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Prêtre pour l’éternité

Prêtre qui es-tu ?

Certains les voient comme des “fonctionnaires de Dieu” et d’autres vont même jusqu’à annoncer leur disparition. Mais comment l’Église pourrait-elle vivre encore sans prêtre ? Alors, qui est le prêtre ? Quelle est sa spécificité ? Que peut-on comprendre de son ministère et... de son mystère ? À travers réflexion, analyse et témoignages, réponse à ces interrogations dans l’air du temps.

Imprimer cet article Ecrire à l'auteur Il est vivant ! 28 février 2006
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On ne peut comprendre qui est le prêtre si on ne saisit pas d’abord le mystère de l’Église. Il s’agit aussi de s’interroger sur la mission du prêtre au cœur même de cette Église. On a de ce sujet une vue souvent déformée. Il semble donc intéressant de considérer d’abord les diverses manières dont l’Église se définit.

Précisons d’emblée que l’Église catholique n’est pas une organisation : elle est organisée, ce qui est très différent ! L’Église est souvent considérée de l’extérieur et c’est ainsi que les médias la présentent. Elle a un personnel, des bâtiments, des actes de culte, le tout au service d’une doctrine et d’une manière de se situer dans le monde. Pour que ce système fonctionne, il faut des permanents, que sont les prêtres. Ils sont alors vus comme des employés à plein-temps, une sorte de chefs, d’organisateurs. Bien sûr, l’Église est une réalité bien plus profonde. Mais qu’est-elle, au juste ?

L’Eucharistie, centre du monde

Parmi les images de l’Église utilisées depuis le concile Vatican II, en particulier par Jean Paul II et son collaborateur d’alors le cardinal Ratzinger, retenons celle de l’Église, sacrement du salut. Un sacrement est un geste visible qui communique une grâce invisible. Ainsi, au baptême, on verse de l’eau en disant certaines paroles : c’est la partie visible. Mais en cet instant, est aussi communiquée une grâce invisible : la présence du Christ dans l’âme du nouveau baptisé.

La notion de sacrement peut être étendue. On dit ainsi du Christ qu’il est le Sacrement du Père, en ce sens qu’il montre et communique le Père. On dit aussi que l’Église est le Sacrement du salut, parce que l’Église montre et communique le Christ et le salut aux hommes. Elle n’existe que pour le salut des hommes et donc, pour leur annoncer cette Bonne Nouvelle. Toute l’Église doit être organisée et pensée en vue de cette mission.

Le salut est aussi apporté à l’humanité par les sept sacrements, en particulier l’Eucharistie. La présence de Jésus dans l’hostie est une réalité tellement essentielle qu’on peut dire que l’Eucharistie est comme le centre du monde. Le monde ne le sait pas, mais Dieu est au milieu de lui, présent, agissant, grâce à l’Eucharistie. C’est pourquoi Dieu a inventé le sacerdoce. Les prêtres sont des chrétiens qui donnent leur vie pour le salut du monde. Dans ce but, ils sont rendus capables de rendre le Christ présent au milieu des hommes par le moyen des sacrements, spécialement de l’Eucharistie. De cette tâche découlent celle d’enseigner la vérité de la foi et d’être de bons bergers pour le peuple chrétien.

Le prêtre n’a donc rien d’un fonctionnaire de Dieu. Il est plutôt un homme au service d’une réalité invisible, un intermédiaire entre les réalités de la terre et celles du Ciel, le tout au service de l’Église, sacrement de salut pour l’humanité.

Un grand mystère

D’autres images de l’Église aident à définir le prêtre. Ainsi l’Église peuple de Dieu, l’Église corps mystique, l’Église communion, ou l’Église famille.

Une autre image, assez mystérieuse mais pleine de sens, est celle de l’Église Épouse du Christ. Dans un mariage, qui est l’unité la plus profonde que l’on peut vivre sur terre, existe une unité de volonté des époux. Ce que veut l’époux, l’épouse le veut aussi, et réciproquement. Ainsi, l’Église ne veut pas d’autre chemin ni d’autre volonté que le Christ. Par cette union des volontés, on peut dire que l’Église est l’Épouse du Christ. Dès lors, on peut affirmer aussi que le prêtre est l’époux de l’Église. Il ne poursuit pas d’autre but que celui de l’Église, d’autre chemin que celui qu’elle indique.

Cette vision du prêtre comme homme de l’Église est belle et profonde. Trop mystique ? Pas du tout. Les conséquences pratiques sont nombreuses. Et elle nous oblige à revoir notre propre vision. Ainsi, la vraie question n’est pas : "À quoi sert le prêtre ?" mais : "Le prêtre, qui est-il ?". Qui est-il dans la profondeur, l’intimité de son être et de son appel ?

Nous ne pouvons que constater alors que nous nous trouvons devant un mystère, un beau mystère, qui est celui de l’amour du Dieu invisible pour notre monde visible. Bernard Peyrous, prêtre


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Mars 2006 - N°225