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Synode sur l’Eucharistie, pour renouveler la vie de l’Église

par Marine Soreau

Premier grand événement ecclésial du pontificat de Benoît XVI, le synode des évêques vient de prendre fin, à Rome.

Imprimer cet article Ecrire à l'auteur Il est vivant ! 15 novembre 2005
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La XIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques aura duré trois semaines en tout et pour tout, pendant lesquelles Rome a accueilli quelque 252 pères synodaux, provenant de 118 pays : le plus grand nombre de participants à une réunion synodale - depuis sa création il y a 40 ans - et ce, malgré l’absence remarquée et regrettée de quatre évêques chinois dont Pékin a refusé le départ.

Durant ces trois semaines, les évêques ont débattu sur le thème de « l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Église ». Un thème vu et revu ? « Le thème de l’Eucharistie contient toute la vie de l’Église, il est donc important de la redécouvrir pour la renouveler », commente l’évêque français Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon et secrétaire spécial1 nommé par le pape pour ce synode. Sans compter « l’aspect doctrinal » à approfondir : qu’est-ce que l’Eucharistie, comment la célébrons-nous ?...

Parmi les thèmes abordés : la baisse de la pratique religieuse, la chute des vocations, la vie des prêtres, la liturgie, ou encore la morale chrétienne et l’œcuménisme. Une attention particulière a aussi été portée au thème de l’accueil des divorcés-remariés. « C’est pour nous une grande préoccupation. Nous en avons beaucoup discuté afin de savoir comment mieux dire que ces personnes ne sont pas exclues de l’Église, même si elles ne peuvent pas communier », explique encore Mgr Minnerath.

Enfin, les nouveautés introduites par Benoît XVI ont été « très appréciées », insiste Mgr Minnerath. Concernant la réduction du temps du synode - de quatre à trois semaines - « Ainsi, nous sommes demeurés moins longtemps loin de nos diocèses. » Quant au fonctionnement même du synode, une heure de discussion libre a été proposée tous les soirs, au terme des congrégations générales quotidiennes. « Cela nous a permis d’avoir entre nous un échange très libre, détendu et amical », souligne encore le prélat français.

Entre les mains de Benoît XVI

Pendant ce synode, Benoît XVI a participé à la plupart des congrégations générales. Il s’est même exprimé à plusieurs reprises. Le premier jour, « il a proposé une méditation sur le texte de la liturgie des Heures. Les interventions de Benoît XVI ont été très belles », commente Mgr Minnerath.

Désormais, le rapport final et les propositions votées par les pères synodaux sont entre les mains du pape. Le synode est un organe consultatif mais n’a pas autorité de décision. Ainsi, il n’est en aucun cas habilité à modifier quoi que ce soit de la tradition séculaire de l’Église. Comme le veut la tradition, le pape devrait ensuite publier une exhortation apostolique.


A la suite de Jean Paul II

C’est six mois jour pour jour après la mort de Jean Paul II que s’est ouvert le synode, convoqué un an plus tôt par le pape polonais. Ce synode a aussi été l’occasion de clôturer l’année de l’Eucharistie, ouverte par le pape défunt un an plus tôt. On sait l’importance que ce dernier portait à l’Eucharistie, et nombreux ont été les documents qu’il publia sur ce thème. Parmi les plus importants, on compte la Lettre apostolique Mane nobiscum domine qui lança, le 8 octobre 2004, l’année de l’Eucharistie, ainsi que son encyclique Ecclesia de Eucharistia (avril 2003), et l’instruction Redemptionis Sacramentum « sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très Sainte Eucharistie » (mars 2004). Un synode présidé par Benoît XVI mais marqué par la figure de son prédécesseur dont il a été fait mémoire durant la messe d’ouverture... et il ne fut pas rare, à l’occasion, d’apercevoir quelque prélats se recueillir sur la tombe du désormais servant


En savoir +

Dans ce numéro, également un reportage sur la deuxième rencontre internationale des groupes d’adoration eucharistique à Rome.



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Novembre 2005 - N°221