Dieu, une personne à rencontrer
Peu de gens peuvent dater leur conversion. Pour Charles de Foucauld, c’est tout le contraire : nous connaissons le jour et quasiment l’heure de sa rencontre avec le Christ.
Dans l’église Saint-Augustin, à Paris, au matin du 30 octobre 1886. Après être plusieurs fois passé dans l’église, en demandant tête haute : « Seigneur si tu existes, fais que je te connaisse », il s’adresse au vicaire, l’abbé Huvelin. Au jeune incrédule qui vient demander insolemment des preuves tangibles de l’existence de Dieu, le prêtre ne donne pas de cours de religion. Car Dieu n’est pas une idée à maîtriser mais une personne à rencontrer. Il l’invite à se confesser et à communier. L’Eucharistie agit directement sur le cœur de Charles, qui comprend de quel immense amour il est aimé. Joie de l’enfant prodigue ! Joie du Berger qui retrouve sa brebis depuis trop longtemps égarée ! « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. » Cette phrase de Pascal prend tout son sens pour celui qui deviendra Frère Charles de Jésus. Car sa connaissance de Dieu est bien antérieure à sa conversion... L’enfance de Charles de Foucauld a été bercée par l’affection de sa mère, fervente catholique. Elle apprît à ses enfants, Charles et Marie (de trois ans sa cadette), à préparer la crèche quand arrive l’Avent, à prier chaque jour, à fleurir la statue de la Vierge Marie pour le mois de mai qui lui est consacré. De formation chrétienne, Charles de Foucauld n’ignore donc rien de l’existence de Dieu. Et paradoxalement, tout lui en est encore inconnu. En 1872, il fait sa première communion, fervent comme le sont les enfants, sans se laisser émouvoir par le sacrement reçu. Dès 1874, il cesse toute pratique religieuse. Révolté sans doute par le décès prématuré de ses parents, Charles considèrera, à 15 ans, n’avoir jamais eu la foi. Commence alors une vie de débauche, rendue possible par les grands moyens hérités de ses parents puis de son grand-père, M. de Morlet.
« Par quel miracle la miséricorde infinie de Dieu m’a-t-elle ramené de si loin ? » se demande-t-il en 1901 dans une lettre adressée à son ami, Henry de Castries. De retour à Paris (après avoir démissionné de l’armée et effectué un long voyage à travers le désert, (voir notre article « au pays de la soif... »), sa sœur et sa cousine, toutes deux prénommées Marie, l’accueillent sans faire allusion à son passé tumultueux. Il écrit à ce propos : « Quand j’étais à Paris je me suis trouvé avec des personnes très intelligentes, très vertueuses et très chrétiennes ; je me suis dit que peut-être cette religion n’était pas absurde. » Grâce à cet accueil sans jugement, l’incroyance fait place au doute et Charles suit les conseils de sa cousine en se rendant à Saint-Augustin, à la rencontre de l’abbé Huvelin, à la rencontre de la Providence divine.
Puissions-nous, nous aussi, croyants ou non-croyants, demander humblement « Seigneur, fais que je Te connaisse » et recevoir le Christ vivant dans son Eucharistie, pour convertir nos cœurs à un plus grand amour, comme Charles de Foucauld a osé le faire, en étant certains grâce à son témoignage de recevoir... en abondance ! (...)
Prière de Charles de Foucauld
Mon Père, je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, En toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre tes mains ; je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, Parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père.


























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