sans crainte...
Le lendemain matin, le Seigneur continua son œuvre à travers la louange. J’étais fasciné par ces gens qui chantaient, tous ces prêtres qui louaient. Mais je souffrais intérieurement de me sentir comme derrière une vitre : tous étaient heureux et moi, je ne parvenais pas à louer. Le groupe de partage m’a aidé à prendre conscience que je me trouvais dans la ville même où Jésus avait révélé son amour, son pardon et sa miséricorde. On me conseilla de recevoir le sacrement de réconciliation. J’étais très inquiet car je ne m’étais jamais confessé depuis ma première communion. "C’est facile, me dit-on, il suffit d’aller voir un prêtre et de lui parler." Ainsi fut fait. Tel un bon décrassage, je confiais au prêtre tout ce qui remontait de mon cœur, ce qui était mauvais, sale et injuste. En sortant, j’étais libéré. Je le ressentais physiquement, mes épaules étaient déchargées d’un poids et je respirais mieux.
Aujourd’hui je peux avec joie citer ces paroles de sainte Thérèse lorsqu’elle s’émerveille de la Divine Miséricorde : "Moi, si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderai toujours la même confiance, car je sais bien que cette multitude d’offenses, n’est qu’une goutte d’eau, dans un brasier ardent."
Gilles
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4 mai 2006 2006 par
Philippe avait le dos douloureusement bloqué lorsqu’il fit la démarche de foi de se rendre à Lourdes avec son épouse et sa fille.
En décembre 2004, une hernie discale m’a cloué au lit pendant de longs mois. S’en est suivie une douleur dorsale permanente et de plus en plus épuisante. Le mois de mai arrivant, mon épouse devait se rendre à Lourdes pour la profession de foi de son filleul. J’avais très envie de l’accompagner pour plusieurs raisons. Évidemment pour être présent lors de cet événement familial mais aussi parce que je désirais retourner dans ce sanctuaire marial qui nous est extrêmement cher. Lors d’une précédente démarche de foi à Lourdes et après cinq ans d’attente, nous avions demandé la prière de Marie pour qu’il nous soit donné d’accueillir un enfant. Dix mois plus tard, notre fille venait au monde. Lourdes a toujours été pour nous un lieu béni et Marie nous a, dès lors, accompagnés au quotidien.
Le voyage se faisant imminent, mon médecin s’avérait formel et mon dos trop douloureux : je ne pouvais physiquement pas effectuer les six heures de train vers Lourdes. Toutefois, dans la prière, le Seigneur me redisait cette Parole : "Que deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux" (Matthieu 18, 19).
Comme un acte de foi, j’ai donc décidé de rejoindre ma famille à Lourdes par avion. Le séjour sur place fut douloureux et je devais prendre régulièrement des temps de repos, allongé. Mais nous avons tout de même pu passer une journée à la grotte et pour la seconde fois de ma vie, j’ai vécu la démarche de me plonger dans l’eau des piscines, selon le message de Marie. Ce temps fut très fort, ponctué par ma prière : "Je me présente nu devant toi pour que, par la prière de Marie, ta grâce m’inonde et me recouvre."
Dès le premier soir de notre retour, je rendais grâce à Dieu pour ce beau moment passé à Lourdes et ouvrant ma Bible durant ma prière, je relisais cette parole : "Partout où passe le torrent, tout être vivant qui y fourmille vivra, [...] car là où cette eau pénètre, elle assainit tout" (Ezékiel 47, 9). Sur le moment, je n’ai pas réalisé ce qui se passait. Ce n’est que deux jours plus tard, chez le médecin, que j’ai compris : il était surpris (et moi donc !) de constater que le nœud de blocage au niveau des lombaires avait disparu. Je n’étais plus "tordu" et je ne sentais plus aucune douleur.
J’ai commencé à comprendre que quelque chose s’était passé, que l’eau de la grotte m’avait assaini. N’étant pas spécialement "porté" sur les guérisons, j’ai d’abord douté de ce que le Seigneur avait pu faire pour moi. Je décidais de ne pas croire à cette hypothèse et demandais à Dieu de m’enlever cette idée de guérison qui me semblait prétentieuse. Dieu me donna alors de relire le passage suivant : Reconnaissance du miracle, "Béni soit le dieu de Shadrak, Méshak et Abed Nego qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs" (Daniel 3, 25).
J’ai vu dans cette Parole une réponse à ma rébellion. J’ai reconnu alors que Dieu pouvait intervenir et me délivrer de ce mal.
Nous sommes en 2006 et mon dos est toujours aussi souple. Je rends grâce à Dieu, par Marie, de cette grâce accordée. Je demeure encore aujourd’hui très interpellé par cette œuvre. Je demande à Marie de m’entraîner dans ce mystère de Miséricorde de son Fils.
Philippe
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5 juillet 2006 2006 par
C’est en lisant un article dans un quotidien de son pays, l’Algérie, au lendemain d’une catastrophe naturelle, qu’Augustin a commencé à découvrir le vrai visage de Dieu.
Je m’appelle Augustin depuis mon baptême catholique à Pâques 2005. Je suis originaire de Kabylie où vit ma famille. Né en 1972, à Draa-El-Mizan, j’ai fait des études d’électrotechnique, puis j’ai été enseignant. Durant l’hiver 2001, il y a eu de graves inondations à Bab-El-Oued, un quartier d’Alger. Cet événement douloureux a coûté la vie à sept cents personnes selon le bilan officiel. Pourtant le président algérien ne s’est rendu sur place que trois jours après la catastrophe... En arrivant sur les lieux avec sa délégation, il s’est adressé aux rescapés en ces termes : "Voilà qui est bien fait pour vous : c’est Dieu qui vous châtie." Le lendemain, un journaliste du quotidien francophone Le Matin lui a ainsi répondu : "Si Dieu répond au mal par le mal, quelle est la différence entre lui et moi ?" En lisant cet article, j’ai senti au plus profond de moi une grande joie, une sensation formidable : Dieu n’était pas celui qui “provoque des catastrophes et des maladies” dès que l’homme “s’égare”. Cela m’a rendu espoir et confiance en un Dieu que je ne connaissais pas réellement. Malgré ce drame terrible qui frappait mes compatriotes, de toute ma vie, je n’avais jamais été aussi joyeux.
De fait, aux yeux de beaucoup, j’étais athée. Moi-même je l’ai cru longtemps, ne manquant jamais une occasion de critiquer l’Islam. Pourtant, au fond de moi, j’étais profondément croyant. Mais j’étais déçu et triste : le visage de Dieu présenté par l’Islam m’avait fait perdre toute espérance. Il me fallait choisir un camp et le mien ne pouvait être celui de l’obscurantisme. Je désirais pour tout homme le respect et la liberté. N’ayant d’autre alternative en Algérie, ne pouvant pas connaître Jésus, le grain n’a pas germé, il n’a pas fait surface et il est resté enfoui.
En arrivant en France, début 2002, nous nous sommes retrouvés, un ami et moi, dans une paroisse parisienne. Nous avons rencontré le curé de cette église et avons discuté avec lui un long moment. C’était agréable et nous avons pris l’habitude de lui rendre visite souvent. L’accueil de cette paroisse m’a touché profondément. Je me sentais dans la maison de Dieu, portes grandes ouvertes à tous. C’est ainsi que par la suite nous avons assisté à des messes et lu les Évangiles. Cet environnement, devenu familier, m’a aidé à découvrir la miséricorde de Dieu pour chacun, son pardon et son plan d’amour pour sauver l’humanité tout entière. J’ai compris que l’article lu dans Le Matin était bel et bien un message de Jésus et qu’il m’était destiné. Au fur et à mesure, "la terre" a été travaillée, elle est devenue fertile, le grain a germé et a été irrigué avec l’eau de la Source intarissable.
J’ai définitivement enterré mon vieil habit et ai mis le nouveau “burnous” blanc cousu par notre Seigneur Jésus Christ en recevant le baptême lors de la vigile pascale de 2005, avant d’être confirmé à la Pentecôte. Aujourd’hui, je suis devenu fils du Dieu vivant, membre de la “Famille éternelle”. Amen !"
Augustin
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5 juillet 2006 2006 par
En quête d’amour qu’il ne trouvait pas chez sa mère, Bruno a sombré dans l’alcool et la débauche avant de retrouver une maman très aimante : Marie.
Par Bruno
Le propre de la vie, c’est d’abord l’amour. Si vous privez un enfant d’amour, vous le privez de son enfance, de son adolescence, de sa vie tout entière. Ma mère m’a toujours refusé cet amour. "Tu as gâché ma vie", me répétait-elle souvent, parce qu’en naissant un peu trop tôt, troisième de cinq enfants, je l’avais empêchée de devenir la première femme ingénieur de France. À chacun de ses anniversaires, elle me faisait comprendre que sa journée était gâchée... sans imaginer que la mienne pouvait l’être aussi (je suis né la veille de son anniversaire) ! Mon père, quant à lui, croyait profondément en un Dieu vengeur et “punisseur”, et contribuait à me rendre coupable. J’avais pourtant une foi immense, telle que peuvent en avoir les enfants. Mais cela n’a rien résolu. Abusé (sexuellement) par un proche, et culpabilisé par ma famille, j’ai trouvé refuge dans l’alcool. À 15 ans, ma vie était devenue un enfer.
Marié par dépit (j’ai divorcé un an et demi plus tard), je suis entré dans la vie des êtres qui manquent de Dieu et le remplacent par l’alcool et la débauche. À 40 ans, j’ai touché le fond. Debout sur la rambarde de mon balcon, au 5e étage, c’est la voix de mon fils qui m’a rattrapé. "Tu vas pas sauter, papa ?" À cet instant, Dieu m’a trouvé et j’ai ouvert mon cœur. En redescendant du balcon, je savais que j’avais trouvé une solution. Je ne savais pas pourquoi, ni comment, mais j’avais trouvé ! Ce fut le début de mon retour vers Dieu.
Peu après, j’ai fondu en larmes devant une icône (j’ai su plus tard qu’il s’agissait de Bruno, mon saint patron) et j’ai découvert la Vierge. En rencontrant un prêtre à l’abbaye de Sept-Fons, où l’on m’avait conseillé d’aller, j’ai réaffirmé mon amour pour la Vierge... mais pas pour le Christ, encore trop lointain. "Ça suffira pour l’instant", m’a répliqué le père, un peu amusé. Dieu s’appliquait alors à panser mes plaies. Quelques mois plus tard, toujours bourré de dettes et ne trouvant pas de solution pratique à mes problèmes, je me suis écroulé à genoux et j’ai demandé à Dieu de prendre ma vie en main. En échange, je ferais ce qu’il voudrait, je m’occuperais des gens. Dieu m’a donné un signe concret de son existence, et je l’ai mis en premier dans ma vie.
Dès lors, il s’est occupé de moi, et j’ai essayé de le lui rendre envers mon entourage et les "alcooliques anonymes" qui m’avaient aidé. Ma conversion a porté ses fruits dans mon entourage : mon père a appris à aimer Dieu avec foi et confiance. Quant à ma mère, elle n’a pas eu cette chance, et n’a jamais pu passer au-dessus de la rancœur qu’elle avait envers moi. À 40 ans, alors que je lui demandais de me prendre dans ses bras, elle a refusé par trois fois : "Je ne peux pas." Pourtant, à sa mort, je découvris que j’étais le seul de ses cinq enfants à me trouver en photo dans sa chambre, un lieu qu’elle affectionnait particulièrement.
Puis un jour, j’ai compris l’importance de m’ouvrir à l’Église, et j’ai rejoint la communauté de l’Emmanuel.
Aujourd’hui, j’aime la vie. J’aime ma vie, avec ses joies et ses difficultés. Mon bonheur est aussi celui de Dieu, car je sais comment il m’aime. Les quelques heures que je consacre chaque jour à lui dire merci ne seront jamais suffisantes pour témoigner la gratitude que j’ai envers ce cœur souffrant pour nous."
Bruno
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29 août 2006 2006 par
Jeune comédien en quête de sens, c’est sur les routes du monde qu’Alain découvre le Dieu vivant.
Il est assez surprenant de penser que l’aventurier de l’absolu que je suis devenu soit issu d’un milieu laïc, athée et franchement anticlérical. J’ai parcouru en effet toutes les régions de l’Inde et les sentiers himalayens, remontant le Nil jusqu’aux confins de l’Égypte et du Soudan. J’ai visité je ne sais combien de monastères, d’ashrams, de temples et de mosquées – depuis la Vendée jusqu’à la Sainte-Montagne de l’Athos – à la recherche de ce dieu inconnu que saint Paul est venu révéler aux Athéniens. N’ayant pas été baptisé dans mon enfance, je n’ai reçu aucune éducation religieuse. Mon âme était vierge de toute notion religieuse et, de ce fait, prête à accueillir le Dieu vivant.
Dieu peut changer les pierres les plus dures en fils d’Abraham ! Ma conversion commence à la fin des années 70, dernier acte du mouvement hippie, lorsque la drogue et le rock and roll laissent place à la désillusion. Jeune comédien, pur produit du nihilisme occidental, j’éprouvais des difficultés à donner du sens à ma vie. Un beau jour, à la suite d’une rencontre avec un ermite, je décide d’arrêter le théâtre et d’entreprendre un long voyage. Je quitte tout et pars sur la trace des soufis en Égypte, des yogis en Inde et des moines du mont Athos.
De l’Orient le plus extrême à l’Occident le plus proche, je fais de nombreuses rencontres spirituelles. C’est un voyage à travers le monde et ses enchantements, de la beauté des paysages de montagne – Annapurna, Sinaï ou Athos – aux beautés intérieures. Car il s’agit surtout d’une odyssée à travers les spiritualités : indienne, orthodoxe, catholique. Sur les traces des semences déposées dans le monde par le Logos, un Visage peu à peu s’est manifesté à moi : celui du Christ-Jésus. Les maîtres hindous m’ont arraché au matérialisme en me dévoilant la présence d’immensité du divin. Les soufis m’ont montré la transcendance d’un Dieu personnel, les starets du mont Athos – où j’ai mené la vie monastique – m’ont enseigné l’art de la prière du cœur, mais ce seront d’humbles laïcs catholiques, membres de la communauté de l’Emmanuel, qui me révéleront le Dieu d’amour. J’ai finalement demandé le baptême et, par une triple immersion dans le cloître de l’abbaye bénédictine d’En-Calcat, en la nuit de Pâques 1989, j’ai été incorporé à l’Église au moment où un autre mur s’effondrait.
Ma conversion plénière au catholicisme a eu lieu, notamment, grâce à mes deux années passées au séminaire diocésain de la Castille, où j’ai pu discerner que ma vocation était l’évangélisation de la culture. Cette découverte m’a conduit à écrire un livre dans lequel je raconte l’histoire de ma conversion. La foi ne consiste pas à gravir des Himalaya spirituels mais à se laisser aimer gratuitement. Alain
Alain Durel, La quête.
Récit d’un aventurier de l’absolu, Presses de la Renaissance, 2006.
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2 octobre 2006 2006 par
Comment faire pour trouver Dieu sans rien changer à sa vie ? À 35 ans, Ramzi, Libanais d’origine, relève le défi.
J‘ai été baptisé à la naissance mais je n’ai jamais beaucoup pratiqué : j’allais parfois à la messe pour rencontrer du monde et soulager ma conscience mais je n’avais aucune relation avec Dieu.
Quand j’étais jeune, je cherchais le bonheur dans les sensations fortes : snowboard, parapente, parachute… Ensuite, j’ai fait des études d’ingénieur et j’ai travaillé dur pour avoir une position, de l’argent. Je faisais ce que la société prescrit pour être heureux : avoir un bon poste, un bon salaire, voyager… À 30 ans, je trouvais ma vie super. Puis, j’ai été muté en France, à Marseille.
Un dimanche, à la fin de la messe, une jeune fille a proposé un week-end de kayak. C’était l’occasion de connaître du monde. Pour la première fois, j’y ai vu des gens louer Dieu, ouvrir la Bible… J’ai pensé "c’est quoi cette secte ?" Il y avait entre ces jeunes de la joie comme je n’en avais jamais vue. Alors, par curiosité, je les ai accompagnés à des groupes de prière, puis en retraite. Belle occasion de rencontrer encore plus de monde ! Au retour, tous témoignaient en disant : "Je suis parti avec un souci et je reviens tranquille", ça m’étonnait. J’ai pris le micro et dit : "Jusqu’ici je n’avais aucun problème, et maintenant je ne comprends plus rien !" Un prêtre m’avait confié : "Si tu cherches Dieu de tout ton cœur, tu le trouveras." J’ai médité cette phrase et fait comme un pari. Je me suis dit : certes, je n’arrive pas à prouver l’inexistence de Dieu. Mais s’il existe et que je ne le cherche pas, quand je le rencontrerai, à ma mort, je ne pourrai que lui dire : "J’ai travaillé, voyagé et n’ai pas pris le temps de te chercher." Mais si je le cherche, je pourrai le regarder dans les yeux et dire : "J’ai cherché, j’ai pas trouvé !" J’ai demandé à un prêtre : "Que dois-je faire pour trouver Dieu, sans rien changer à ma vie ?" Il m’a expliqué que je devais redevenir comme un enfant : faire les choses sans forcément les comprendre mais dans la confiance. J’ai décidé de prier dix minutes par jour, de lire la Bible, d’aller à la messe chaque semaine et de me confesser tous les quinze jours. Je disais à Dieu : "Si tu existes, sache que je te cherche de tout mon cœur."
Après huit mois, je suis retourné à Paray-le-Monial. Et là, devant le Saint Sacrement, j’ai fait l’expérience de l’amour de Dieu. Je pleurais de joie ! Je n’avais plus de doute : Dieu existait et je devais reconsidérer ma vie en conséquence. Je suis tombé amoureux de l’Église, prier est devenu un plaisir. Rapidement, j’ai compris que je manquais de connaissances pour parler de Dieu. J’avais besoin d’être convainquant autant que j’étais convaincu. On m’a parlé d’une école d’évangélisation à Rome [1] : prendre une année pour se former. J’ai pris le risque de demander une année sabbatique à mon entreprise. Cela s’est fait facilement contrairement à ce que je craignais. Cela a été l’année la plus riche de ma vie. Aujourd’hui, je n’espère qu’une chose : me rapprocher encore plus de Dieu.
Ramzi
[1] Emmanuel School of Mission. http://www.esm-rome.com
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2 novembre 2006 2006 par
Médecin neuropsychiatre, le docteur Assailly a très bien connu Marthe Robin. Elle fut pour lui, bien plus qu’un cas clinique : une amie.
Docteur Assailly
Les stigmates de Marthe ne me sont apparus que partiellement les premières fois que je les ai vus en octobre 1949. Mais ce n’est qu’en 1953 que le père Finet me demanda d’examiner Marthe. Il lui mit sur les yeux une serviette et me donna une lampe torche. En fait de “couronne d’épines”, Marthe avait plutôt un “bonnet d’épines”, car, si le front présentait des marques, elle avait également du sang dans sa chevelure et jusqu’à la nuque. Mon attention fut surtout attirée par une tâche de sang importante au niveau de la région sous mammaire gauche. J’ai eu quelques difficultés à décoller la chemise d’une plaie béante de 5 à 6 centimètres dont la chaleur irradiante me surprit alors que le reste du corps avait une température normale. Ses mains ne saignaient pas quand je l’ai examinée. Quant à ses pieds, je ne les ai pas vus, car ses jambes recroquevillées sous elle étaient prises dans sa chemise et je n’ai pas voulu insister.
Marthe reçut donc les stigmates au début d’octobre 1930, mais elle vivait douloureusement la Passion depuis cinq ans. Les “passions” de Marthe ont été l’objet de nombreux récits. Je n’ai, quant à moi, assisté qu’à un portement de croix, un vendredi matin, mais qui m’a laissé des impressions si fortes que j’arrive difficilement à les exprimer. Nous étions quatre près de son divan. Si j’avais eu un doute quelconque sur la moindre comédie possible, de la part d’une hystérie éventuelle, il se serait dissipé aussitôt. Quelle réserve, mais quelle profondeur et quelle vérité dans les efforts, les soupirs, le harassement sous le poids de la croix et des péchés du monde ! Les gémissements eux-mêmes étaient comme étouffés et le corps de Marthe presque immobile. Au bout d’un certain temps, les plaintes diminuèrent d’intensité.
Cinquante ans sans dormir
L’inédie (in edere : ne pas manger) fut particulièrement prononcée chez Marthe, puisqu’elle vécut d’une hostie par semaine ou de deux très occasionnellement de novembre 1931 à février 1981, c’est-à-dire pendant cinquante ans ! Elle manifesta plusieurs fois le regret de ne pouvoir boire de lait de ses vaches, mais, comme on l’a vu, tout liquide que l’on tentait de lui donner ressortait immédiatement par les narines. Pendant cinquante ans encore, de novembre 1931 à sa mort en février 1981, Marthe ne dormit plus du tout. J’ai d’abord pensé qu’elle dormait par petites fractions sans trop s’en rendre compte, mais le père Finet, s’appuyant sur les confidences de sa dirigée, me dit qu’il n’en était rien. Alors, j’ai pensé que ses extases assez longues lui tenaient lieu de sommeil, mais le père avait constaté qu’elles constituaient au contraire des phases d’hyperactivité cérébrale. Il est probable que le virus neurotrope qui toucha le cerveau de Marthe, détruisit certains noyaux de la base dont ceux du sommeil, mais comment ne pas s’étonner de la perspicacité qu’elle présenta envers plus de cent mille visiteurs ?
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1er décembre 2006 2006 par
Après avoir monté un trafic international de drogue et en avoir vécu pendant dix ans, Daniel se retrouve en prison. Il y rencontre Dieu par l’intermédiaire d’un codétenu...
Je viens de l’enfer, d’un endroit terrible qu’on appelle la prison. C’est une machine à broyer les hommes. Bien sûr, on peut penser qu’ils l’ont mérité puisqu’ils ont fait du mal. Mais ils ne méritent pas de ne pas connaître Jésus. Moi-même, je ne le connaissais pas quand je suis arrivé en prison : j’avais fait les pires choses. Je travaillais dans la maison de “l’autre”, de l’ennemi. Je vivais pour l’argent, pour le plaisir, pour les femmes. J’ai monté un trafic de drogue et je me sentais fort parce que je ne me faisais pas prendre. Au départ, j’ai commencé par vendre du shit : j’avais vraiment la bosse du commerce. Au bout de dix ans, je suis devenu trafiquant international de stupéfiant. J’ai apporté le malheur partout où je passais. Je vendais la mort.
Je vivais alors avec une femme. On s’aimait, on ne se droguait pas, mais avec le temps, tout s’est dégradé. Elle est devenue dépressive et elle a craqué parce que j’avais une autre femme en Thaïlande. Un jour, elle m’a “balancé”. Alors que, de retour d’Inde, j’avais pris place dans un taxi à l’aéroport, les flics m’ont arrêté. Je me croyais si malin que je n’imaginais pas que cela puisse être possible !
En prison, j’étais tellement en manque que je ne pouvais plus dormir. J’étais obsédé par la drogue et je pensais au suicide. Mais je suis tombé dans une cellule avec un gars qui priait. J’avais été baptisé. Je croyais en Dieu mais ce n’était pas un Dieu pour moi puisque j’avais fait tout le contraire de ce qu’il me demandait. Un jour, ce gars m’a proposé de venir à l’aumônerie avec lui. J’ai décidé d’aller à la messe, pour voir. En entrant dans la chapelle, j’ai vraiment senti la présence de Dieu. J’ai voulu repartir mais je ne pouvais pas parce que c’était fermé. Je suis resté là, craintif. Quand j’ai lu cette parole, “Venez à moi, vous tous qui peinez, je vous donnerai le repos”, je me suis mis à croire. J’étais en paix. Dieu m’aimait et ça faisait du bien.
Quelque temps plus tard, le prêtre nous a demandé qui souhaiterait devenir son auxiliaire d’aumônerie. J’ai dit au Seigneur : “Si tu veux que ce soit moi, t’as qu’à demander au prêtre de venir me le demander.” Et il est venu. Mais un trafiquant de drogue auxiliaire d’aumônerie, ça ne s’est jamais vu en prison, de peur que celui-ci en profite pour “refiler de la came”. Il a donc fallu demander au directeur de la prison, à la directrice de mon quartier, au chef de la détention puis au juge d’instruction. Curieusement, toutes les portes se sont ouvertes. Je n’ai jamais été aussi heureux. À l’aumônerie, j’étais comme dans ce jardin que sainte Thérèse de Lisieux m’avait montré en songe, où je me promenais librement.
Je me suis alors rendu compte à quel point Dieu m’aimait, j’ai fait des efforts pour lui. Je suis devenu son enfant de chœur. Je tenais le sang du Christ à côté du père. Je me suis mis à prier, à aider les autres détenus. Je leur apportais parfois une Bible, une image, une médaille, ou encore des lettres. Pendant quatre ans, j’ai eu l’enseignement du père et j’ai ainsi compris à quel point Dieu m’aimait. Jésus m’avait relevé.
Depuis sa sortie de prison, Daniel est engagé dans les fraternités du Bon Larron, qui viennent en aide aux prisonniers.
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2 janvier 2007 2007 par
Issu d’une famille catholique, Fernando touche le désespoir au point de vouloir mettre fin à ses jours. La vie de ce jeune portugais se transforme lorsqu’il rencontre le Christ, au cours d’une veillée d’adoration.
Tout a commencé en 1989. La vie ne me comblait pas. Je recherchais quelque chose que je n’arrivais pas à trouver dans l’environnement où j’étais. En 1990, j’ai obtenu mon diplôme d’Ingénieur mécanique. Je rêvais de trouver un bon travail, de gagner autant d’argent que possible pour montrer ma réussite à ma famille. J’ai eu la chance d’obtenir un très bon poste dans une compagnie américaine. Je m’y suis donné corps et âme.
Puis j’ai pensé à demander ma fiancée en mariage. Elle en fut très heureuse. Mais jour après jour, je me sentais de plus en plus vide. La situation empirait tellement qu’un mois avant le mariage, j’ai annoncé à ma fiancée que je ne l’épouserai pas. Mes parents ont immédiatement essayé de m’aider. Les médecin, psychologue et psychiatre que j’ai consultés n’ont rien pu faire pour moi. Je cherchais une porte de sortie qui m’a conduit à voir des voyants qui pratiquaient la magie noire. Rien ne m’apportait la paix, l’espoir et le bonheur que je cherchais.
Deux longues années sont passées jusqu’au jour où j’ai décidé de mettre un terme à ma vie avec un pistolet. J’étais prêt à tirer quand ma mère, qui m’a surpris, s’est mise à genoux en pleurant : “Mon fils, donne une chance à Dieu !” J’ai immédiatement répondu que Dieu n’existait pas. À son arrivée, mon père m’a lancé : “Si tu veux te tuer, tu le feras lundi prochain”. J’ai été tellement choqué par cette réaction que je lui ai donné le pistolet. Pourquoi lundi prochain ? “Parce que cette semaine tu dois conduire ta mère à l’église pour un cycle sur l’effusion de l’esprit. Comme elle ne conduit pas, tu feras cela pour elle.” J’ai toujours eu un profond respect envers mon père. J’ai obéi.
Cette session organisée par le Renouveau charismatique s’est déroulée sur une semaine. Le premier soir (lundi), par curiosité, j’ai jeté un coup d’œil à l’intérieur de la chapelle. Un groupe de types chantait en levant les bras. J’ai confirmé ma théorie : “Ces personnes sont malades !” Les autres jours, j’attendais dans la voiture. Mais un soir, comme la messe tardait à finir, je suis allé chercher ma mère dans la chapelle. À mon arrivée, le prêtre annonçait pour le lendemain : “Nous demanderons à l’Esprit Saint de venir nous renouveler et nous donner une vie nouvelle”. J’ai médité ces paroles. Vendredi soir, j’ai décidé de m’asseoir au premier rang, dans une attitude provocatrice envers Dieu. Je lui disais : “Si tu existes, tu devrais me le montrer parce que je ne crois pas en toi.”
Avant la messe quelqu’un a annoncé qu’une demi-heure d’”adoration” aurait lieu. Quand le prêtre a soulevé et déplacé l’ostensoir, je suis resté assis et j’ai senti mon corps lourd, au point que je ne pouvais plus supporter mon propre poids. Je me suis trouvé à terre, regardant le Santissimo.
Je n’arrivais plus à bouger mais juste à Le regarder
La seule chose dont je me souvienne est que Jésus est venu chez moi et m’a tenu dans ses bras en me disant, “Je t’aime comme tu es. Je veux que tu saches que je suis vivant et je veux que tu donnes ce témoignage.” J’étais avec Lui. J’ai senti son amour et son pardon. C’était un tel choc d’amour que je ne pouvais pas tout recevoir d’un seul coup. Ma vie a changé. Depuis lors, je me suis impliqué dans le Renouveau charismatique et j’ai décidé de devenir l’ami du Christ, de le servir et de m’abandonner à sa volonté sainte. En avril 1994, j’ai épousé ma fiancée. Avec nos trois enfants, nous avons adopté la Sainte Famille comme modèle. Aujourd’hui nous vivons pour Lui, avec Lui et en Lui, partout dans le monde en raison de mon travail. Nous croyons toujours que là où nous allons, c’est Jésus qui nous envoie en mission et que mon travail est un moyen pour nous déplacer.”
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5 février 2007 2007 par
Frédéric et Patricia sont mariés depuis dix-huit ans et parents de trois enfants. C’est aux États-Unis que ce couple du sud de la France a retrouvé le chemin de la foi.
Frédéric : Pour moi, tout a commencé en 1996, lorsque j’ai accompagné mon père qui souffrait d’un cancer. Un soir, alors qu’il était pris d’une forte angoisse, il a demandé à ma mère de lui donner sa médaille de la Vierge Marie. Dès cet instant il s’est apaisé, ceci m’a questionné.
Patricia : De mon côté, j’ai rejoint le mouvement scout à l’âge de 12 ans. Ensuite, au collège et au lycée, je fréquentais l’aumônerie. Mais quand Frédéric a “débarqué” dans ma vie, j’ai tout laissé tomber ! Puis nous nous sommes mariés et avons eu nos deux premiers enfants, Jérémie et Blandine.
F. : En 1997, j’ai obtenu un poste d’enseignant à l’école française de Denver (USA) et Patricia a travaillé à mes côtés comme aide-maternelle. P. : Peu après notre arrivée, une enseignante nous a informés de l’existence d’une messe en français. Nous y sommes allés principalement pour rencontrer d’autres francophones. Mais au fil des dimanches, nous nous sentions remplis de joie et de paix.
F. : En 1999, nous avions une élève dont les parents étaient membres d’une commu-nauté nouvelle. Lors d’une rencontre parents-professeurs, après avoir parlé de leur enfant, nous leur avons posé de nombreuses questions. Ils nous ont invités chez eux et nous avons pris l’habitude d’aller dans leur communauté chaque week-end. Face à nos demandes et à notre inculture chrétienne, un frère nous accueillait afin de nous re-catéchiser.
P. : Personnellement, j’ai été très touchée par cette famille venue de France pour implanter cette communauté aux États-Unis. Elle vivait dans un réel esprit d’abandon à la Providence.
F. : De mon côté, je pensais jusqu’alors que, dans l’Église, seuls les prêtres et les religieux avaient leur place. J’ai donc découvert grâce à eux que, moi aussi, en tant que père, j’avais un rôle à y jouer. À la même période, se déroulait le pèlerinage de Jean Paul II en Terre Sainte. Voir un homme si brillant se livrer avec autant d’intensité à la prière m’a bouleversé. Face à tant d’interpellations, mes certitudes antérieures ont commencé à se fissurer.
P. : C’est alors que la communauté nous a proposé de recevoir le sacrement de la réconciliation. Cela a été un coup de tonnerre dans notre vie ! Nous avons eu l’impression de voir le monde pour la première fois. Nos priorités ont complètement changé.
F. : Dans notre vie personnelle, de couple et de famille, il existe un avant et un après mai 2000. Ceci s’est manifesté concrè-tement lorsque notre fils m’a dit : “Je préfère le papa de maintenant !”
P. : Depuis Denver, nous avons été guidés par une main bienveillante. Face à cette surabondance d’amour reçue à travers notre rencontre avec le Seigneur, nous avons voulu en redonner. Nous avons donc décidé de devenir parents une troisième fois et Élise est née !
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28 février 2007 2007 par
Il n’avait pas mis les pieds dans une église depuis sa première communion et connut les affres de la voyance. Encouragé par une amie catéchiste, William va se confesser... Et fait la rencontre de sa vie !
En 1996, au chômage, le goût pour l’ésotérisme de ma compagne d’alors m’a poussé à chercher un emploi dans le domaine de la voyance. Ce qui fut fait dès le premier jour de mes recherches, et cela dura 6 ans ! J’ai commencé cette activité avec le souci sincère d’aider des personnes en difficulté. La voyance “par téléphone” était alors très à la mode. Bien sûr, le but de mon patron n’était pas du tout philanthropique... Il fallait fidéliser le client pour que le chiffre d’affaires augmente ! L’orgueil était la “matière première” qu’il fallait flatter. Une fois bien “gonflé”, il permettait de suggérer des solutions faisant appel à des “forces supérieures” (occultisme, magie). L’un des scenarii les plus fréquents était l’invention d’un ennemi, du genre marabout, dont il fallait combattre les actes magiques. Certains clients s’endettaient pour pouvoir payer... J’avais le sentiment, parfois, de ne plus être le même, mais les gains étaient motivants, et je croyais vraiment aider les personnes. Peu à peu, je me suis retrouvé prisonnier, voire esclave de cette activité. Puis, pour des raisons juridiques, le cabinet ferma.
Lorsque ma fille eut l’âge de l’initiation à la foi, je l’inscris au catéchisme. À la fin de l’année scolaire, je fus sollicité par mon ancien patron du cabinet de voyance. Il me proposait de prendre la direction d’un nouveau cabinet qu’il créait en Suisse. Je n’ai pas voulu lui donner ma réponse immédiatement car même si financièrement cela était très attrayant, la paix retrouvée depuis l’arrêt de cette activité me semblait plus précieuse que l’argent. Le lendemain, avait lieu la fête de fin d’année du catéchisme. Comme je ne connaissais personne à qui parler de mon dilemme, je décidai de me confier à l’une des catéchistes présentes. Sa réponse fut prompte et son index prit le mouvement d’un métronome : “Tu dois refuser !”, m’affirma-t-elle. Et d’ajouter : “Il faut que tu ailles te confesser !” Sans vraiment comprendre pourquoi, j’y suis allé, alors que je n’étais pas entré dans une église depuis ma première communion.
Lors de cette première confession, j’ai pris conscience que comme voyant, j’avais été idolâtre en me substituant à Dieu. Deux mois après, je découvrais Paray-le-Monial et devant les reliques de sainte Marguerite-Marie, je fis l’expérience d’un “cœur à cœur” avec Jésus. Je reçus alors la grâce de pardonner à tous ceux et celles qui m’avaient blessé et je fus libéré d’un grand poids. La source des grâces ne s’est pas tarie depuis. À la Toussaint 2004, j’ai remporté le concours photo organisé par ma paroisse. Puis survint un souci de santé. À la clinique, on a plus de temps pour réfléchir et prier. L’Esprit Saint me souffla de concilier mon art et ma foi : peindre une série de portraits destinés à montrer la foi au travers de regards et d’expressions. L’exposition qui suivit me rapporta quelques commandes, entre autres celle d’un évêque...
À suivre !
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3 avril 2007 2007 par
C’est plus fort que moi, j’ai besoin de preuves. La preuve d’une idée ne va pas sans épreuve. (...) Croire en Dieu n’est pas une chose absolument anormale et pourtant la seconde après, quand je pense à l’au-delà, à Dieu, j’ai des doutes et il me faut des preuves. (...)
Par Jean Guitton
Je crois en Dieu parce que j’ai du mal à y croire ! Si je n’avais aucun mal à y croire, je crois que je n’y croirais pas. Si Dieu était facile, il serait à portée de main, il ne serait pas transcendant et il ne serait pas Dieu.
Mais si Dieu est Dieu, il y a une disproportion entre lui et nous. Rien d’étonnant à ce que, pour l’apercevoir, nous devions nous dresser sur la pointe de l’esprit. (...) Descartes a écrit dans les Règles pour la Direction de l’Esprit : “Je doute donc Dieu est.” Dubito, ergo Deus est. Je dis la même chose, à ma façon. (...) Je vous propose de distinguer deux mots que l’on confond souvent : Absolu et Dieu. Ces deux mots désignent une réalité identique ; ils évoquent deux idées différentes. Le terme d’Absolu présente à notre pensée l’Origine radicale, le Principe fondamental de l’être et de l’esprit, l’absolument premier, celui qui demeure éternellement, impérissable et sans origine, l’Être dont la vie porte toutes choses. Rien de plus, même si ce n’est pas peu. Pourtant l’idée de Dieu est encore plus riche. Elle inclut tout ce qu’on a dit de l’Absolu et quelque chose en plus. C’est l’Absolu comme Quelqu’un. Un Être pensant, voulant, aimant. Dieu c’est quelqu’un qu’on peut prier.
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27 avril 2007 2007 par
Mariés depuis huit ans, Franck et Béatrice souffraient de ne pas devenir parents. Dans la foi, ils étaient sûrs que Dieu exaucerait leur prière...
Nous nous sommes mariés le 29 août 1998. Nous savions à ce moment-là que probablement nous connaîtrions des difficultés à donner la vie. Pourtant, le désir d’enfant s’est fait ressentir de plus en plus fortement. Nous avons décidé de demander à Dieu de devenir parents, sûrs d’être exaucés.
Nous voilà lancés dans le très douloureux parcours des examens médicaux, des diagnostics, des espoirs et des déceptions. Dans le même temps, issus tous deux de familles protestantes, nous rejoignions l’Église catholique. Nous avons cherché à savoir ce qu’elle disait en matière de procréation médicalement assistée. Une fois informés, nous avons expliqué au médecin que nous n’accepterions ni réduction embryonnaire, ni insémination artificielle, ni fécondation in vitro, etc. Il ne nous a pas vraiment pris au sérieux mais a accepté de continuer à nous prendre en charge.
Malgré les moments de doute, les révoltes, la douleur, nous gardions une paix profonde. Nous avions compris que l’Église est une mère qui protège ses enfants et étions résolus à nous laisser faire. Au bout d’un an et demi, épuisés, nous avons décidé d’arrêter les traitements. Puis nous sommes allés à un week-end organisé pour les couples sans enfants. À la suite de cela, nous avons reçu le sacrement des malades. Deux ans ont encore passé. Les familles de nos frères et sœurs et de nos amis commençaient à s’agrandir. C’était dur pour nous. Nous étions pourtant sûrs que Dieu entendait nos prières, mais ce long temps d’attente devenait de plus en plus douloureux. Un ami prêtre nous a emmenés à Chateauneuf-de-Galaure pour confier notre intention à Marthe Robin. C’était au mois d’août 2004. Nous n’avions pas encore expérimenté l’intercession des “saints”. Cette démarche nous posait question : quelle en serait l’efficacité ? Trois jours après, la réponse venait de façon surprenante. Béatrice “entendait” dans son cœur : "Il faut reprendre les traitements."
Nous sommes donc allés consulter un autre médecin, à qui nous avons expliqué notre démarche. Elle nous a écoutés avec beaucoup de respect et nous a dit qu’il nous faudrait juste être patients.
Les traitements ont recommencé en janvier 2005. L’été suivant, nous avons participé à une session à Paray-le-Monial avec quatre familles amies. Nous avions le vertige devant le nombre de bébés, de poussettes, de voitures familiales… et nos bras vides. L’avant-dernier jour de la session, nous nous sommes éclipsés rapidement après l’Eucharistie pour vaquer à notre service. Un peu plus tard, nos amis nous ont appris qu’une parole de connaissance [1] avait été dite à la fin de la messe concernant un couple sans enfant que le Seigneur venait visiter : il reviendrait l’année suivante rendre grâce, un bébé dans les bras. Nous avons su que nous attendions un bébé en octobre et notre Jeanne-Marie est née le 22 juin 2006. Gloire à Dieu, il est bon et fidèle.
[1] Connaissance que l’Esprit Saint peut donner à une personne de l’action que Dieu est en train d’opérer dans l’assemblée
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6 juin 2007 2007 par
C’est au coeur de la nuit, alors qu’il cherchait à se détruire dans la drogue, qu’Henry a rencontré Dieu. Dans la douceur, le Seigneur l’a désarmé.
Je suis d’origine ivoirienne dans une famille catholique. À l’âge de sept ans, j’ai perdu mon père. Si cet événement ne m’a pas bouleversé sur le moment, arrivé à l’adolescence, j’accusais Dieu de me l’avoir enlevé. Dès cet instant, j’ai juré de combattre toute ma vie contre ce Dieu auteur de la souffrance. Je fis alors tout ce qui, selon moi, pouvait lui nuire : le mal aux autres et la destruction de l’être qu’il avait créé. J’ai commencé à fumer 4 paquets de cigarettes par jour, à me droguer (coke, crack, ecstasy), et à avoir des relations affectives désordonnées. Les tentatives de suicides se succédaient. Je me détruisais, content de briser le cœur de Dieu. Pourtant, plus j’avançais dans cette voie, plus le violent cri d’être heureux grandissait.
Un jour, malgré mes résistances, ma mère parvint à m’emmener à un groupe de prière. C’est en sortant de la voiture que j’ai senti un premier désarmement : ces personnes me saluaient et me souriaient avec tendresse. J’ai eu la forte impression de me sentir aimé.
De loin, j’entendis ma mère m’inscrire au Forum des jeunes de Paray-le-Monial. Ne supportant pas qu’elle prenne des décisions à ma place, je demandai au responsable s’il trouvait cela juste. Très sereinement, il me répondit que “non”. Quelques heures après, dans un bar, je lui déballai toute ma souffrance. Deuxième désarmement : pour la première fois, quelqu’un m’écoutait et me comprenait. Le lendemain, je le retrouvai pour parler. Il me fit écouter un chant qui déchira mon cœur : "Plus près de toi mon Dieu". On y parlait du repos, du bonheur, de l’amour. Et visiblement, Dieu en était l’auteur. J’écoutai le CD en chantant les chants, louant et bénissant quelqu’un que je n’aimais pas.
Le troisième désarmement ne tarda pas. Un jour, ce frère de communauté me fit la proposition de prier pour moi avec d’autres frères. C’était effrayant, et en même temps, j’en crevais d’envie. Nous étions tous à genoux sur le sol de la chapelle, moi au-devant, en face du tabernacle, et eux la main sur mes épaules. Leur chant "Ne crains pas, je t’ai racheté" s’élevait dans la chapelle. Je restais indifférent, et cela m’énervait presque. Jusqu’à ce qu’un frère reçoive dans son cœur une parole qui disait : "Jésus veut reposer physiquement sur ton cœur, et voudrait que tu reposes sur le sien". Sortant alors le Saint Sacrement du tabernacle, ils le déposèrent dans mes mains. "Tu peux le serrer contre ton cœur, c’est Jésus que tu tiens." J’ai alors senti physiquement à l’intérieur de moi des verrous éclater, et tout le mystère d’amour de Dieu m’envahir. J’entendis de manière mystérieuse dans mon cœur : "Tu es mon fils bien-aimé. Je t’aime. Bienvenue." À cet instant même, je compris que Dieu seul suffisait, et que mon cœur était vraiment sans repos s’il ne demeurait pas en lui. Cela fait bientôt 6 ans que j’essaie d’accueillir Dieu comme mon tout.
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2 juillet 2007 2007 par
Michèle, 65 ans, ne fréquentait plus l’Église depuis plus de 30 ans. Un soir de l’automne dernier, Dieu l’a rejointe... par son talon !
L’automne dernier, ma fille m’a invitée à me rendre dans une église afin de participer à une prière d’intercession pour les malades. Depuis de longs mois, je souffrais beaucoup d’une tendinite au pied droit. Debout, j’étais obligée de me tenir avec une canne, ne pouvant poser mon pied par terre. Malgré ma fatigue, j’ai répondu à cette invitation. J’étais pourtant alors assez loin de l’Église. Élevée chez des religieuses de 6 à 20 ans, j’y ai reçu une éducation chrétienne assez sévère. Très choquée par le comportement d’un représentant de Dieu, j’ai perdu la foi à l’âge de 30 ans. À partir de ce moment-là, l’Église et la prière sont sorties de ma vie. J’ai même cessé de porter ma médaille de baptême. Née alors que j’avais 20 ans, ma fille a elle aussi été élevée chez les religieuses. Enfant, elle priait tous les soirs et souvent, elle dormait avec son chapelet. Je trouvais sa foi très belle. Très soucieuse de la respecter, je ne lui ai rien transmis de mes doutes et de ma révolte.
En arrivant dans l’église où ma fille m’avait conviée, je n’ai pas très bien compris ce qui s’y passait mais l’atmosphère de très grande ferveur qui régnait m’a saisie. Quand le Saint-Sacrement passait dans les rangs, les personnes priaient avec une foi profonde. De mon côté, par respect, je baissais la tête et n’osais plus la relever. C’est alors que de très nombreuses guérisons ont été annoncées. Cela m’a beaucoup troublée.
Une fois la cérémonie terminée, ma fille me rejoint, me tape sur l’épaule et, instinctivement, je pose mon pied par terre pour me retourner. Ma fille m’embrasse. Constatant que j’avais posé mon pied sans aucune douleur, je la regarde et lui dis... "Une dame a annoncé : “Le Seigneur va guérir une personne qui a très mal au talon.“ » Je pose de nouveau mon pied et je me tourne vers ma fille dans un grand sourire : "Je crois que c’est moi ! Je n’ai plus mal !"
Depuis ce jour, j’ai retrouvé la foi de mon enfance . Quand cet événement s’est produit, j’ai pensé : "Oui, vraiment, il y a quelqu’un là-haut. C’est un signe. Dieu m’invite à reprendre le chemin qu’il nous indique." Je voulais “retrouver la lumière”. Un mois après, je suis allée rencontrer le prêtre qui anime ces prières d’intercession avec une équipe de laïcs. Il m"a demandé si je voulais bien en témoigner en public. J’ai accepté tout en lui précisant que je souhaitais me confesser avant. Je n"avais pas reçu ce sacrement depuis plus de 30 ans ! Aujourd"hui, dans mon entourage, on ne comprend pas toujours ce qui m’est arrivé. Certains, même, se moquent de moi. Mais je tiens à témoigner de ce que j’ai vécu car je suis convaincue que cela peut aider certains à croire en l’existence de Dieu.
Atteinte d’autres maladies très douloureuses, je peux maintenant offrir mes souffrances à Dieu en union avec le Christ pour d’autres qui ne le connaissent pas.
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6 septembre 2007 2007 par
Christophe courait en tous sens à la recherche d’une raison de vivre. Après une tentative de suicide, il s’est retrouvé en fauteuil roulant... Puis, de rencontre en rencontre, il s’est laissé rejoindre par l’amour de Dieu.
À 10 ans, ma mère m’apprit que celui que je croyais être mon père ne l’était pas... Cet homme m’élevait à coups de ceinture. À l’école, je croyais pouvoir m’imposer aussi par la violence. Mais d’échec en renvois, je fus placé en foyer.
À 16 ans, j’ai fumé ma première cigarette et ai fui dans l’alcool.
À 17 ans, j’ai fumé mon premier joint, pris des acides. Je me suis mis à voler. J’ai été expulsé de Suisse.
À 20 ans, à l’armée, j’étais de plus en plus sous dépendance.
À plusieurs reprises, je me suis battu très violemment. Alors j’ai déserté et suis allé rejoindre un village hippie en Espagne. Après quelques mois, je suis retourné dans ma famille. Échec. J’ai rencontré Cindy. Plein de projets, j’ai décidé de finir l’armée et de trouver un travail. Mais un jour, Cindy s’est fâchée avec mon beau-père. Elle m’a quitté en me disant qu’elle ne garderait pas l’enfant qu’elle portait.
Je repris contact avec une “ex”. On faisait la fête (alcool, drogue, etc.) après le travail. Un soir, on décida de partir en Espagne. Le cinquième jour, j’avais six acides dans la tête… Le jour de mes 23 ans, j’eus des hallucinations. Mon amie Angélique était enceinte, je croyais qu’elle me laisserait tomber elle aussi. La violence s’empara de moi. Je lui conseillai de partir. Je n’avais plus de raison de vivre. Alors je fis un salto et demi du troisième étage.
Je me réveillai à l’hôpital avec des tuyaux partout, un corps qui ne bougeait plus. Ma mère me demanda de me battre pour mon fils. Bientôt, Tom naissait et les besoins festifs d’Angélique revenaient en force. Moi, j’avais tout arrêté. Puis j’appris qu’Angélique sortait depuis six mois avec l’un de mes copains.
Deux ans plus tard, je recevais un appel de Cindy m’annonçant qu’on avait un fils de quatre ans qui souhaitait me rencontrer. On décida de se remettre ensemble mais je compris qu’elle se droguait encore. Me sentant en danger, je retournais chez moi. À mon retour, je me remis à boire. Dans le même temps, j’attrapais deux escarres. Je restais deux ans hospitalisé, dont un sur le ventre. Je méditais beaucoup, m’initiais au bouddhisme. Lors d’une consultation, en mars 2005, les médecins m’informèrent d’une possibilité de récupérer mes bras et mes mains…
Je rencontrai Christy sur Internet, qui, après quatre ans de célibat, réveilla mon cœur. Elle habitait Hong Kong et aime beaucoup aider les gens. Un seul problème entre nous, elle était catholique ! C’est alors que des amis m’invitèrent à un groupe de prière. À chaque fois que je rentrais dans l’église, une sensation agréable s’emparait de mon corps. Dans la foulée, je suivis les cours Alpha. Et là, Jésus se logea dans mon cœur. Les cours Alpha finis, j’allais à Garches en rééducation. Un soir, après la messe, une jeune femme m’interpella. Elle voulait que je lui raconte comment j’avais trouvé la foi. Elle m’invita à une grande rencontre de prière. C’est là que j’ai évangélisé dans la rue pour la première fois : une expérience géniale ! Le week-end suivant, j’allai à un autre rassemblement où je témoignais devant deux cents personnes !
Après quelque temps, j’appris que l’opération des bras allait avoir lieu. Ensuite, m’attendaient trois mois de rééducation durant lesquels mes amis de Paris me proposèrent de préparer ma première communion. Aujourd’hui, lorsque je rencontre des personnes perdues dans une vie d’illusion, je leur témoigne de la douceur de l’amour de Jésus. Et je l’aime, sans craindre qu’il ne m’abandonne. Alléluia !
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1er octobre 2007 2007 par
Claire menait une existence heureuse et paisible jusqu’au jour où elle côtoya la souffrance de près en la personne d’une amie. Le début d’une grande aventure avec le Seigneur...
Engagée depuis toujours dans des activités chrétiennes, je n’ai jamais lâché la pratique religieuse, même si, à l’adolescence, j’allais à la messe dominicale en traînant les pieds…
Au début de mes études supérieures, je me suis liée d’amitié avec une jeune fille qui était confrontée à de nombreuses souffrances. Sa vie m’a poussée à me poser des questions existentielles… J’ai dit au Seigneur : « Ma vie est très belle, la sienne très difficile. Pourquoi ? » Entre-temps, mon amie est tombée très malade. J’étais désemparée. C’était la première fois que j’étais confrontée à la souffrance. J’ai eu le désir d’aller à une messe pendant la semaine à son intention, ce qui n’était pas du tout dans mes habitudes. Ce jour-là, après la communion, je me suis recueillie et j’ai entendu en mon cœur : « Claire, merci d’être là. C’est ici que je vais te former, que tu vas recevoir la vraie nourriture. » Et je me suis sentie poussée à revenir à la messe chaque jour.
Peu à peu, j’ai commencé à prendre conscience de la folie qu’était ce sacrement : Jésus s’offre par amour et se donne totalement à chacun. À cette messe quotidienne, j’ai rencontré des jeunes, qui faisaient partie d’un groupe de prière. Ils m’y ont entraînée. Dieu m’a donné la grâce de lui ouvrir mon cœur davantage, de laisser son Esprit Saint prendre le contrôle de ma vie. J’ai expérimenté combien il est un Dieu proche de moi, qui m’aime d’un Amour infini, me connaît mieux que moi-même et qui est l’unique qui peut me mener au vrai bonheur. Petit à petit, il est devenu le centre de ma vie, présent dans tout ce qui fait mon quotidien. Le désir de l’annoncer à ceux qui m’entourent est né de cette rencontre personnelle avec lui. Je ne pouvais pas garder ce trésor pour moi…
À la fin de mes études (école de commerce et master en ressources humaines), j’ai eu le désir d’aller plus loin : tout quitter pendant un an pour Jésus. C’est pourquoi j’ai intégré le centre missionnaire Sainte-Thérèse, fondé dans le diocèse de Toulon le 1er octobre 2006. Il donne la possibilité à des jeunes de partager pendant un an, vie de prière et communautaire, et de recevoir une formation dans une perspective missionnaire. Nous avons fait chaque jour du porte-à-porte, pour annoncer l’Évangile. Par ailleurs, au cours de cette année, nous avons participé à diverses initiatives missionnaires, en France ou à l’étranger, à la demande de paroisses, de mouvements ou d’institutions, notamment pour former au “porte-à-porte”, afin que cette pratique se répande parmi les chrétiens.
Au cours de cette année, j’ai été impressionnée par la soif de Dieu, consciente ou non, et surtout par l’attente et l’ouverture de nombreux cœurs. C’est Dieu qui va à la rencontre des personnes qu’il met sur notre route. Mais il compte sur notre collaboration dans l’évangélisation. Quand on frappe à une porte, on découvre souvent de grandes détresses de toutes sortes. Et il est étonnant de voir à quel point le Christ rejoint chacun là où il en est. Cette année m’a fait prendre conscience que l’évangélisation n’est pas une activité mais du plein-temps, là où Dieu nous place.
Missionnaire Sainte-Thérèse : centremissionnairecatholique.com
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29 octobre 2007 2007 par
Pendant huit mois, Ludovic a connu la prison. C’est dans ce milieu hostile qu’il a été saisi par la force de l’Amour du Christ pour lui.
Dernier de famille, mes parents me maltraitaient, par des violences corporelles et verbales. Je suis donc entré en foyer d’éducation à 16 ans, et c’est là, par les rencontres que j’y ai faites, que j’ai découvert la foi. Je suis entré chez les scouts où l’aumônier m’a demandé si j’étais baptisé. Pensant que je l’étais, je pouvais donc demander la confirmation. Mais je voulais tout de même vérifier cela auprès de ma mère. À ma grande surprise elle m’apprit que je n’avais pas été baptisé. Cela m’a beaucoup blessé. Je demandais immédiatement le baptême, et à 22 ans, je devenais enfant de Dieu, dans la nuit de Pâques. Peu après, je me mariais avec une jeune fille rencontrée lors d’un pèlerinage à Lourdes.
Comme j’avais fait pas mal de bêtises étant jeune, je devais passer 8 mois en prison. Je m’attendais à cette convocation, et elle arriva peu après mon baptême et mon mariage.
Pour moi, la prison a été un pèlerinage sur terre. Les premiers jours ont été difficiles, et j’ai eu la chance de découvrir presqu’aussitôt que j’avais un codétenu : Jésus Christ. Et lui, contrairement à moi, était là à perpétuité. Une fois que je serais sorti, lui resterait pour panser les blessures des autres détenus après moi. C’est lui qui a mis sur mon chemin l’aumônier catholique de la prison, chez qui j’ai reçu l’amour et le pardon du père que je n’avais pas eu. Puis j’ai fait la connaissance de l’aumônière protestante, qui a joué un rôle maternel, comblant les manques de mon enfance. Durant cette peine de 8 mois, j’ai profité de chaque instant où je pouvais attraper le Christ, en particulier en allant à la messe dès que possible. J’y ai compris que même si on a fait les pires bêtises du monde, la messe est un lieu où on ne peut pas tricher. Et qu’en retour, Jésus nous aime tels que nous sommes. Cela me paraissait fou car j’étais environné de fautes et de condamnation.
Mon dernier jour en prison a été partagé entre le désir de sortir et la tristesse que j’avais à laisser derrière moi tous ces détenus dans la détresse. Une fois sorti, je me suis mis à correspondre avec certains d’entre eux, par le biais de la fraternité du Bon Larron.
Aujourd’hui, je m’occupe d’un groupe de prière à Orange, dans le diocèse d’Avignon, où l’on prie pour les détenus et avec les anciens prisonniers.
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4 décembre 2007 2007 par
Nous nous sommes rencontrés alors que, tous deux, nous avions récemment divorcés. Blessés par cette première expérience ratée du mariage, nous nous sommes pourtant mariés en 1993.
Mal conseillés, nous avons alors mené une vie de couple “normale” et une vie chrétienne “normale” (communion au Corps et au Sang du Christ, confessions avec absolution). Comme notre désir était de vivre dans la fidélité à l’amour de Dieu, en esprit et en vérité, nous essayions de vivre notre foi par les sacrements, mais aussi par la prière, les enseignements reçus… C’est là que le Seigneur, à travers sa Parole, a travaillé nos cœurs avec patience et miséricorde afin que nous puissions entendre, écouter et accueillir la Vérité.
Un jour en nous promenant, nous sommes passés devant la paroisse où Paul s’était marié 28 ans auparavant. Nous avons décidé d’y entrer pour nous confesser. Là, se trouvait un prêtre âgé et, sans aucune concertation, nous lui avons chacun raconté notre vie et surtout, expliqué notre état de vie actuel. Dieu avait choisi ce moment pour nous dire à chacun, par la voix de son prêtre, que nous vivions dans l’adultère. Il nous a expliqué qu’il ne pouvait nous donner l’absolution si nous ne décidions pas de changer de vie.
Cela nous dérangea beaucoup mais nous interpella fortement et, après un temps de révolte, nous nous sommes posé cette question : et s’il avait raison ? Voulant faire la volonté de Dieu, nous avons continué à cheminer et quelques mois plus tard, au cours d’une soirée de prière, nous avons chacun demandé à la Vierge Marie de nous donner de vivre la continence (l’absence de relations sexuelles).
Sur le chemin du retour, nous nous sommes partagé la grâce que nous avions demandée à Marie dans le silence de notre cœur, et nous étions dans la joie de voir comment le Seigneur avait travaillé nos cœurs avec douceur et tendresse. Nous avons obtenu cette grâce d’abstinence, et nous vivons aujourd’hui unis dans la joie de pouvoir communier à chaque Eucharistie, et d’obtenir le pardon miséricordieux de Dieu dans son infini Amour.
Paul et Rita
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7 janvier 2008 2008 par
Sébastien, 36 ans, est chauffeur de taxi à Sens. C’est dans le cadre de son travail que Dieu est venu le rejoindre, par la rencontre de Fernando, qui nous a lui-même livré son témoignage de conversion il y a quelques mois (IEV numéro 234).
Un jour, je pris en course à Roissy une famille qui arrivait de l’étranger. Et cette course allait changer ma vie…
Fernando arrivait en France pour raison professionnelle et il parlait très peu notre langue. Je me proposai de l’aider et, très vite, une amitié est née entre nous. Fernando s’est mis à me témoigner de sa foi. Or, je ne croyais pas en Dieu. J’avais perdu mes parents très jeune, et avais, du coup, vécu une enfance très mouvementée… Non, Dieu ne pouvait pas exister ! Mais le fait d’entendre une personne cartésienne, cultivée et occupant un poste à responsabilité témoigner avec ferveur de sa foi, m’intriguait beaucoup. Il en parlait d’une façon si naturelle ! Son attitude a éveillé en moi une vraie curiosité. Comme il était mon ami, je me suis demandé ce qui pourrait lui faire plaisir. Aller à Lourdes ? Nous y sommes partis avec sa famille. Ils étaient en effet très émus. De mon côté, j’ai simplement passé un bon week-end.
Pour me remercier, Fernando m’a invité à Paray-le-Monial, "là où le Christ est apparu et a fait voir son cœur aux hommes", me dit-il. J’essayai d’esquiver l’invitation par tous les moyens, en vain. Fernando m’a accompagné là-bas et il est resté une journée avec moi. Après son départ, je me suis senti très seul. Placé au fond du chapiteau, j’ai entendu un prêtre expliquer : « Lorsqu’on vient à Paray-le-Monial, il se passe toujours quelque chose. On ne repart jamais seul. » Je le pris au mot et me tournai vers Dieu : « J’ai fait l’effort de venir « chez toi ». Alors, si tu ne te manifestes pas, c’est que j’ai eu raison de penser que tu n’existais pas. Si rien ne se passe, je m’en vais. » J’étais venu à moto. Elle n’était pas loin, mes bagages non plus. Mon cri vers Dieu semblait rester sans réponse… Je traversai donc la prairie, déterminé à partir lorsque quelqu’un me tapa sur l’épaule. C’était un motard qui me demanda : « Que fais-tu ? » – « Je m’en vais ! » – « C’est bien dommage, me répond-il, m’apprenant qu’il était prêtre. Je suis venu dans la région pour rendre visite à ma famille. Et comme j’entends parler de Paray-le-Monial depuis longtemps, je me suis arrêté. » C’était le signe que j’attendais : un motard, prêtre de surcroît, qui était là « par hasard »… Immédiatement, je crus en l’existence de Dieu.
Au cours de cette semaine, moi qui ne suis jamais malade, j’ai beaucoup souffert physiquement : un combat s’était engagé en moi entre le bien et le mal. Un jour de cette session, alors que je priais, une dame s’approcha de moi : « Je dois vous dire qu’il faut que vous alliez à Lisieux. » Par curiosité, je m’y suis rendu au Noël suivant. Au seuil de la basilique pleine à craquer, un prêtre m’a accueilli par ces mots : « Vous êtes venu seul, et de loin ; il va se passer des choses pour vous ! » En rentrant de Lisieux, j’ai décidé d’entrer en catéchuménat. Aujourd’hui, ayant appris que j’avais été baptisé, je me prépare avec joie à la première communion.
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25 janvier 2008 2008 par
De la cellule communiste "Ho Chi Min" à la prêtrise au sein de l’Opus Dei, il y a un fossé que Fabio a franchi, confiant dans le Seigneur qui guidait chacun de ses pas.
De son village natal du sud de l’Italie, mon père était convaincu que le communisme réglerait le problème de la pauvreté. Ne trouvant pas de travail, il émigra en France où il fut employé comme maçon. Ma mère le rejoignit peu après.
À quinze ans, j’avais lu Le Manifeste et une partie du Capital de Marx et je me suis inscrit à la cellule “Ho Chi Min” des jeunesses communistes. J’étais un membre très actif : nous vendions L’Humanité, distribuions des tracts de propagande, recueillions des signatures pour le soutien du parti. Le discours sur la lutte des classes et l’idée d’une répartition des biens m’intéressaient, mais je résistais à l’idée que la révolution justifiait la violence. Des nouvelles nous parvenaient sur les goulags qui ne me plaisaient pas. Quant à l’Église, il me semblait que son message était bon, mais qu’elle ne l’accomplissait pas. Je m’en méfiais même si, à ma manière, je croyais en Dieu. Lorsque ma mère est décédée d’un cancer, ma sœur Anna s’est exclamée que jamais elle ne pourrait croire en un Dieu qui traitait ainsi les personnes. Je lui ai dit que, pour ma part, je continuais à croire.
À 19 ans, je suis venu à Paris étudier la biologie et préparer un doctorat en physiopathologie humaine. Je rencontrai Christophe, un catholique pratiquant. Ensemble nous parlions de tout et notamment de la foi. Connaissant mes idées, il n’insistait pas et encourageait plutôt ceux qui se disaient chrétiens. Christophe était surnuméraire de l’Opus Dei. Un jour que j’avais raté mon train, il m’invita à passer la nuit chez lui tout en me prévenant que le lendemain, il se rendrait tôt à la messe. Je lui proposai de l’accompagner. Chez lui, je lus une brochure sur “Pourquoi et comment se confesser ?”, et lui fis part de mon désir de me confesser. Ravi, il me présenta un prêtre. À partir de ce jour, je reçus ce sacrement tous les quinze jours.
Le communisme sacrifiait la dignité de la personne pour le bien de la collectivité. Nous nous souciions de l’expansion du communisme, et nous voulions que les gens appuient le parti. Dans le christianisme, je découvrais l’attention à chaque personne. Dieu m’encourageait à m’intéresser aux autres. Je n’abandonnais pas pour autant ma préoccupation pour la justice sociale et la lutte contre la pauvreté.
Christophe m’apprit à réciter le chapelet et, comme j’étais fiancé, me proposa de demander l’admission à l’œuvre comme surnuméraire. Plus tard, je compris que Dieu me demandait ma vie entière et je fus admis comme numéraire.
J’ai été ordonné diacre le 25 novembre 2006 (à 37 ans) et prêtre le 26 mai 2007 par Mgr X. Echevarria, évêque prélat de l’Opus Dei. Dieu m’invite à servir ainsi l’Église. Le cœur d’un prêtre doit être comme le cœur de celui qu’il représente : ouvert à tous. J’espère pouvoir faire toucher du doigt aux personnes que mon ministère sacerdotal mettra sur ma route la réalité de la miséricorde de Dieu, comme j’ai pu moi-même en faire l’expérience.
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Pour aller plus loin : http://www.opusdei.fr Surnuméraire : Laïc marié ou non, ils représentent 80 % des membres de l’Opus Dei. Numéraire. Laïc, homme ou femme, qui s’engage au célibat apostolique. Parmi eux, certains sont ordonnés prêtres et incardinés dans la prélature.
25 février 2008 2008 par
Dans une vie de souffrance marquée par la drogue et la violence, Marie-Colette découvre l’amour de Dieu en prison.
Congolaise, née dans une famille catholique, j’ai été violée à l’âge de huit ans. Mes parents m’envoyèrent alors en Belgique pour me permettre d’avoir une nouvelle vie. À l’école, j’étais bonne élève mais malgré cela, je me répétais constamment : « Tu ne vaux rien, tu es sale. » À 18 ans, à l’université j’ai rencontré Victor. Quand j’ai découvert qu’il se droguait et faisait du trafic de stupéfiants, j’ai eu peur mais je ne me suis pas donné le droit de le quitter. Malgré ce sentiment d’être très faible, une voix me disait : « Tout le monde a droit à l’amour. »
Un matin, nous nous sommes fait arrêter et emprisonner. Je ne me révoltai pas, car je trouvais juste de payer pour ma complicité. Trois ans plus tard, alors que je sortais de prison, une religieuse du groupe de prière me dit : « J’espère que vous ne reviendrez plus ici, car vous avez beaucoup de prix. » Cela me toucha profondément car pour la première fois, on me reconnaissait une valeur véritable. Je retombais malheureusement dans le même milieu empreint du trafic de drogue, et me faisais de nouveau arrêter neuf mois plus tard. On nous fit le test de dépistage du Sida et j’appris que j’étais séroposi-tive. Complètement abattue, me sentant très seule (mon ami étant décédé), je commençais à prier Dieu pour mourir. Privée d’amour, je voulais me priver de la vie. Une parole me revint : « Je ne prends pas plaisir à la mort, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie » (Ez 33, 11). J’allai trouver l’aumônier qui me dit : « Avec Dieu, tout le monde peut être guéri, quel que soit le crime commis. L’essentiel est de croire que l’on peut être sauvé. »
Sur ses conseils, je lus la vie de sainte Thérèse de Lisieux et décidai, comme elle, de m’abandonner à Dieu.Quelque temps après, pendant le chemin de Croix un Vendredi saint, lors de la méditation du crucifiement et de la mort de Jésus, c’est comme si le Christ me disait : « Je ne te laisse pas seule : je te laisse ma Mère et mes frères. » C’est alors qu’une joie immense m’envahit et je compris : « C’est ça l’amour, la vérité ! C’est cet homme, cloué sur la Croix, qui au lieu de penser à lui, pense à moi ! » Bien que détenue, je me sentis dès lors complètement libre.
Sortie de prison, je cessai toute relation avec le milieu de la drogue et j’allai dans un groupe de partage de la Parole. La Bible devint comme une personne avec qui je pouvais vivre, parler et rire tous les jours. On m’apprit à être à l’écoute de l’Esprit Saint. Je compris que tout a un sens, et que lorsque tout prend sens, tout devient grâce. Cela m’a poussée à me laisser guérir de mon passé. Seul l’amour sauve : c’est cet amour de Dieu dont je veux maintenant être signe parmi mes frères en Afrique et notamment auprès des enfants orphelins et les enfants dits “sorciers”.
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1er avril 2008 2008 par
"Les gens n’ont plus de fourche, ils n’ont pas pu me chasser ! Alors, cela fait 58 ans que je suis curé ici !" Revêtu d’une soutane, l’inénarrable abbé Georges parcourt la campagne avec l’audace missionnaire d’un jeune homme et la sagesse de ses 86 printemps...
"Je me sens fait pour être curé !", ai-je annoncé, à peine ordonné. Comme j’étais très jeune, l’évêque m’a d’abord nommé vicaire dans un village où il m’a donné comme mission de réconcilier le “doyen” avec ses fidèles. Heureusement, ce prêtre m’a fait très vite confiance.
Une fois rempli mon “contrat”, je suis retourné voir mon évêque : « Maintenant, j’aimerais bien “faire l’eau bénite pour mon compte” ! » Me trouvant encore un peu jeune pour être curé, il s’est cependant laissé convaincre en ce sens par son vicaire général. C’est comme cela que j’ai été nommé à Chéroy, petit chef-lieu de canton, en 1950… Il n’y avait que 25 personnes à la messe le dimanche ! Dès le début, je suis allé rendre visite aux gens à domicile. Du fait des séquelles des troubles de l’après-1905, j’étais souvent mal reçu. « Les curés sont des feignants », m’a dit un jour un homme. « Monsieur, lui ai-je répondu, il y a deux catégories de personnes : ceux qui “s’em…” et ceux qui se “dém…” Pour ma part, je fais partie de la deuxième catégorie ! » Il a bien ri et m’a dit : « On se reverra. » Trois ans après, sa femme faisait partie de la Légion de Marie [1] et au bout de dix ans, lui-même a commencé à m’aider financièrement. Puis il est devenu un homme pieux.
Dès mon arrivée, j’ai créé un groupe de la Légion de Marie dans chacune de mes trois paroisses. Ce mouvement prévoit des réunions hebdomadaires où l’on prie ensemble et où l’on s’encourage concrètement à l’annonce de l’Évangile. De plus, grâce à ces réunions, j’ai une “photographie” hebdomadaire de chacune de mes paroisses.
Tous les deux ans, nous allons à la rencontre des personnes nouvellement installées et qui, pour la plupart, ne mettent jamais les pieds à l’église. C’est ainsi qu’à la fin de l’été 2007, 25 personnes sont parties en mission, deux par deux. En trois semaines, nous avons prospecté 750 familles. Nous distribuions le numéro d’Il est vivant ! 15 questions sur Dieu, comme une entrée en matière. « C’est monsieur le curé de Chéroy qui nous envoie et qui vous donne ce magazine. » Sur 4 000 habitants, 1 500 n’avaient aucune idée de ce qu’est la foi chrétienne. 1 800 personnes se disaient catholiques… mais ne voulaient pas entendre parler de catéchisme ! Enfin, 350 étaient des fidèles assidus, et 350 autres étaient à “reconquérir”.
Depuis septembre, le dimanche après-midi, accompagné du missionnaire qui les a visitées, je vais à la rencontre des personnes ayant accepté de discuter. Il est vivant ! sert de nouveau de point de départ à bien des conversations : beaucoup l’ont lu, le commentent, posent des questions. Grâce à cette démarche, nous avons eu des inscriptions supplémentaires au catéchisme et quelques adultes ont décidé de suivre les cours d’initiation à la théologie que j’ai créés dès mes débuts ici.
Du fait de l’ouverture de nouvelles entreprises, la population de ces villages est en train de tripler. De nouveaux champs de mission s’ouvrent devant nous, et la moisson est abondante !
[1] 1
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La Légion de Marie est née en France à Nevers lorsqu’une Irlandaise, Veronica O’Brien, s’est trouvée bloquée à Nevers au moment de l’Exode. Elle trouva refuge chez l’évêque, qui était d’origine irlandaise. C’est ainsi qu’elle a lancé la Légion de Marie.
5 mai 2008 2008 par
Édifiante, la jeune Marie grâce à laquelle en 2003 on a pu mettre sous les verrous Michel Fourniret, coupable du viol et de l’assassinat de plusieurs jeunes filles. Lors du procès de "l’ogre des Ardennes", Marie a proclamé sa foi en l’intercession de la Sainte Vierge... C’était le jour de l’Annonciation ! (Nous reproduisons ici la dépêche de l’agence de presse Reuters, reprise par tous les medias.)
CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes – Face à un accusé qui a affiché son indifférence, la fillette belge qui fit arrêter en 2003 le tueur en série présumé Michel Fourniret a déclaré lundi à la cour d’assises qu’elle lui avait échappé après avoir prié à haute voix et invoqué la Vierge Marie.
Au troisième jour d’audience, Marie, âgée à l’époque de 13 ans, a raconté à la barre comment l’accusé, disant chercher sa route et se présentant comme professeur de dessin et père de famille, l’avait mise en confiance avant de la contraindre, en la tirant, à monter dans sa camionnette.
« Avant de monter, j’ai confié ma route à la Vierge Marie. J’ai dit, “Marie, passe devant” pour qu’il ne m’arrive rien. J’ai commencé à prier dans mon cœur », a dit la jeune fille. Ce 26 juin 2003, à Ciney en Belgique, Fourniret prend la route, alors qu’elle prie à haute voix. « Je lui ai demandé s’il croyait en Dieu, il ne m’a pas répondu. » La camionnette prend un chemin à l’écart et s’arrête. Le tueur présumé, sous la menace, entrave sa victime aux mains et aux pieds, la conduit à l’arrière du véhicule, avant de repartir.
« Je lui ai demandé, “pourquoi tu fais ça ?”, il a dit “tu dois me donner du plaisir, autrement, tu ne rentreras pas”. “J’étais étonnée, je ne savais pas jusque-là ce qu’il voulait faire de moi”, a raconté Marie.
Elle crie, il commence à l’étrangler et lui dit : « Si tu cries, je te tue. » Marie demande alors à son ravisseur s’il fait partie du groupe de Marc Dutroux. « Je suis pire que Marc Dutroux », répond-il. Le véhicule repart.
À l’arrière, Marie prie à “pleine gorge”. Elle aperçoit une carte routière des Pays-Bas, de Belgique et de France. « Je me suis dit, c’est fini. J’ai vu toute ma vie défiler, je me suis sentie comme dans un film. » Soudainement, les liens des jambes se détendent, elle se libère puis, avec les dents parvient à dégager ses mains. À un arrêt du véhicule, elle ouvre la porte latérale coulissante et s’enfuit, sans que Fourniret s’en aperçoive.
Plus loin, une femme la recueille en voiture et, chemin faisant, croise la camionnette du ravisseur qui a fait demi-tour. Le numéro d’immatriculation relevé permettra à la police belge d’arrêter Michel Fourniret.
Marie dit n’avoir pas besoin de psychologue pour gérer le souvenir de son enlèvement, invoquant « la grâce ». L’avocat général Francis Nachbar a félicité et remercié la jeune fille à l’audience. « Vous avez sauvé votre vie et celle de beaucoup d’autres jeunes filles. »
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2 juin 2008 2008 par
"Cheyenne", tel fut le nom de guerre de Jean-Jacques lorsqu’il menait l’existence marginale d’un SDF. Il a fondé avec Marie-France son épouse la maison Dominique Savio. Des jeunes en rupture sociale viennent s’y reconstruire.
À l’époque où je l’ai connu, Jean-Jacques se prénommait “Cheyenne” et partageait sa vie entre la rue et la prison, où le conduisaient de fréquentes bagarres. « Cheyenne, il nous protège », disaient ceux qu’il prenait sous son aile. Jouer le caïd, se blinder, ça lui allait comme sa paire de santiagues. Il baroudait de ville en ville et faisait le cracheur de feu pour gagner sa vie. Il avait appris à marcher sur les braises, en Inde. Il avait fait le choix de la rue et des chemins, en marge.
Pour ma part, je travaillais comme assistante sociale pour la ville de Poitiers. J’instruisais les dossiers de RMI des SDF. Je mûrissais un projet de vie consacrée. Impossible de faire venir Cheyenne dans mon bureau, je ne pouvais le rencontrer que dans la rue ! Un jour pourtant, il vint à mon groupe de prière. Il accepta d’entrer dans la chapelle, avec son gros chien des Pyrénées. L’amitié grandit entre nous, mais j’en vis des vertes et des pas mûres avant que nous puissions construire quelque chose de solide ensemble. Il n’était pas question pour moi de vivre maritalement sans le sacrement de mariage. Il savait que j’accepterais de l’épouser s’il quittait sa vie de galère et devenait sobre. Même si je l’aimais passionnément, je pensais à mes futurs enfants et je voulais qu’ils aient un bon papa.
À chaque fois que Jean-Jacques essayait de s’en sortir, il était rattrapé par la justice. Il décida de ne plus se dérober et de purger sa peine. Le miracle de sa guérison à Lourdes, son abstinence complète me décidèrent à accepter que nous nous fréquentions. Je l’ai épousé un an plus tard. Nous avons eu deux filles.
Rapidement, nous avons travaillé d’abord sur la péniche Tibériade pour accueillir les sortants de prison puis chez les Orphelins apprentis d’Auteuil à Blanquefort. Ensuite Jean-Jacques sentit l’appel à créer un lieu de vie pour les jeunes en rupture sociale. En 2001, nous avons racheté la maison de ma grand-mère au Plessis-Olivier dans les Deux-Sèvres. Jean-Jacques avec famille et amis transforma la grange, les bâtiments en foyer. En 2004, nous recevions l’agrément du ministère de la Justice et de l’Aide sociale à l’enfance pour accueillir dans la maison Dominique Savio neuf jeunes de 16 à 18 ans. Nous nous sommes entourés d’une équipe éducative et d’un conseil d’administration en créant une association. Mon époux a beaucoup donné à ces garçons durant quatre années.
Mais le 18 septembre dernier, Jean-Jacques a fait un accident vasculaire cérébral. Il se retrouve en fauteuil roulant, hémiplégique et privé de la parole. Comment dans cette passe si déroutante continuer l’œuvre de la maison Dominique Savio ? Je recherche un assistant permanent de soir et de nuit pour soutenir l’équipe. J’aménage ma maison pour pouvoir accueillir mon mari handicapé. Et j’attends un deuxième miracle pour que la guérison de Jean-Jacques soit complète [1]
Dans l’inconnu, je prie et j’espère pour lui, pour ma famille, pour les jeunes de la Maison Dominique Savio.
[1] aux dernières nouvelles, Jean-Jacques était debout, il marchait avec son attelle après 7 mois en fauteuil roulant.
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Retrouvez Jean-Jacques et Marie-France sur le site http://dsavio21.free.fr consacré à la maison Dominique Savio.
28 juillet 2008 2008 par
Très récemment reconnu (le 4 mai 2008), le Laus apparaît au grand jour. Alors qu’il y a lui-même senti les "parfums", Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque du lieu, témoigne.
Je n’ai connu le Laus que lorsque je suis devenu évêque de Gap. C’est plutôt insolite pour le Marseillais que je suis. J’avais beau être originaire de la région, je ne savais rien du Laus. C’est le cas de beaucoup de gens qui nous écrivent qu’ils n’avaient jamais entendu parler de ce lieu.
Peu de temps après mon arrivée à Gap, j’ai voulu poursuivre le travail que mes prédécesseurs avaient déjà engagé pour la béatification de Benoîte Rencurel. J’avais donné rendez-vous au sanctuaire à plusieurs personnes spécialistes afin de prendre connaissance du dossier. Nous nous trouvions dans une salle de réunion où je fus saisi, en entrant, par une forte odeur de moisi. J’en fis la remarque. On m’expliqua que cela était dû à l’humidité de la pièce. Sans tarder, nous nous sommes mis au travail. Quelques minutes après avoir ouvert le dossier de béatification, un fort parfum prégnant et lourd m’a soudain envahi. Une odeur semblable à celle qu’exhalent les huiles saintes. Surpris, j’ai demandé :
Ne sentez-vous rien ?
Non, rien, me fut-il répondu.
Rien de différent par rapport à tout à l’heure ?, ai-je ajouté.
Non, rien de particulier…
Je suis plutôt porté à vérifier l’amour que l’on adresse à Dieu par l’amour très concret donné au prochain, et plutôt méfiant à cet égard à toute manifestation d’un surnaturel éthéré. Mais je ne peux nier ici que j’ai bénéficié des effluves qu’on dit advenir régulièrement au Laus depuis les premières apparitions de la Vierge à Benoîte. Serait-ce un clin d’œil que l’Esprit Saint m’adresse ? Si je puis me permettre cette expression. J’aurais tendance à interpréter en ce sens le fait que j’ai senti les bonnes odeurs de Notre-Dame du Laus alors que je ne l’attendais pas, que j’en doutais même, et plus encore qu’il me soit demandé de reconnaître le caractère surnaturel des événements relatés par Benoîte Rencurel à moi qui suis plutôt méfiant face au récit de tels phénomènes.
Le 4 mai 2008, il m’a été donné de reconnaître officiellement l’origine surnaturelle des faits vécus et relatés par Benoîte Rencurel. C’est une grande joie pour moi d’être l’un des artisans de ce décret. À mon sens, le message du Laus et la vie exemplaire de Benoîte nous invitent à vivre trois dimensions essentielles de notre foi chrétienne. Au premier chef, la prière. Benoîte, durant sa longue vie d’engagement, n’a jamais négligé le temps de prière avec Dieu. Bergère, l’adolescente occupe ses jours à la récitation du chapelet. Ensuite, les visites de la Vierge seront toujours des occasions d’une « mise à l’écart » et d’une prière intime, de contemplation du mystère divin. Cette intimité avec Dieu par Marie a conduit Benoîte à la conversion. Elle le dit, elle le crie, elle invite les pèlerins à la suivre dans cette démarche. Enfin elle témoigne toute sa vie de l’amour divin, dans sa vallée, auprès de son entourage et des pèlerins attirés par Notre-Dame de Bon Rencontre. Et les pèlerins, bouleversés et transformés, étaient conduits à vivre chez eux, dans leur quotidien, la grâce du Laus. Je suis frappé par la modernité et l’actualité de Benoîte. »
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Extraits de Benoîte Rencurel, la visionnaire du Laus, Jean-Michel Di Falco Leandri, Éditions Parole et silence.
4 septembre 2008 2008 par
Il y a deux mois, Ingrid Betancourt recouvrait la liberté après plus de six ans de captivité aux mains des Farc, la tristement célèbre guerilla marxiste colombienne. Le témoignage que cette femme nous a offert méritait d’être évoqué ici.
par Claire Villemain
Étonnant en effet, ce témoignage rendu devant les caméras du monde entier. Alors que l’on attendait une femme affaiblie, épuisée par sa longue captivité dans la jungle et une santé précaire, Ingrid Betancourt est apparue paisible. Fatiguée, mais paisible. Telle une “Vierge en gloire”, tant l’image de ferveur qu’elle renvoyait était saisissante. Image encore renforcorcée par le chapelet de fortune qui ne quittait pas son poignet. Le monde médiatique s’est laissé emporter par cette figure quasiment mystique, à l’instar de ce journaliste de France 2 qui, commentant en direct l’arrivée de Mme Betancourt sur le tarmac de la base militaire de Catam, laissait échapper : « C’est l’image d’une sainte ! »
Lorsqu’on s’intéresse d’un peu plus près à l’expérience spirituelle d’Ingrid Betancourt, on se rend compte que sa foi n’est pas que culturelle ou communicationnelle. Cette femme s’est laissé véritablement prendre par le Christ, par son Cœur.
Quelques jours avant son enlèvement, son père avait, devant elle, fait cette prière au Sacré-Cœur : « Seigneur, prenez soin de cette enfant. » Un moment dont Ingrid ne se souviendra que six ans plus tard, en écoutant au fond de la jungle sur Radio Catolica une émission consacrée au Sacré-Cœur de Jésus et aux promesses qu’il fit à sainte Marguerite-Marie Alacoque. Ingrid Betancourt décide alors de passer un ‘deal’ avec Jésus : « Si tu me donnes la date de ma libération pendant le mois de juin (mois du Sacré-Cœur), je serai à toi, je me consacrerai à toi. » C’est ce qui advient le 27 juin. Son acte de foi est couronné le 2 juillet par sa libération qu’elle qualifie de “miraculeuse”.
Ce témoignage est d’autant plus édifiant qu’il s’est concrétisé par un double pardon : celui donné à ses ravisseurs et celui demandé à Dieu pour ses propres accès de haine et de violence envers ses bourreaux. Elle déclarait à la presse : « La seule réponse à la violence, c’est une réponse d’amour. Ce que j’ai découvert, c’est qu’on peut être mené à haïr une personne de toutes ses forces et, en même temps, de trouver le soulagement de cette haine par l’amour. Parfois je voyais arriver un guérillo s’asseoir devant moi et j’étais capable de lui sourire. Je disais intérieurement : “Pour toi, Seigneur, je ne vais pas dire que je le déteste”. »
Celle qui, en janvier 2002, écrivait La rage au cœur, faisait déjà montre d’un caractère tenace, qui ne cède jamais ni ne baisse les bras. Maintenant libre, elle s’engage pour la libération des autres otages qu’on compte encore par centaines. Mais elle le fera sans doute autrement, comptant désormais plus sur Dieu et l’intercession de la Vierge Marie que sur sa propre force de conviction.
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8 octobre 2008 2008 par
Promis par les médecins à une mort certaine, le petit Pietro a été guéri, nourrisson, par l’intercession des futurs bienheureux (Louis et Zélie Martin, parents de la petite Thérèse)
Pietro Schiliro naît à Monza (Italie) le 25 mai 2002 atteint d’une malformation pulmonaire. Il présente dès la naissance une incapacité à assumer seul sa respiration. Condamné par les chirurgiens et médecins de l’hôpital, complètement dépendant d’un système respiratoire artificiel qui s’avérait insuffisant, Pietro reprend vie le 29 juin en la fête de saint Pierre, son patron.
Valter et Adèle, les parents de Pietro racontent : « L’épreuve de la maladie mortelle de Pietro nous a été une grâce. Ce que nous vivions en paroles seulement : notre confiance en Dieu, il nous était demandé de la prouver dans notre chair. Nous n’avons jamais douté de la présence bienveillante du Seigneur au sein de notre souffrance, mais nous voulions comprendre le sens de cette épreuve. La clef nous a été donnée par la petite Thérèse. Ma sœur, qui ne pouvait nous secourir avait demandé à sainte Thérèse de nous aider. En ouvrant le volume des Lettres de Thérèse, il lui fut donné de tomber sur les lettres 194 et 195 qui parlent de la vocation missionnaire du tout petit enfant. Ainsi nous comprenions que Pietro, resté sur son lit, immobile, les bras en croix, retenus par 18 tuyaux (drains, perfusions, cathéters etc.) participait à la grande mission salvatrice de Jésus et que “lorsque l’Agneau ouvrira le livre de vie, quel étonnement pour la Cour Céleste d’entendre proclamer avec ceux des missionnaires et des martyrs le nom des pauvres petits enfants qui n’auront jamais fait d’actions éclatantes.”
Le père Antonio nous a parlé de Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse, et nous a proposé de faire une neuvaine par leur intercession pour la guérison de Pietro et pour hâter leur béatification. Nous avons distribué plus de 500 images à la famille, aux amis, à la paroisse et au travail ; nous avons fait plusieurs neuvaines en récitant la prière, avec la conviction que nous serions exaucés, sans aucun mérite de notre part, par pure bonté du Seigneur. Et l’amélioration est venue brusquement : les 26 et 27 juin, Pietro a eu des crises d’insuffisance respiratoire telles que le samedi 29 juin au matin, nous nous demandions en arrivant à l’hôpital, si nous le trouverions encore en vie. L’infirmière nous a rassurés aussitôt en parlant de miracle. L’amélioration s’est maintenue, si bien que le 3 juillet on put retirer la ventilation artificielle. Quand nous sommes sortis définitivement de l’hôpital, avant de rentrer à la maison, nous avons porté un bouquet de fleurs à l’autel de l’église. Mais notre façon de remercier est surtout de témoigner pour faire connaître les parents de Thérèse Martin. »
(D’après la revue Thérèse de Lisieux N° 831, mars 2003)
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4 novembre 2008 2008 par
En septembre 2006, Sybille et Gilles se mariaient civilement et s’engageaient dans une démarche de catéchuménat. En la vigile pascale de cette année, ils ont reçu le baptême et... trois autres sacrements !
Propos recueillis par Laurence Meurville
Gilles : J’ai grandi dans une famille athée.
Sybille : J’ai été élevée par ma mère, issue d’une famille athée. Mon père est divorcé remarié. Avec sa nouvelle épouse, il a vécu un vrai chemin de conversion il y a près de vingt ans. C’est en les accompagnant de temps à autre à la messe que j’ai commencé à y prendre goût.
G. : À la fin de l’adolescence, je suis devenu déiste en découvrant Blaise Pascal et Jean Guitton. Puis, la lecture de Nietzsche m’a renvoyé à un athéisme quasi militant. Un peu plus tard, d’autres auteurs m’ont amené au Christ. Mais il n’était pas encore quelqu’un de vivant pour moi. Derrière cette recherche intense se cachait aussi la recherche d’un père, le mien étant décédé lorsque j’avais 16 ans.
S. : Avant de rencontrer Gilles dans un cours de théâtre, j’avais déjà vécu une expérience spirituelle forte : j’avais ressenti une présence douce et aimante à mes côtés, dans un moment très douloureux de ma vie. Je pressentais que quelqu’un de plus grand existait mais je ne savais pas qui il était. Quand j’ai fait la connaissance de Gilles, il était plongé dans Nietzsche. Petit à petit, ses lectures ont évolué et il a commencé à me parler de Jésus Christ, d’un Dieu amour… L’été 2005, j’ai accompagné mon père et son épouse à la messe et j’ai de nouveau ressenti cette présence. Par la suite, j’ai commencé à aller à la messe, seule.
G. : De mon côté, je restais encore assez distant par rapport à l’Église. Je n’étais pas prêt.
S. : En janvier 2006, on a annoncé qu’on allait se marier. L’épouse de mon père m’a conseillé d’aller rencontrer un prêtre. Celui-ci a évoqué une préparation au baptême. Dans le même temps, nous avons décidé d’aller trois jours à Paray-le-Monial avec mon père et ma belle-mère.
G. : J’ai accompagné Sybille plutôt par curiosité. Mais la rencontre du Christ s’est faite là pour chacun de nous.
S. : À Paray, tout me disait : « Dieu t’aime de toute éternité. » Il y avait de l’amour partout. C’était très fort.
G. : J’étais arrivé en souffrance. Je traversais une période de doute. Mais dès le premier exposé, j’ai obtenu des réponses. Et pour la première fois de ma vie, je me sentais rassuré.
S. : Le dernier jour, le baptême est devenu une évidence, pour l’un et l’autre. Nous nous sommes mariés civilement fin septembre 2006 puis, nous sommes rentrés en catéchuménat.
G. : Le 22 mars 2008, jour de notre baptême, nous avons reçu quatre sacrements : le baptême, la confirmation, le mariage, puis l’Eucharistie. C’est beaucoup de grâces d’un coup ! J’ai vécu cet événement pleinement conscient de la difficulté d’être chrétien. J’ai toujours considéré que la foi était un combat.
S. : Outre la présence de nos parrain (mon père, pour Gilles) et marraine (l’épouse de mon père, pour moi), notre chance a été d’intégrer une équipe de catéchuménat où nous avions toujours quelqu’un pour nous guider, et nous vivions une belle fraternité qui dure encore.
G. : Depuis l’enfance, j’étais un solitaire. Par la foi, j’ai découvert la dimension de la communauté. Nous nous demandons maintenant comment transmettre la foi à nos enfants futurs et aux nombreuses personnes athées qui nous entourent. Le Christ est désormais le pilier de notre couple et nous voulons bâtir notre vie, notre famille sur le roc de la foi.
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3 décembre 2008 2008 par
L’amour, clé de ma vocation. Considérant le corps mystique de l’Église, je ne m’étais reconnue dans aucun des membres décrits par saint Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous...
Extraits du Manuscrit B d’Histoire d’une âme
La charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps, composé de différents membres (1 Corinthiens 13, 1-3), le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas. Je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d’amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot, qu’il est éternel !
Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : « Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour ! Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé ! »
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6 janvier 2009 2009 par
Auteur de Tu m’as fait remonter de l’abîme. Chrystelle Court, jeune femme handicapée, consacrée, témoigne de sa joie de vivre avec Dieu au long des jours.
Mes parents qui étaient très croyants, se sont révoltés contre Dieu en découvrant le handicap dont je souffrais : je suis infirme moteur cérébral (IMC).
De mon côté, bien qu’ayant traversé dès l’enfance de nombreuses épreuves de tous ordres, j’ai toujours eu la foi.
À l’âge de 17 ans, les chirurgiens m’ont proposé l’opération de la dernière chance. Mais ils m’ont prévenue : ils ne pouvaient pas garantir le résultat. Si je n’étais pas opérée, je devrais progressivement m’aliter 24 heures sur 24, et bénéficier d’une assistance respiratoire. Si j’étais opérée, une alternative s’ouvrait devant moi : soit j’étais condamnée à un alitement forcé, soit, dans le meilleur des cas, je gagnais en mobilité. Dans ce cas, je pourrais continuer à me déplacer à l’aide de mon fauteuil électrique.
Pour ma part, je souhaitais tenter le tout pour le tout. Mes parents ont donc autorisé les médecins à m’opérer puisque tel était mon désir. Cette intervention chirurgicale fut la plus douloureuse de toutes, physiquement et moralement. J’ai passé deux mois à l’hôpital sans bouger.
Un matin, j’entends frapper à ma porte, le chirurgien entre. Il fait le tour de mon lit et me dit : « Chrystelle, j’ai une bonne nouvelle pour toi aujourd’hui. L’opération a bien fonctionné. On va bientôt t’asseoir dans ton fauteuil électrique et petit à petit, tu vas pouvoir récupérer. Tu n’auras finalement pas besoin d’assistance respiratoire. » Je n’osais pas y croire. Une fois seule dans ma chambre, je me suis mise à pleurer à chaudes larmes. Puis, j’ai commencé à réaliser ce qui m’arrivait. Pendant toute cette attente, j’avais beaucoup prié et j’avais dit au Seigneur : « Si je m’en sors, cela sera grâce à toi. Alors, je te donnerai toute ma vie. »
En 1998, déjà très engagée dans la foi, j’ai été invitée par une amie à la célébration au cours de laquelle elle consacrait sa vie à Dieu par les mains de son évêque. À l’époque, je cherchais à vivre en communauté. Mon accompagnateur spirituel me disait : « Je vois que ton désir de te donner à Dieu est sincère et profond. Mais il te faut trouver ton propre chemin, un chemin qui tienne compte à la fois de ton appel et de ton handicap. » En effet, quand nous prenions contact avec diverses congrégations et une fois informées de mon handicap, elles me répondaient qu’il leur était impossible d’accueillir une personne aussi dépendante que moi.
En rentrant de cette cérémonie de consécration dans l’ordre des vierges, j’ai eu la certitude que le Seigneur me voulait dans cette voie. Consulté, mon accompagnateur m’a encouragée en ce sens. Avec l’aide d’amis, j’ai écrit à l’évêque, puis fait les différentes démarches nécessaires pour être admise dans l’ordre des vierges consacrées. La réponse fut positive. Ce fut pour moi à la fois un grand bonheur et une libération car je cherchais depuis tant d’années où et comment répondre à l’appel de Dieu.
Depuis que je suis consacrée, je sais que je ne suis plus seule : le Seigneur est là, dans mon existence concrète, tous les jours de ma vie. De plus, à travers cette consécration, on ne me regarde plus seulement par le prisme de mon handicap mais en tant que personne donnée entièrement à Dieu. Mon désir de vivre ma foi avec des frères et sœurs est également comblé car je discerne actuellement mon appel au sein d’une communauté nouvelle.
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Chrystelle court a écrit son autobiographie intitulée "Tu m’as fait remonter de l’abîme, la souffrance transfigurée" éditée aux Éditions de l’Emmanuel en 2008.