Amant sorti d’un livre de piété, Jean-Luc Bourgois est bien dans ses affaires. Son entreprise distribue dans une dizaine de boutiques franchisées des fleurs importées de Hollande. Au passage, il offre au Seigneur des brassées odorantes. En juin 2009, cet amoureux transi a initié le premier congrès eucharistique dans « un désert ».
Récit : « Il m’a semblé que Marie voulait faire une surprise à son Fils. Elle a décidé de faire adorer Jésus en plein milieu de la Creuse ! Elle a trouvé un pauvre serviteur, moi-même, de manière à organiser un congrès eucharistique. Après tout un tas de difficultés qui m’ont valu énormément de larmes, d’adoration, de supplications, le congrès s’est déroulé. Nous étions presque 500 personnes. Notre père évêque lui-même est venu, le vicaire général, le vicaire épiscopal, neuf prêtres, deux diacres. Le père Nicolas Buttet nous a apporté son concours. Vraiment ce fut un moment fabuleux. Et ça s’est terminé le samedi soir par une nuit d’adoration avec un groupe de frères handicapés et de gens du voyage. » Qui aura deviné en l’écoutant que ce prophète est marié, père de huit enfants ? La dame de ses pensées s’appelle Marie-Caroline. Pourtant le prêtre devant lequel il se présenta avec elle pour les marier hésita longtemps « tellement il n’avait pas confiance en nous ». « Aujourd’hui, nous fêtons 33 ans de mariage. Le plus beau est devant nous. On est impatients de l’avenir ! » En se confiant, ce soupirant a la tête ailleurs. Il surveille sa montre. Ce soir, c’est lui qui cuisine à la maison...
Le langage du cœur
Baptisé à la Courneuve, Jean-Luc échoue à 21 ans sur le pavé parisien. « Je me suis ramassé. » Brisé « en mille petits morceaux », il a l’intuition qu’il existe un spécialiste du cœur. « Je me suis lancé dans des courses poursuites à travers les églises de Paris pour essayer de retrouver ce Seigneur qui petit à petit a reconstruit mon cœur. »
Plus tard, cet ancien de la télévision et du spectacle fuit la capitale avec femme et enfants. Dans la Creuse, la famille Bourgois se sent appelée à accueillir les plus pauvres. Ils ouvrent une communauté d’accueil, la Sarl Saint-Joseph, qui fait du sciage et de l’abattage de bois. Accidenté, paralysé pendant longtemps, Jean-Luc, quand il peut recommencer à travailler, se reconvertit dans le commerce des fleurs, plus légères que les billes de bois. Au volant de son camion, entre Anvers et Guéret, le fleuriste réfléchit sans se lasser à cette manducation eucharistique qui le transforme en un “autre Christ”. « La communion sacramentelle et l’adoration eucharistique nous font ressembler au Christ. Et de plus en plus, Marie commence à nous confondre avec son Fils. » Et c’est physiologique ! Dieu se loge dans le cœur. « À mon niveau, c’est une invitation totalement inespérée. Je n’en finis pas de vivre la nouveauté de la foi. » Avec de la compassion plein la voix, Jean-Luc parle de Jésus à tout venant. Il en demande toujours la permission auparavant. Et s’émerveille que ses interlocuteurs refusent parfois. Il chante alors le mystère de la liberté devant lequel il s’agenouille. Avec ce chevalier servant, la Vierge Marie ouvre à son Fils le cœur des auto-stoppeurs, des paumés et des petits. Passionnément, à la folie.



























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