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Enquête à Manoppello

A feuilleter en ligne, un dossier sur l’enquête incroyable de Paul Badde. Qu’est-ce que le suaire Manoppelo ? Quelles sont les ressemblances avec le Suaire de Turin ? Pourquoi avoir raconté cette aventure dans un livre ? Egalement, un entretien avec l’auteur.

Imprimer cet article Ecrire à l'auteur Il est vivant ! 1er mai
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Retrouvez l’article original en le feuilletant ici.

Journaliste allemand, Paul Badde, découvrit un jour l’existence d’un mystérieux tissu conservé dans un petit village italien des Abruzzes. À l’occasion de la publication en français de son enquête sur cet autre suaire, il revient sur l’incroyable histoire du voile de Manoppello.

Quand avez-vous entendu parler de Manoppello pour la première fois ?

En 1998, à Turin, lors d’un congrès de sindonologues (spécialistes des suaires, ndlr). Un certain professeur Pfeiffer m’a appris l’existence en Italie, dans les Abruzzes, d’un second tissu “non fait de main d’homme” (acheiropoieton), encore plus mystérieux que le Suaire et tout aussi vénérable. Ce savant, le père jésuite Heinrich Pfeiffer, n’était pas du tout pris au sérieux. On riait sous cape.

Qu’avez-vous ressenti devant le voile ?

J’ai été stupéfait par le caractère vivant du visage imprimé sur le voile. J’avais l’impression de voir un jeune homme tout juste réveillé, en train d’ouvrir les yeux et de s’exclamer « Papa-Abba » à son père qu’il découvre penché sur lui. Telle a été ma toute première impression. Mais je ne pouvais absolument pas m’imaginer alors quelle histoire j’allais vivre avec ce tissu ni supposer l’histoire qu’il avait déjà derrière lui.

Quelles ont été les étapes les plus importantes de votre enquête ?

J’ai été conduit par une série d’événements étonnants. Au fond, chaque chapitre est le récit d’une petite histoire miraculeuse – avec de nombreux témoins vivants. À la lecture de mon livre, vous pourrez aisément constater, qu’il y a derrière tout cela une sorte de régie supérieure, qui dépasse largement mes propres limites. Certains critiques ont d’ailleurs prétendu que j’avais fabulé.

Pourtant chaque mot du livre est véridique. Je n’ai fait que raconter un par un tous les événements qui me sont arrivés.

- Quelle était votre opinion quand vous avez abordé ce sujet ?

J’étais incrédule et n’en croyais pas mes yeux. Jusqu’à ce que - je ne sais pas d’où cela est venu – je sois saisi par la profonde vérité de cette image pleine de miséricorde. Cet étonnement n’a cessé de grandir depuis.

- Les résultats de vos recherches ont-ils changé quelque chose dans votre vie ?

Cela a rendu ma vie plus joyeuse, celle de mon épouse également, et m’a rendu infiniment reconnaissant. J’étais presque au terme de ma carrière. Nous avions élevé cinq enfants et attendions ma retraite.

C’est alors que nous avons commencé à vivre la plus grande aventure de notre vie. Auparavant, nous croyions déjà le Christ vivant. Mais nous ignorions que le visage du Ressuscité que nous voyons ici devant nous, ait pu faire partie du coeur de la tradition de l’Église dès le début. Le visage humain de Jésus a été la joie profonde de la Mère de Dieu, de Marie-Madeleine et des apôtres, la joie de Pierre et de Jean, c’est la joie de l’Église militante – Ecclesia militans – sur cette terre et ce sera notre joie pour l’éternité : contempler dans la lumière de l’Esprit Saint l’image que le Père a lui-même créée : le visage humain de son fils incarné.

Ici, nous l’avons devant les yeux. C’est une joie incommensurable pour toute la terre.

- Pourquoi avez-vous voulu écrire un livre ?

En fait, je n’ai pas voulu l’écrire. Mais j’ai été obligé de l’écrire après avoir pris conscience qu’il s’agissait de la plus grande histoire de ma vie et - au sens strict - de notre époque. La redécouverte du visage humain de Dieu !

Que pouvait-il et que peut-il y avoir de plus grand et de plus important, pour moi, pour l’Église, pour le monde entier ? C’est une histoire incroyable. Elle nous rappelle la chance immense des chrétiens. Nous savons qui nous attend après notre mort. Aucune autre religion n’a cette chance.

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- Comment a-t-on réagi à votre livre ?

Il a reçu un immense écho – et aussitôt de nombreuses et vives oppositions. Vous allez sûrement faire la même expérience en France. C’est une joie immense pour de très nombreux lecteurs, un peu comme si on découvrait aujourd’hui un nouveau continent. Les Polonais l’ont compris tout de suite et viennent aujourd’hui en grand nombre à Manoppello. Il y a déjà des pèlerins qui viennent de Chine car ils en ont entendu parler. Et pourtant on essaie toujours d’étouffer la nouvelle.

- Que pouvons-nous vraiment penser du voile de Manoppello ?

Ce voile est certainement la véritable image, la Vera ikon, conservée à Saint-Pierre jusqu’au sac de Rome en 1527. Cette image y attirait alors chaque année des millions de pèlerins, jusqu’à sa disparition dans des circonstances mystérieuses avant de réapparaître dans la petite ville de Manoppello dans les Abruzzes, où elle a été redécouverte et identifiée depuis 20 ans.

Le plus important pour cela a été la visite du Pape Benoît XVI le 1er septembre 2006 à Manoppello. La présence de ce voile à Rome a été attestée de 708 jusqu’à sa disparition.

On ignore comment le voile est arrivé à Rome. Le voile nous en dit plus encore si on reconnaît en lui le Soudarion, que l’évangéliste Jean lors de son récit de la résurrection a découvert dans la tombe vide de Jésus Christ « roulé à part dans un endroit » et qu’il a décrit. Si nous l’identifions avec ce linge, alors il devient tout à coup – avec le linceul de Turin – le noyau le plus ancien des évangiles et de la Bonne Nouvelle de la passion et de la résurrection de Jésus Christ.

- Conseillez-vous d’aller à Manoppello ?

Absolument. Immédiatement. Avant que trop de pèlerins n’affluent. Je vous conseille de passer au moins une nuit à Manoppello ou dans la région et de venir vers 6 heures du matin à l’église, quand elle est encore vide et que l’on peut presque disposer de l’image pour soi tout seul. Ce privilège ne va pas durer car de plus en plus de pèlerins viennent de nombreux pays du monde pour contempler le visage humain de Dieu et se lais ser regarder par lui.

L’autre suaire, Paul Badde, Éditions de l’Emmanuel, 2010. Cliquez ici pour vous procurer ce livre.




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