J’ai fermé les yeux, il se fit alors un silence total, oppressant. Je compris qu’il me fallait chercher ailleurs. Ma quête fut longue et difficile. J’ai reconnu Jésus comme mon Sauveur et Seigneur, il m’a saisie, je n’avais pas d’autre choix que de le suivre. Mais je ne pouvais vivre seule dans un environnement hostile. J’ai rejoint l’Église qui, dans mon pays, était à visage européen. Déchirée entre deux mondes, je reprochais au Seigneur de m’avoir appelée car ce qu’il me demandait me semblait au-dessus de mes forces. Mais plus je résistais, plus l’appel se faisait pressant. Alors je l’ai suivi et, au fur et à mesure que je découvrais l’Amour miséricordieux, ma vie se transformait. Je voulais crier ma joie d’être aimée par un Dieu si proche et partager cette Bonne Nouvelle mais je compris qu’il me fallait, pour l’heure, demeurer silencieuse et discrète.
Jésus trace un programme pour ses disciples. « Vous ferez de grandes choses en mon Nom mais avec des persécutions et on pourra même vous tuer » (Matthieu 10). Le Seigneur nous a appelés, mes frères et moi, à une autre forme de martyre non pas physique (pour l’instant) mais moral. Nous donnons notre vie goutte à goutte afin que le règne de Dieu vienne dans tous les cœurs, surtout les plus endurcis. Comment vivre en chrétien en étant immergés dans une société musulmane imprégnée par les principes de l’islam et régie par ses préceptes ? S’affirmer et se faire rejeter ? Se cacher et vivre comme tout le monde ? En ce qui me concerne, je cherche à concilier ma vie de foi dans le Christ en le confessant quand l’Esprit Saint me pousse à le faire et en me taisant et en priant quand je me trouve devant un mur d’incompréhension. Et je dis non discrètement mais résolument à ce qui est contraire à ma foi en Christ.Plus notre liberté est restreinte et plus notre vie intérieure se renforce. Le Seigneur n’abandonne jamais ses enfants même si parfois, il nous semble absent de notre vie. Il nous envoie son Esprit consolateur quand nous sommes affligés, incompris, rejetés. Il nous donne sa force pour résister contre les forces du mal. Il nous donne sa sagesse pour discerner ce qu’il faut dire ou faire. Il nous donne aussi son amour et la capacité d’aimer tout homme dont il désire ardemment le salut.
Tout notre être est tendu pour écouter, voir, sentir où le vent souffle… Détecter les vents contraires qui risquent de déséquilibrer notre embarcation fragile, éviter les esquifs en restant dans la paix car le prince de la paix, notre Sauveur et Seigneur Jésus, est présent dans la barque, alors nous n’avons rien à craindre. Merci, Seigneur de m’avoir tirée de mes ténèbres pour me propulser vers ta lumière.



























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