Divorcée seule avec ses trois enfants Josette avait besoin de travailler à tout prix Avec le recul, elle réalise que ses boulots, le Seigneur les lui a toujours confectionnés sur mesure.
Alors que j’avais 9 ans, ma mère m’a laissée. Je me suis retrouvée chez ma grand-mère qui est rapide- ment décédée d’un cancer géné- ralisé. Puis mon père est parti. C’est mon grand-père de 77 ans qui m’a recueillie. Coutelier de son état, il n’avait pas de gros moyens. Lorsque j’ai eu 14 ans, il m’a demandé de travailler.
Pourboires et confiance
Une cousine avait une amie qui cherchait une apprentie dans le tissage. J’ai appris mon premier métier. Nous n’étions que deux dans l’usine avec six petits métiers à tisser. On faisait un joli ouvrage en soie naturelle. Le mois de décembre venu, l’ac- tivité a chuté. Mon patron a choisi alors de donner la préférence à l’autre ouvrière. Alors le Seigneur a tout bien arrangé. Une dame de Saint-Chamond venait d’ouvrir une pension de famille. « Ça me rendrait service que tu viennes m’aider, m’a-t-elle dit, je ne peux pas te payer, mais je te nourrirai à midi et tous les pourboires seront pour toi. » J’ai accepté. Les pourboires ont payé, au centime près, mon loyer. Puis j’ai eu trois enfants. Je me suis arrêtée de travailler. Quand mon dernier fils est entré au CP, j’ai décidé de reprendre un emploi. À Saulce, mon village, une société de nettoyage venait de se monter. Je m’y suis présentée. J’avais 36 ans. Quelques jours plus tard, ils m’ont proposé un mi-temps. Avec mon pre- mier salaire, j’ai passé mon permis de conduire. Ça a bien arrangé mon patron qui pouvait m’envoyer travailler plus loin. Et lorsque trois ans après je me suis retrouvée toute seule avec trois enfants, obligée d’aller travailler à douze kilomètres, j’ai béni le Seigneur. Il guide vraiment tout.
Pas même le certificat d’études
Ensuite, il m’a fallu trouver un meilleur travail. J’ai écrit trois lettres. Le jeudi suivant, le téléphone a sonné. C’était une usine textile. Le lundi, j’y travaillais et j’y suis restée 11 ans. Puis, on a commencé à nous parler de fermerture. J’avais 52 ans. J’ai voulu partir. Le patron a essayé de me retenir car j’étais une bonne ouvrière. « Ne fais pas ça ! Tu ne trouveras pas de travail. » « T’en fais pas. Il y en a un là-haut qui va s’en occuper. » Avec l’aide de ma fille, j’ai confectionné mon pre- mier CV. Je l’ai déposé dans trois usines en me présentant directement sur place. Dans la troisième, on m’a proposé un CDD de six mois. Après le Seigneur a continué à me four- nir le travail dont j’avais besoin. J’ai emballé des fruits. J’ai travaillé de nuit. J’ai tenu la boutique d’une station-service. Là, je me suis souvent demandé comment rendre... service.
Je peux dire que le Seigneur m’a toujours divinement accom- pagnée. Je m’en rends compte dès que je me mets dans un coin, chez les Clarisses à Clers, pour me taire et me rappeler tout ce que le Seigneur a fait pour moi. J’aime constater sa présence dans des choses toutes simples qui, avec lui, deviennent vraiment incroyables.


























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