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« Viens, suis-moi ! »
Matthieu, 9-9
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Le scandale du mal

La question traverse le cœur de l’homme depuis la nuit des temps. Pourquoi la souffrance qui frappe aveuglément, pourquoi la mort de l’innocent, pourquoi, en définitive, ce mal qui meurtrit nos vies ? Face aux épreuves de toutes sortes, individuelles ou collectives, il arrive que notre foi vacille alors même que le Christ nous a, par toute sa vie, dévoilé le vrai visage de Dieu : celui d’un Père très aimant.

Imprimer cet article Ecrire à l'auteur Il est vivant ! 3 février 2006
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Le Christ est venu habiter notre souffrance

Quelle est la réponse de Dieu dans nos souffrances ?
- Réponse du père Jacques Lacourt, auteur du livre Délivre nous du mal. (Propos recueillis par Marine Soreau)

Vous avez particulièrement réfléchi à la question du mal et de la souffrance. Face à ce mystère, selon vous, comment réagir ?
- Il faudrait l’exquise délicatesse des infirmières pour traiter cette question. Devant une personne qui souffre, mieux vaut une présence discrète et affectueuse que des explications philosophiques ou religieuses. Mon ministère m’a amené à rendre visite à de grands malades dans d’importants hôpitaux anglais et américains. Mon premier cas a été, à Londres, de redonner courage à un jeune étudiant français après sa tentative de suicide, et bien d’autres ensuite... Pourquoi tant de douleurs ?

Le Christ s’intéresse-t-il aux souffrances des hommes ?
- Et comment ! Ce qui me frappe, à la lecture des Évangiles, c’est que Jésus a affronté la souffrance des autres au point d’en être lui-même affecté. Il est passé en faisant le bien, guérissant sur sa route tous les blessés de la vie, ému aux larmes devant leur détresse. Bien plus, il s’est fait solidaire de nos souffrances. Il ne s’est jamais servi de son pouvoir divin pour se dispenser de souffrir physiquement et moralement.

Un tableau célèbre de Brughel l’ancien (XVIe siècle), le Portement de croix, représente un immense bouquet de fleurs, chacune évoquant un aspect de la souffrance humaine : une femme portant son fils inerte dans ses bras, un condamné à mort, tout un inventaire des peines des hommes. Or, parmi tous ces médaillons, perdu dans la masse, il y a Jésus portant sa croix. Le peintre avait compris que désormais le Christ est l’un de nous dans la commune souffrance. Ce faisant il a brisé la solitude de notre malheur. Désormais tout homme qui a faim, qui est malade, sans abri est le visage du Fils de l’homme (Mt 25).

Que nous révèle la croix du Christ ?
- À la folie de la révolte contre le mal et la souffrance, il n’est d’autre réponse que la folie de la croix. Le Christ est allé le plus loin possible pour être avec nous quand nous-mêmes ne sommes plus avec nous. Aussi longtemps qu’un homme s’éloignera de la croix de Jésus Christ, il ne trouvera aucune réponse à la question de la souffrance.

À quelqu’un qui souffre, j’ai envie de dire : "Regarde le Christ dans sa face et tu verras comme il t’aime. C’est pour toi qu’il a versé telle goutte de son sang. Sa croix révèle un amour qui va jusqu’au bout et est aussi le miroir de tes péchés puisque Jésus s’est livré en victime pour nous en mériter le pardon. Aussi bas que tu puisses tomber il y aura Jésus portant sa croix prêt à prendre la tienne ! Que de saints dans l’histoire de l’Église ont trouvé force et consolation auprès de cette croix. Marie elle-même se tenait debout au calvaire, méritant ainsi de devenir consolatrice des affligés, notre Mère."

Mais comment peut-on comprendre la souffrance ?
- Elle restera un mystère c’est-à-dire une réalité que l’intelligence ne peut cerner. Déjà, Job, l’innocent, demandait une réponse au pourquoi de sa souffrance non méritée. Ses amis, selon la mentalité du temps, et aussi la nôtre, liaient la souffrance à la faute : "Tu souffres parce que tu as péché." Jésus, dans l’épisode de l’aveugle-né est venu briser cette équation (Jn 9). Beaucoup de souffrances humaines sont certes liées à un mauvais usage de la liberté, l’homme faisant du mal à l’homme et à lui-même, par méchanceté, égoïsme ou imprudence. Il demeure une part d’inexplicable : la souffrance de l’innocent, les victimes de catastrophes imprévisibles, le "Pourquoi moi ?"

Jésus sera l’innocent condamné qui lancera aussi du haut de sa croix : Pourquoi ? Sans désespérer de l’amour de son Père silencieux en qui il remettra avec confiance sa vie.

Il n’y aura jamais de réponse exhaustive à ce mystère. Jésus a voulu se rendre présent à notre souffrance pour donner de l’intérieur fécondité apostolique et sens à ce qui était en soi un non-sens. Aussi celui qui unit ses souffrances inévitables à celles de Jésus leur confèrent, dans la communion des saints, une portée spirituelle pour lui et les autres. Si Dieu permet ce qui nous paraît être un mal, c’est qu’il est seul capable d’en tirer un plus grand bien, dit le Catéchisme de l’Église catholique (n° 324).

Alors comment tirer un bien d’une souffrance ?
- "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi je vous donnerai le repos (Mt 11, 28)". L’expérience montre que c’est vrai. "J’ai dit oui à Jésus lors de ma profession religieuse, m’a dit une carmélite, je ne vais pas lui dire non maintenant que je meurs du cancer." Ce n’est pas la souffrance qui sauve mais l’amour dans et malgré la souffrance.

Notre victoire, c’est notre foi : elle nous rend lucides sur la condition humaine, nous prémunit contre le désespoir, nous rend compatissants aux malheurs des autres et nous assure que la souffrance et la mort elle-même seront définitivement vaincues dans le Royaume du Christ ressuscité, où Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux (Ap 21, 4).

Mais le mal est déjà vaincu. Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Rien grâce à Celui qui a voulu se servir de la souffrance humaine pour nous montrer son amour (cf. Rm 8, 35-39). La souffrance n’est pas faite pour être expliquée mais pour être combattue. Le chrétien se doit, au nom de sa foi, d’être aux avant-postes de ce combat avec ses frères humains de bonne volonté.

Quand les philosophes s’en mêlent...

Si le XVIIIe siècle est surnommé "siècle des Lumières", il demeure toutefois une zone d’ombre irrésolue par les philosophes qui en ont jalonné la réflexion : le scandale constitué par la survenance du mal dans un monde voulu et aimé de Dieu.
- Par Paul Clavier

Le mystère de la Divine Providence

La nouvelle du tremblement de terre qui venait de ravager en 1755 la ville de Lisbonne secoua l’Europe tout entière. Aujourd’hui, c’est le souvenir de la Shoah ou les images récentes du Tsunami qui posent question. Peut-on continuer à dire avec sainte Thérèse de Lisieux que "Tout est grâce" ?
- Par Pierre Descouvemont, prêtre

J’ai décidé de lui faire confiance

Victoria, 25 ans, est une toute jeune baptisée. Elle a fait ce pas décisif dans la foi au cœur même de l’épreuve de la maladie.
- Témoignage


En savoir +

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Février 2006 - N°224