Lors de la première rencontre avec un groupe de fidèles divorcés remariés, j’ai toujours le désir de commencer par leur donner le baiser de paix, au nom du Christ, de la part de l’Église. À la fin de la première rencontre, je mets mon aube. Nous nous disposons en demi-cercle autour d’une icône du Christ. Après un signe de croix et un chant, je lis le passage de l’évangile selon saint Jean :
Le soir du même jour, le premier de la semaine, les disciples avaient, par crainte des Juifs, fermé les portes de l’endroit où ils se tenaient. Or, Jésus vint, et se trouva au milieu d’eux. Il leur dit : ‘La paix soit avec vous !’
Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent tout heureux de revoir le Seigneur. Jésus leur dit donc une fois encore : ‘La paix soit avec vous !’ (Jn 20, 19-21a)
Ensuite, je fais un petit commentaire expliquant que Jésus veut donner sa paix à chacun et que l’Église leur transmet. Et, moment-clé, je prends le temps d’aller donner à chacun un geste de paix, avec une parole personnelle. Je regarde chacun dans les yeux et, le nommant par son prénom, avec des mots qui viennent selon l’inspiration, je lui dis :
« N., tu es le fils (la fille) bien-aimé(e) du Père. Quels que soient ton passé et ta situation, le Père a un amour particulier pour toi. Il a envoyé son Fils pour toi. Aujourd’hui, Jésus te donne sa paix. Accueille-la. » Et je cherche le geste adapté qui manifeste au mieux la bonté de Dieu le Père et la paix que le Christ veut donner.
Lors de cette démarche, j’ai souvent vu des personnes très émues. Parfois certaines s’effondrent en larmes, profondément touchées. Je les sens libérées du regard de l’Église sur elles.
À ce moment, elles prennent conscience qu’aux yeux de l’Église, elles ne sont pas d’abord des personnes divorcées remariées mais des enfants du Père.
J’accompagne cette parole de paix d’un geste : je prends leurs épaules entre mes mains. Et alors que, en temps ordinaire, je suis très peu démonstratif, il m’arrive même parfois, dans ce cadre liturgique, de prendre leur tête dans mes mains et de les serrer contre moi quelques instants, dans un geste paternel. Ce geste, simple et chaste, est très marquant. Je vois qu’il parle au coeur, bien plus que tous les discours sur l’Église « qui vous aime ».
JACQUES


























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