Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, un phénomène inquiétant se développe au sein des sociétés occidentales : celui du suicide chez les moins de 25 ans. Mille jeunes de 15 à 24 ans meurent en France chaque année par suicide et l’on recense 40 000 tentatives de suicide (TS) annuelles. Chez les garçons, "l’envie d’en finir" passe le plus souvent par la réalisation d’actes violents entraînant parfois la mort (trois garçons pour une fille). Les tentatives de suicide quant à elles, sont un geste aux trois quarts féminin, dont l’origine se situe plus dans une recherche d’échappement que dans un besoin de destruction. "Tout était trop difficile, souligne Ariane, 16 ans. Mes parents se disputaient sans cesse, j’étais nulle à l’école, je n’intéressais personne… alors j’ai avalé des tas de médicaments. Je voulais juste dormir et tout oublier."
Des causes multiples et variées
Les problèmes familiaux font partie des premières raisons évoquées par les adolescents suicidaires. La présence de conflits parentaux et conjugaux, d’un climat de violence, etc, peuvent être à l’origine d’une décision tragique. La "perte" sous toutes ses formes associée à une vulnérabilité psychique peut être également un élément déclencheur (deuil de l’enfance, peine de cœur, décès…). "J’étais passionnément amoureux, relate Franck 18 ans. Lorsqu’elle m’a annoncé que tout était fini, tout a basculé pour moi. Je ne voulais plus vivre et j’ai décidé d’en finir." La crise d’adolescence avec ses nombreuses turbulences est également un passage très difficile. La "TS" est une façon de se battre contre ce vécu dépressif, tout à fait normal à cette période de la vie, et de l’évacuer. "Je me mettais parfois à flipper méchamment sans savoir pourquoi, se souvient Marine, 15 ans. Après ma "TS", une psychologue m’a aidée à mettre des mots sur mes angoisses et j’ai pu comprendre ce qui se passait."
Une quête de sens
La tentative de suicide de l’adolescent traduit donc, la plupart du temps, une envie de changement plutôt qu’un désir de mourir. Il est essentiel d’écouter sa souffrance et de l’accueillir. On peut également l’inviter à parler de ses angoisses et de la représentation qu’il se fait de la mort. Si l’adolescent évolue dans un milieu chrétien, l’entourage peut évoquer la mort non comme la fin ultime de toute chose mais plutôt comme un passage vers une autre vie. L’espérance en la résurrection et l’ouverture à plus grand que soi sont des arrimages de grande qualité dans la tourmente pubertaire ! D’autre part, valoriser avec délicatesse les multiples dons de l’adolescent (artistiques, sportifs…), l’inciter à s’ouvrir aux autres en participant à des mouvements divers, ou lui proposer de donner du temps pour une œuvre caritative lui offriront de quoi s’interroger sur le sens qu’il désire donner à sa vie.



























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