Ce récit illustre bien l’un des paradoxes les plus déconcertants de notre foi : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » (Corinthien 1, 27). C’est dans la faiblesse que la puissance de Dieu peut se déployer1 et transformer en incomparable richesse ce qui semblait ne plus rien valoir. La seule valeur sûre, celle qui compte vraiment, ce n’est pas celle que nous renvoie le monde, mais celle que nous avons aux yeux de Dieu. Quels que soient notre pauvreté, notre souffrance, notre handicap, notre misère, y compris notre péché, Dieu nous redit : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. » (Isaïe 43, 3) Et l’on sait justement le prix qu’il a été près à payer pour notre salut.
Longtemps, cette phrase du Christ m’a paru bien énigmatique : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » (Matthieu 26, 11). Certes, il suffit de se regarder pour s’en convaincre. Chacun porte en lui sa part de pauvreté. Mais plus profondément, plutôt qu’une sentence fataliste qui désarmerait plus d’une bonne volonté soucieuse de changer le monde, ne peut-on pas y lire une promesse réconfortante, une bonne nouvelle rassurante ? Celle que les vraies richesses de l’Église ne sont pas près de s’épuiser.



























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