Bruno : En 1997, à l’occasion d’une soirée de prière, j’ai découvert que, malgré ma situation, j’étais toujours un baptisé, un enfant aimé de Dieu le Père.
Un prêtre s’est approché de moi et m’a dit : « Il n’y a pas de différence entre toi et moi, nous sommes tous les deux des enfants de Dieu, baptisés dans l’Esprit Saint, appelés à vivre de nos forces baptismales, foi, espérance et charité. »
À cet instant, sans bien comprendre, j’ai senti que l’amour infini de Dieu m’ouvrait un chemin nouveau. Aujourd’hui encore, quatorze ans plus tard, je peine toujours à réaliser le choc d’amour qui m’est alors tombé dessus. C’est à cinquante ans que j’ai pris conscience de mes forces baptismales !
Bien plus tard, j’ai pu mesurer que, dans ma situation de fidèle divorcé remarié, je pouvais moi aussi, à ma place, choisir librement de vivre une autre relation avec le Christ.
Au pied de la croix, je pouvais vivre avec lui un coeur à coeur.
Mourir pour ressusciter, ce n’est pas triste : c’est une grâce exceptionnelle et une conversion de tous les jours. C’est toucher à l’amour infini du Père, sentir sa miséricorde. « Oui, mon péché est toujours devant moi », dit le psaume 50. Tant mieux.
C’est ainsi que je peux être sauvé ! Dieu m’aime dans ma condition de pécheur. Le Seigneur m’aime jusqu’au bout de mon sacrement de mariage. Ma vie de chrétien baigne dans cette réalité même si je suis divorcé.
Anny : Après mon divorce, j’ai, comme Job, fait un procès à Dieu. J’étais très en colère contre l’Église et contre ma mère qui m’avait obligée à me marier religieusement.
Le grand changement s’est produit pour moi le jour où j’ai décidé de lâcher prise. Ce jour-là, j’ai prié Marie dans le silence de mon coeur : « S’il te plaît, Marie, aide-moi à dire oui, comme toi, sans condition. »
Cette attitude m’a permis d’accueillir une lumière nouvelle sur ma vie. Cette lumière, elle vient d’ailleurs : de Dieu, de Jésus, de l’Église.
En laissant Dieu pénétrer dans ma vie, sans ne plus chercher à lui dicter ce qu’il avait à me dire, j’ai expérimenté une grande libération. Une fois pour toutes, j’ai choisi de rejoindre le Seigneur là où il m’attend et non pas sur le terrain de mon choix ! Cette parole d’un moine m’a aidée : « Personne ne me force à aimer Jésus Christ, mais personne ne peut non plus m’empêcher de le préférer à tout et de le dire par un choix de vie. »
Rejoindre le Seigneur, cela signifiait pour moi oser progresser dans des pardons à donner et à recevoir. Quand je me suis débattue dans des difficultés à pardonner, un prêtre ami m’a dit : « Regarde comment tu peux aimer ces personnes davantage. »
Après la tempête, dans la brise qui est venue caresser mon coeur, j’ai pu commencer à construire une vraie relation d’amour et de réconciliation avec le Christ, à travers le service des frères et en particulier des plus souffrants. (suite page 68)

























Radio Notre Dame